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  • L'invité

    Étienne Daho

    Invité : Étienne Daho.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Le jazz, festival de Montreux.

    Bonjour Etienne DAHO.

    Bonsoir.

    Sortie de scène quasiment,

    avec ce public comme ça de ce festival mythique,

    c'est un grand moment ce soir, j'ai l'impression, Etienne.

    Oui, enfin tous les soirs est un grand moment pour moi de toute façon,

    de toute manière,

    je ne sais pas si je sais l'exprimer aussi bien que j'aimerais,

    mais c'est très, très to (...)

    Le jazz, festival de Montreux.

    Bonjour Etienne DAHO.

    Bonsoir.

    Sortie de scène quasiment,

    avec ce public comme ça de ce festival mythique,

    c'est un grand moment ce soir, j'ai l'impression, Etienne.

    Oui, enfin tous les soirs est un grand moment pour moi de toute façon,

    de toute manière,

    je ne sais pas si je sais l'exprimer aussi bien que j'aimerais,

    mais c'est très, très touchant, il y a plein de versions qui sont…

    Bon, j'ai tout changé ce soir.

    Les musiciens je les ai rendus un peu dingues,

    parce que j'ai un peu changé l'ordre.

    Ils ne savaient pas trop quoi faire,

    donc il y a eu des petits moments d'incertitude,

    mais bon, c'est ça le live aussi.

    Et le rappel de Jacques No,

    le rappel des amis aussi qui sont dans la salle et qui sont là.

    Oui, c'est important, enfin on est porté par ça,

    on existe aussi à travers leur amitié, leur amour.

    C'est très important.

    Oui, "Les Chansons de l'Innocence Retrouvée",

    c'est un beau titre pour ce nouvel album.

    Oui. C'est un titre emprunté à William Blake, en fait.

    J'ai rajouté "Retrouvée",

    mais au départ, c'était un livre de William Blake

    qui s'appelle "Les Chants de l'innocence".

    Mélo disco queen, orpheline, plante dans mon cœur ton drapeau noir.

    Berline afro queen, héroïne, plante dans mon corps ton disco noir.

    Fille ou garçonne, perverse ou madonne,

    Elle me fredonne les chansons de l'innocence retrouvée.

    Retrouvée.

    C'est pour ça qu'on a l'impression

    qu'on ne vous a jamais senti aussi heureux sur scène.

    Oui, c'est vrai que j'ai eu quelques mésaventures qui font qu'être sur scène,

    pouvoir continuer à faire mon travail,

    ça a encore plus de valeur, encore plus de sens et d'importance.

    Donc il y a des chansons, ce soir, vraiment je me suis laissé attraper

    comme si c'était la première fois que je les chantais.

    "Ouverture" par exemple,

    il y a des moments où on se dit "est-ce qu'on va arriver à les finir"

    parce qu'on est pris par l'émotion.

    On retrouve les chansons et on les chante d'une autre manière aujourd'hui,

    par rapport à ce qu'on a vécu, ce que tu as vécu.

    Oui,des chansons qui sont des chansons de fête, forcément ont un côté plus festif,

    et puis les gens renvoient ça aussi,

    c'est-à-dire qu'en fait comme ça fait longtemps que je suis là,

    donc il y a tellement de chansons que j'ai partagé avec plein de gens,

    donc c'est comme une histoire,

    comme une longue histoire avec des moments où ils sont là,

    et puis ils ne sont plus là, puis ils reviennent,

    et puis ils s'en vont, puis ils reviennent, puis moi aussi.

    C'est comme une amitié, on ne s'oublie pas,

    mais ce n'est pas une ligne droite.

    L'impression d'une liberté totale aujourd'hui,

    une liberté de création.

    Mais ça je l'ai toujours ressenti,

    je n'ai jamais eu quelqu'un qui regardait sur son épaule.

    Ça a toujours été important pour moi de faire…

    J'ai choisi la pop parce que je ne voulais pas faire de rock,

    je ne voulais pas être dans un groupe.

    Quand j'écoutais les Stooges (inaudible),

    je me suis dit "de toute façon c'est plié, on ne peut pas faire mieux",

    donc essayons de créer quelque chose qui est soi-même,

    qui est en français,

    et donc voilà ça a été une chose que j'ai fabriquée comme ça, avec le temps.

    Un des chocs, ça a dû être Bowie,

    évidemment il s'est produit içi parmi tant d'autres stars à Montreux.

    Oui, il fait partie vraiment des gens très, très importants pour moi, bien sûr.

    Mais les chansons, c'est entre la gravité, la joie et le bonheur.

    Oui, c'est comme la vie, je pense que la vie est un mélange de ça,

    un mélange de gravité, de légèreté,

    on passe de l'un à l'autre dans une journée,

    c'est pour ça que j'aime bien les chansons et les films

    qui n'exportent pas un seul sentiment,

    mais qui se promènent dans plusieurs sentiments,

    parce que la vie c'est ça, ça bouge.

    Et puis un sentiment de légèreté aussi, dans ce disque-là on le sent bien.

    Oui, et là sur scène aussi, il y a des moments de tensions comme ça,

    mais qui sont des tensions agréables, et puis aussi de sensations,

    on sent que les gens sont vraiment là, vraiment à l'écoute,

    vraiment dans le partage.

    Vous avez dit William Blake, il y a Baudelaire, et les 11 000 vierges.

    Oui, c'est vrai.

    Il y a tous les amours finalement, il y a Jean Genet, il y a la poésie…

    Que des gens absolument infréquentables.

    C'est vrai. Pourquoi Etienne ?

    Je ne sais pas, c'est peut-être mon goût de l’interdit, de l'extrême.

    Ça me plait. Ça ouvre la voie.

    Il y a une chanson où vous dites "pour avancer, il faut toujours aller trop loin".

    Oui, c'est vrai, ça s'appelle "Un Bonheur Dangereux", c'est vrai.

    Je l'ai écrit parce que vraiment je le ressens.

    C'est aller trop loin, c'est quoi ?

    Je développe ?

    Oui, j'aimerais bien.

    Aller trop loin,

    c'est aller trop loin dans l'intensité de ce qu'on ressent par rapport aux gens,

    c'est aller trop loin dans le fait de pousser son corps le plus loin possible,

    des choses comme ça. Je ne sais pas si je peux rentrer davantage dans les détails.

    Et on peut le faire à travers les mots, à travers la poésie, à travers la chanson ?

    C'est un exutoire, ça permet…

    j'allais dire d'expulser, et puis aussi d'exprimer.

    En fait, quand on est un musicien,

    quand on est celui qui chante,celui qui écrit,

    on est une voie pour certains autres, et on est élu pour ça.

    J'en parle parce que j'ai aussi des artistes qui ont été des voies pour moi,

    qui ont exprimé, ou ce que j'étais et que je ne savais pas encore que j'allais devenir,

    et que j'ai lu parce qu'ils touchaient à quelque chose qui me ressemblait,

    et j'imagine que les gens qui aiment mes chansons,

    c'est aussi parce que quelque part elles parlent de leur propre vie,

    de leurs propres fantasmes.

    Bien sûr, je connais tes plaies, tes blessures, cyanure.

    Tes souvenirs ont la peau dure, fêlure.

    à chacun son chemin, chacun ses déchirures.

    Mais je les ressens comme toi.

    Il y a une part d'enfance dans l'innocence retrouvée,

    c'est-à-dire on reste, vous restez, vous Etienne,

    l'enfant qui a découvert et rêvé de ces artistes-là

    avant de devenir vous-même.

    Oui, heureusement qu'il y avait ça, parce que l'enfance,

    ça a été un passage à l'âge adulte assez rapidement par obligation,

    donc je crois qu'on compense en gardant

    une espèce d'innocence, je pense qu’être artiste c'est ça,

    c'est prolonger cet état-là, je crois que c'est commun a beaucoup.

    Merci infiniment, Etienne Daho.

    Merci beaucoup parce que là au sortir de scène,

    formidable concert içi au Montreux Jazz,

    içi donc pour ce grand retour d'Etienne avec ces chansons d'innocence.

    On était ravis. Merci pour TV5 Monde.

    Merci

    beaucoup.

    Merci

    Etienne.

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    Publié le 28 juil. 2014
    00:07:59
    Disponible jusqu'au : 4 août 2020
    Tous publics
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