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  • Merci professeur !

    Capharnaüm

    Une chronique sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents.

    Présentation : Bernard Cerquiglini.

    Transcription

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Voici une question très claire, envoyée par Inga de Montpellier. Elle voudrait connaître l’origine et la signification du mot capharnaüm. Alors, mettez un peu d’ordre dans nos idées, Professeur.

    Chère Marie, capharnaüm est l’emploi, comme nom commun, du toponyme biblique, Kefar Naḥum, en Araméen, le village de Nahum. Dans cette ville de Galilée, Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades voulant bénéficier (...)

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Voici une question très claire, envoyée par Inga de Montpellier. Elle voudrait connaître l’origine et la signification du mot capharnaüm. Alors, mettez un peu d’ordre dans nos idées, Professeur.

    Chère Marie, capharnaüm est l’emploi, comme nom commun, du toponyme biblique, Kefar Naḥum, en Araméen, le village de Nahum. Dans cette ville de Galilée, Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades voulant bénéficier de ses pouvoirs de guérison. Il y accomplit, dit-on, des miracles. Attesté une fois en 1649, il est alors employé au sens de prison. On le retrouve en 1833, notamment chez Balzac qui l'affectionne, comme de nombreux auteurs romantiques. Le mot correspond à leur goût pour l’orientalisme, le bizarre, l'hétéroclite. Il désigne, familièrement, un lieu où règne un pêle-mêle d’objets en désordre. Par métonymie, il se dit d'un amas d’objets entassés au hasard, bric-à-brac et fouillis. C’est un grand bazar, autre terme à l’origine orientalisante. Flaubert écrit ainsi dans "Madame Bovary", à propos du pharmacien scientiste Homais : "Qui t’avait dit d’aller chercher dans le capharnaüm ?" L’apothicaire appelait ainsi un cabinet sous les toits, plein des ustensiles et des marchandises de sa profession, bric-à-brac, fouillis, bazar. Pour d’autres synonymes, ouvrons "Mort à crédit", de Louis-Ferdinand CÉLINE : "En fait, de terribles désordres, de capharnaüm absolu, de pagaille totale, on ne pouvait pas voir beaucoup pire, un méli-mélo tragique, tout crevassé, décortiqué, toute l’œuvre de Courtial était là, en vrac, en pyramide, jachères". En vrac, en pyramide, jachères. Voilà qui est écrire. La prose de CÉLINE n’est vraiment pas un capharnaüm.

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    00:02:22
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