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  • L'invité

    Stephan Eicher

    Invité : Stephan Eicher.

    Près de 30 ans après son premier concert à Montreux, la star suisse est de retour dans le plus grand festival de jazz au monde.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    L'invité de TV5 Monde au Montreux Jazz Festival. Bonjour Stephan Eicher.

    Bonjour.

    Ca fait 30 ans et un jour que vous vous produisiez sur cette scène Stravinsky mythique pour la première fois.

    A Montreux, oui. Mais, dans le temps, c'était au Casino. Si vous voulez, mais, ça prend 500 m, cette scène est arrivée plus tard. Au début, j'étais vraiment dans le Casino, le fameux Casino qu'on peut retrouver dans "Smoke on the water" (langue étrangère) de Deep Pu (...)

    L'invité de TV5 Monde au Montreux Jazz Festival. Bonjour Stephan Eicher.

    Bonjour.

    Ca fait 30 ans et un jour que vous vous produisiez sur cette scène Stravinsky mythique pour la première fois.

    A Montreux, oui. Mais, dans le temps, c'était au Casino. Si vous voulez, mais, ça prend 500 m, cette scène est arrivée plus tard. Au début, j'étais vraiment dans le Casino, le fameux Casino qu'on peut retrouver dans "Smoke on the water" (langue étrangère) de Deep Purple qui a brûlé après.

    Maintenant qu'il a brûlé, c'est le Stravinsky, l'auditorium ici, où vous allez vous produire pour un spectacle incroyable, "From Montreux with love". (langue étrangère)

    Oui, bizarre, le titre n'est pas de moi. Non, c'était l'idée d'une carte postale parce que Montreux est très connu dans le monde pour déjà la beauté du lieu que j'ai trouvé assez vieux, une carte postale. Voilà, ça fait un moment que je n'étais pas là, et oui, je voulais envoyer aux gens une carte postale où je suis musicalement aujourd'hui, et aussi, la disparition de Claude Nobs m'a redonné… Je ne sais pas comment l'expliquer.

    Claude Nobs qui était le fondateur évidemment de ce festival ici.

    Claude Nobs qui était l'âme qui a inventé ça, qui a cuisiné pour les musiciens. Ma première rencontre avec Claude Nobs, c'était dans une cuisine où il a fait un foie gras, et moi, je viens de Berne. Nous, les canards, on les regarde sur le lac, on ne mange pas leur intérieur. Mais, j'étais effrayé de manger ça, mais c'était très bon.

    C'est pour ça que vous avez appelé ce spectacle avec amour, with love. (langue étrangère)

    Oui, voilà.

    Il y a de l'amour dans ce show ?

    J'espère. C'est tout ce que j'essaie d'ajouter à ma musique. C'est de l'amour. Je peux vous embrasser ?

    Oui, avec plaisir.

    Voilà.

    Ici, on s'embrasse 3 fois.

    On peut continuer.

    On est généreux en Suisse.

    Avec les hommes, 3 me suffit lentement.

    Oui. Allez, un petit peu de révélation. On voit ici la scène. Il y a même un vieux gramophone. Vous allez nous faire entendre les 78 tours.

    Oui, j'ai remarqué, je m'achetais un à la maison, et j'ai de la jeunesse hip-hop qui habite chez moi. Ce sont mes enfants qui sont très dans le son hip-hop. Une fois, j'ai joué un vieux disque de Paganini, et l'ambiance qui se calmait, et ces yeux émerveillés qui se rapprochaient parce que c'était un autre son que le MP3 qui sort de leurs téléphones, ça m'a beaucoup touché, parce qu'ils ne connaissaient pas l'histoire du gramophone. Ils disaient c'est quoi ça ? Ce son, même s'ils ne l'ont jamais entendu, il y a eu quelque chose de magique, ça attirait.

    Oui, c'est un cheminement ce show. ça devient de plus en plus grand.

    Mon idée de base était de ne pas faire assez, que les gens disent c'est tout, et qu'à un moment, ils font oh là, c'est trop. C'est tout moi : pas assez et trop.

    C'est-à-dire que ça commence avec presque rien sur scène.

    Exact, avec rien sur scène, et ça finit avec : mon Dieu !

    Quoi ? Un grand orchestre ? Une chorale ?

    Je ne peux pas te dire parce qu'il y a 2-3 choses que je n'ose pas vous dire parce qu'il faut le faire sur le moment, parce qu'on peut seulement le faire une fois dans ce lieu. Après, le lieu ne peut plus le supporter.

    C'est évidemment se rappeler que vous disez il y a 30 ans au Casino, vous étiez comme ça sans rien. Vous débutiez.

    Non, j'étais seul sur scène. C'était surprenant, avec des boites à rythmes. Ce n'était même pas des ordinateurs, des synthétiseurs. Je faisais de la guitare très Rock Belly, Rock'n'Roll, mais, les synthé étaient plutôt craftware que ce mélange a surpris.

    C'est inventer toujours. Vous n'avez jamais cessé d'inventer Stephan.

    Non, s'il vous plaît ! J'oublie ce que je fais. Après, il faut…

    …oublier, puis, recommencer à zéro à chaque fois.

    Oui, c'est une vraie naïveté, un peu comme un poisson rouge, j'oublie. C'est pourquoi chaque jour que je me mets derrière un piano, je dis : "Ah, c'est beau. C'est quoi comme instrument ? Une guitare". Ce n'est pas une blague. J'essaie donc d'être émerveillé par le son. Vous, ça vous énerve. Moi, j'adore.

    Non, mais, ça, c'est des essais de batteries.

    Oui. Moi, ça m'émerveille, le technicien là, oh mon Dieu !

    Mais, c'est ça en fait. C'est-à-dire que la poésie de la musique, elle vient de quoi Stephan ?

    De mes parents. Je ne sais pas, me demander des choses plus simples. Comment la bourse va être dans 1 an ? Je peux vous répondre. Sur ces choses métaphysiques ; je ne peux pas vous répondre.

    Oui, mais, c'est venu, parce qu'il y avait un désir irrépressible comme ça, de s'exprimer avec des sons, des mots.

    Oui, je crois, même si je parle beaucoup, il y a des choses que je ne peux pas exprimer avec des phrases. C'est pourquoi je fais de la musique depuis que je suis enfant. J'ai eu cette échappatoire. On dit ça ?

    Oui.

    …où je me retrouvais dans mon monde un peu autiste. Tout à coup, j'ai remarqué que mes frères ou mon père, ils pourraient répondre en musique. C'est une famille qui communiquait avec la musique, qui communique encore aujourd'hui avec la musique.

    Oui. Et quand cette chose composée comme ça comme un autiste, comme vous dites, finit par rencontrer le grand public, comme c'est le cas.

    Ça m'a dérangé. J'adore, après 30 ans, pouvoir être là avec vous, et savoir que je vais travailler mon art ici. J'adore ça. Mais, après, de comprendre l'économie de ça, c'est un peu comme un mille-pattes qui commence à réfléchir, gauche, droite, et là, il se casse la gueule.

    Oui, vous avez dit dans une interview qu'un succès, on sait parce qu'un enfant pourrait le chanter.

    Oui, ça, c'est vrai. J'ai eu 2-3 fois dans ma vie que j'ai dit : "Oh là, là, on a un problème". Combien de temps, on déjeunait en paix, où j'ai dit : "Oh, là, c'est possible que non. " Ce n'est pas les enfants, c'est les douaniers. Si vous arrivez, ils font (hu hu hu), là, vous avez que vous avez passé un… Mais, normalement, ils sifflent et ils font quand même : ouvrez cette valise !

    Tant qu'il y aura des douaniers, on pourra faire des tubes.

    C'est ça. La Suisse est violemment…

    Garder ses frontières.

    On garde les frontières que Stephan Eicher peut continuer de faire des chansons, à siffler. C'est la vérité en plus.

    Oui. Evidemment, vous avez chanté pour Claude Nobs, "Un ami comme toi", parce que c'est vrai que ça compte l'amitié.

    Non, je ne l'ai pas chanté pour lui, parce que lui, il le sait. Je l'ai chanté pour le public, j'ai fait ce lien.

    C'est un ami, parce que la musique, c'est de l'amitié. C'est aussi une équipe. Il y a Djian, il y a tous ceux avec qui vous travaillez.

    Non, il y a une équipe, je ne suis pas tout seul. La rencontre avec Philippe Djian qui écrit mes textes en français, et qui est un ami de longue date, oui, je suis absolument reconnaissant à la rencontre. Des gens comme Antoine de Caunes qu'on voit aujourd'hui chaque soir à la télévision. A un moment, il s'est levé, il a dit : "On fait une interview avec un Suisse, avec un grand accent, dans les montagnes", et la rédaction a dit : "Pourquoi ?" Il a dit : "Parce que j'aime bien". Puis, les gens commencent à dire : "Ah oui, c'est intéressant". Non, il faut m'aider, je suis connu les gars. Ce n'est pas simple.

    Stephan Eicher, on est tellement content d'être ici "From Montreux with love". Ce spectacle va être retransmis intégralement sur TV5 Monde.

    Je ne veux pas entendre, je deviens nerveux. Non, je sais, je trouve quand je voyage beaucoup, et rarement j'allume. Quand je vous vois, je dis : "C'est quand même joli comme idée de télévision".

    Merci beaucoup Stephan Eicher. On était ravi d'être ici, au Montreux Jazz Festival avec vous avant cet événement. Merci.

    Merci !

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    Publié le 28 juil. 2014
    00:08:02
    Disponible jusqu'au : 4 août 2020
    Tous publics
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