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  • L'invité

    Manu Katché

    Invité : Manu Katché, le batteur est au Montreux Jazz Festival.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bienvenue au Montreux Jazz Festival ici en plein air. Bonjour Manu KATCHE.

    Bonjour.

    Et c'est évidemment un événement de vous recevoir ici parce qu'on est heureux, nous, TV 5 Monde de saluer l'artiste et puis le promoteur finalement déjà du jazz que vous êtes puisque vous faites partie de la fondation.

    Oui.

    Et vous allez soutenir les lauréats du jazz..

    Exactement, cette fondation existe depuis 15 ans. Moi, on m'y a convié, j'ét (...)

    Bienvenue au Montreux Jazz Festival ici en plein air. Bonjour Manu KATCHE.

    Bonjour.

    Et c'est évidemment un événement de vous recevoir ici parce qu'on est heureux, nous, TV 5 Monde de saluer l'artiste et puis le promoteur finalement déjà du jazz que vous êtes puisque vous faites partie de la fondation.

    Oui.

    Et vous allez soutenir les lauréats du jazz..

    Exactement, cette fondation existe depuis 15 ans. Moi, on m'y a convié, j'étais extrêmement flatté parce qu'effectivement, Montreux festival c'est quand même une espèce d'emblème et d'icône à travers le monde. Et cette année je suis venu effectivement jouer avec les lauréats de l'année passée. On s'est régalés parce que ça joue formidable bien, ce sont des jeunes gens, vraiment très très jeunes. Il y avait un Polonais, il y avait un garçon de la Réunion, on s'est régalés, il y avait un Brésilien. Alors ce qui est très drôle, le Brésilien m'a appelé pour peut-être éventuellement venir collaborer sur un ou 2 titres. Les choses se font comme ça et maintenant évidemment, je suis rentré dans ce qu'on appelle le board et l'année prochaine à l'automne, je pourrai être présent effectivement pour sélectionner les gens éventuellement avec une carrière jazz à venir, voilà.

    Ça, veut dire qu'il faut soutenir, comme ça, les jeunes créateurs. Et, le but de Montreux, c'est ça aussi.

    Je pense que le but de Montreux, déjà en plus eux ils s'y sont vraiment collés, donc je pense que les autres devraient s'en inspirer, les autres festivals, et ce qui est quand même très très important, c'est de renouveler effectivement le genre, non pas le genre musical, mais en ce qui concerne la génération, il y a plein de très, très jeunes gens qui jouent de par le monde sublimement bien, on ne les voit pas assez.

    Oui, il faut leur donner une chance. Et vous avez quand même la chance de ce festival, c'est que ces gens-là font, quand ils sont lauréats, ils font un album, ou une année à Berkley school musi,c à Boston, pour étudier et ensuite font des concerts. Ils sont programmés dans le festival, c'est plus qu'une chance.

    Oui, ça veut dire, Manu KATCHE, qu'il y a une véritable relève.

    Oui.

    On sent ça venir.

    Elle est là déjà, tu parles de "on va venir". Elle est présente, il y a des jeunes, des jeunes gens aussi bien garçons que filles, mais qui jouent admirablement et qui ont vraiment en plus, ce qui est très intéressant, c'est ce que je dis souvent, c'est que dans cette musique-là, principalement le jazz, c'est vrai qu'il y a beaucoup de références, d'influences, et l'important c'est de rebondir. Donc, on est partis de Charlie PARKER, de Miles DAVIS jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est très très ouvert avec l'Europe de l'Est, l'Europe du Nord, donc on rencontre plein d'influences musicales qui ne sont pas forcément au départ des influences jazz. Et l'intérêt, c'est que ça se mélange très très bien et ça évolue donc c'est… finalement je trouve que le mot jazz, c'est un petit peu, non pas dépassé, mais ce n'est pas le bon mot, ça devrait être rock parce que c'est très très évolutif et très progressif.

    Oui, ça veut dire qu'ici par exemple, on voit évidemment des groupes de rock aussi qui se produisent, il y a des chanteurs francophones.

    Absolument.

    Et il y a du jazz traditionnel. Vous, vous avez vous produire en quartet.

    En quartet.

    Au jazz club.

    Exactement avec des musiciens incroyables, Richard BONA à la basse. (inaudible) c'est difficile de jouer avec tout le monde, de Quincy JONES, en passant par Harry BELAFONTE etc. son propre groupe. Eric LENINI, qui a travaillé très très longtemps aussi sur la scène jazz en France, qui est italo-belge ; et Stefano Di BATTISTA, saxophoniste italien, qui avait aussi une carrière depuis des années. Donc on a monté une petite réunion qu'on avait montée il y a quelques années, il y a 2 ans et demi. Et on s'est dit : "voilà là, cette fois-ci, faisons une vraie tournée".

    Oui et ça donne quoi finalement, un quartet, comme ça, c'est une… ?

    Alors il n'y a pas de problème d'ego, ça rigole beaucoup, mais on a mélangé toutes les compositions. C'est un petit peu compliqué, c'est de donner une vraie personnalité aux propositions qui ne sont pas les vôtres (inaudible), donc il faut se les approprier un petit peu. Mais une fois que ça a été fait au niveau des répétitions, j'espère que vous serez présents, il y a quelque chose très ludique et de très jouissif qui en sort.

    Et qui se passe particulièrement ici parce qu'on est à Montreux ?

    Parce qu'on est à Montreux, parce que ça.

    Parce qu'il y a ça, le lac.

    Déjà, d'une part. Donc je pense qu'il y a des vibrations extrêmement présentes dans ce lac. Au-delà ça les gens, les gens qui viennent ici, le public, qui sont des aficionados, qui sont des connaisseurs, donc on ne peut pas la leur raconter, leur faire à l'envers, ce n'est la peine. Ils sont là, ils veulent écouter quelque chose de très précis, ça ne veut pas dire qu'ils sont, loin de là, d'être blasés, mais ils ont envie d'un certain niveau qualitatif, donc ça vous booste un peu.

    Oui, ça veut dire que le jazz, les musiques sans frontières, vous aviez commencé par le classique et puis là où vous vous êtes retrouvé évidemment.

    La musique rock.

    Oui avec la variété française aussi, arrangeur avec, évidemment, les plus grands artistes français.

    Oui. J'ai fait pas mal de choses. Je suis très très jeune encore.

    C'est vrai ? Et puis Peter GABRIEL avec sa (inaudible) donc vous faites la tournée en ce moment pour l'anniversaire de l'album.

    Exactement, on a commencé fin 2012 et on fait 1 mois par-ci par-là, Europe, Etats-Unis, là on va faire aussi l'Australie. Alors là c'est un régal parce qu'on se connaît depuis 30 ans. On est vraiment très, très proches parce que même au-delà du fait que je ne travaillais plus depuis une dizaine d'années avec lui, on se voit sans cesse. On va faire du ski ensemble, enfin voilà, on est très proches, c'est vraiment une espèce de famille. Et là, de se retrouver sur scène, de faire la même musique qu'il y a 27 ans et on a forcément mûri, vieilli, donc on n'a pas la même approche, ça rigole bien. Quand je dis, ça rigole bien, c'est que c'est extrêmement spontané avec beaucoup de joie et c'est la musique, à mon avis c'est quand même la base même de la musique.

    Oui et puis Peter GABRIEL, c'est un peu le symbole, quand on est ici à Montreux. Ce mélange, cette world music qu'il quasi-inventée, créée avec d'autres.

    Absolument, avec Youssou et tous les autres.

    Oui, et qui continue parce que évidemment derrière tout ça, il y a la musique africaine, il y a la force de cette musique qui vienne des continents.

    Très présent, tout à fait. Alors moi j'avais fait ici un petit peu avec Stéphane EICHERT à Montreux, avec tout un groupe de musiciens peuls. C'était extrêmement puissant, on avait répété en Suisse. Et ensuite, on était venus ici pour le festival et c'était une très très belle expérience. Et aussi on avait rencontré (inaudible), avec les percussionnistes. Enfin, il a un vrai mélange, de toute façon on le sait, on n'a pas besoin d'expliquer, de leur expliquer, je pense que c'est présent dans toute la musique qu'on entend aujourd'hui, sauf la musique extrêmement formatée. Mais ça, c'est un autre débat.

    Ouais, Manu vous avez publié votre autobiographie il n'y a pas longtemps.

    Ce n'est pas une autobiographie, ce sont des anecdotes, je n'ai pas terminé.

    Ah !

    Ce n'est pas mon autobiographie, ce sont des anecdotes parce que ce sont toutes mes rencontres à l'étranger depuis fin des années 80, et je me suis dit que c'était important, moi je suis un petit gars de banlieue et je me suis dit, voilà, j'avais envie de dire aux mômes de banlieue ou d'ailleurs, moi je suis né dans ce coin-là, je n'étais pas du tout… c'était loin de moi l'idée de pouvoir jouer avec ces grands artistes internationaux et tout d'un coup c'est arrivé, et ça fait plus de 30 ans. Donc, je dis : "Voilà, c'est possible". Donc j'ai raconté des anecdotes qui me sont arrivées avec plein de gens, avec Sring, Peter GABRIEL, Tracy SCHAPMANN, Miles DAVIS, etc. Pour donner envie et pour partager ce plaisir de ce que je fais depuis des années et qui me remplit, qui m'enrichit. L'autobiographie pas tout de suite, je vais certainement faire la même chose sur les Français parce que j'ai aussi pas mal d'aventures avec beaucoup de chanteurs français.

    Avec GOLDMANN, avec DAO.

    JONASZ, CABREL. Donc il y a eu de très très bons moments, il y a eu des moments très forts donc j'ai envie de le raconter aussi. Et puis laissez-moi un petit peu de temps, après je ferai l'autobiographie quand je serai un peu plus vieux.

    Oui, bah parce que derrière tout ça, il y a la force, vous l'avez dit dit, du gamins de banlieue, qui n'a pas connu pratiquement son père.

    Oui.

    Finalement la musique a été comme quelque chose qui vous a élevé.

    D'une certaine manière, oui, et puis c'est une vraie facilité pour les rencontres, ça facilite les choses. C'est-à-dire que vous ne savez pas trop d'où vous venez, il y a un petit manque au sein de la famille, même s'il y avait beaucoup beaucoup d'amour, attention. Mais, c'est une manière d'échanger, c'est plus facile d'aller au cœur même des choses, donc c'est vrai que ça m'a beaucoup aidé et je pense que ça m'a fait progresser, réaliser rapidement ce que j'ai fait, ce que je pouvais devenir.

    Oui, la batterie, percussions, on dit souvent que vous n'êtes pas dans la percussion, vous êtes dans la mélodie avec la batterie.

    J'adore ça, pour moi c'est un grand compliment. Moi ça me touche beaucoup parce que c'est ce que j'essaye de faire depuis longtemps. Alors c'est vrai que j'ai fait beaucoup de musique classique, je suis rentré au conservatoire, j'ai aussi essayé le piano. Et c'est vrai pour moi, la batterie n'est pas simplement rythmique à taper comme une brute, il y a plein d'autres choses, il y a plein de sonorités, il y a plein de choses qu'on peut faire avec les petites cymbales, avec les toms mélangés. C'est très percussionniste, je crois qu'on peut vraiment créer une mélodie rythmique à tendance coloriste et quand quelqu'un, et vous venez de me le dire, "vous êtes plutôt un batteur mélodique", ça, ça me touche énormément.

    Oui et puis de dire aussi, la musique elle dit, elle porte un message universel, toujours aujourd'hui ?

    C'était le plaisir partagé, simplement le côté positif de la chose. Quand moi je joue ou quand je pense que les autres musiciens jouent, il y a vraiment une communication immédiate avec le public et immédiatement, c'est le sourire sur les lèvres et c'est ce qu'il y a de plus beau comme message universel pour le coup.

    Et la transmission donc avec ces jeunes lauréats que vous allez parrainer, Manu KATCHE.

    D'accord.

    On a été ravis d'être ici à Montreux, regardez le lac qui est ici, ça s'inspire, ça donne envie d''écouter du jazz, de la musique, il y a tout ce qu'il faut ici pendant ce formidable festival. Merci Manu.

    Merci à vous.

    On a été ravis, TV 5 Monde.

    Au revoir.

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    Publié le 28 juil. 2014
    00:07:58
    Disponible jusqu'au : 4 août 2020
    Tous publics
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