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  • Merci professeur !

    Procès d'intention



    Comment définir l'expression « un procès d'intention » ? Dans quel cadre peut-elle être utiliser ? Quelles sont les erreurs à ne pas faire ? Découvrez la leçon du professeur à ce sujet.

    Présentation : Bernard Cerquiglini

    Transcription

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    J'ai une question envoyée par Matonguila de la République Démocratique du Congo. Elle voudrait connaître l’origine de l'expression : "procès d’intention". Alors, sans autre forme de procès, dites-nous, Professeur.

    Chère Marie, issu du verbe latin procedere : avancer, l'ancien français procès signifiait la démarche. Le terme s’est ensuite spécialisé dans le domaine juridique pour désigner la saisie d'une juridiction. Il (...)

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    J'ai une question envoyée par Matonguila de la République Démocratique du Congo. Elle voudrait connaître l’origine de l'expression : "procès d’intention". Alors, sans autre forme de procès, dites-nous, Professeur.

    Chère Marie, issu du verbe latin procedere : avancer, l'ancien français procès signifiait la démarche. Le terme s’est ensuite spécialisé dans le domaine juridique pour désigner la saisie d'une juridiction. Il a enfin pris son sens actuel, d'affaires poursuivies en justice. Être en procès avec son voisin, régler une affaire sans autre forme de procès, c'est-à-dire sans façon ni délai. Au sens figuré, la locution faire le procès de quelqu'un est d'usage courant. Elle signifie critiquer avec système. Par exemple, dans chacun de ses livres, cet économiste fait le procès du libéralisme. C’est sur cet emploi figuré que l’on a bâti, au 18e siècle, l'expression : faire un procès de tendance. Elle signifie qu’on juge une personne sur les intentions qu’on lui prête, et non sur des actes. Cette locution ne s’emploie plus guère, sauf sous la forme adjectivale, une accusation tendancieuse. On parle plus couramment, depuis le 20e siècle, de procès d’intention. On entend, par là, une accusation adressée à quelqu’un, non pas sur le mal qu’il a pu faire, mais sur l'intention qu’il aurait de le faire, ou sur des défauts qu'on lui prête. La locution est synonyme de calomnies, de médisance, à tout le moins de jugement téméraire. "Jamais procès d’intention ne fut plus scandaleux", écrit Jean JAURÈS en 1914, dans "La paix menacée". Celui qui accuse doit, en effet, produire des preuves qui permettent de juger sur pièces. Un procès d'intention est, par nature, odieux. JAURÈS avait raison.

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    00:02:22
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