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  • Merci professeur !

    Motion de censure

    Une chronique sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents.

    Présentation : Bernard Cerquiglini.

    Transcription

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    J'ai ici une question qui nous est envoyée depuis l'application mobile de l'émission. Notre mobinaute du jour voudrait comprendre l'expression, motion de censure. Ça, c'est une question sérieuse. Alors dites-nous, Professeur.

    Chère Marie, le substantif latin mōtiō était issu du verbe movere, qui a donné mouvoir. Il désignait le mouvement, l'impulsion. Ce sens est passé dans le français motion, emprunté au treizième sièc (...)

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    J'ai ici une question qui nous est envoyée depuis l'application mobile de l'émission. Notre mobinaute du jour voudrait comprendre l'expression, motion de censure. Ça, c'est une question sérieuse. Alors dites-nous, Professeur.

    Chère Marie, le substantif latin mōtiō était issu du verbe movere, qui a donné mouvoir. Il désignait le mouvement, l'impulsion. Ce sens est passé dans le français motion, emprunté au treizième siècle. La motion de terre était alors un séisme. Aujourd'hui, la motion, fidèle à l'idée d'impulsion, appartient au vocabulaire politique. Elle y désigne une proposition faite par un membre d'une assemblée délibérante, qui vise à déclencher une action. On rédige, on dépose, on vote une motion. Le droit constitutionnel connaît la motion d'ajournement, renvoyant une décision à plus tard, la motion d'ordre, elle a pour objet l'ordre de la discussion, la motion préjudicielle, qui empêche la discussion d'une question, la motion de censure. Celle-ci désigne une proposition de défiance. En démocratie, elle est la démarche par laquelle l'Assemblée met en cause la responsabilité du gouvernement. Mais pourquoi la censure ? Dans l'antiquité romaine, la censure était la charge du censeur, magistrat chargé d'établir le sens, estimation des biens des citoyens. Ce monde n'impliquait donc pas, à l'origine, un jugement négatif. C'est au dix-huitième siècle et dans le vocabulaire religieux qu'il s'est mis à désigner la sanction prise par une assemblée contre l'un de ses membres, puis le contrôle officiel des publications, la censure de la presse. Dans une motion de censure, ce dernier terme est synonyme de critique sévère, d'opposition forte, de veto. La Révolution française, dont les assemblées ont beaucoup pratiqué ces motions, en avait un riche lexique, malheureusement disparu. Motionner était le fait du motionneur et de la charmante motionneuse. Ah, la vie parlementaire, émotions et motions.

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    00:02:32
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