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  • Les Haut-Parleurs

    Suisse : l'assistance au suicide, choquante ?

    Par Valentine en Suisse


    #Société

    En Suisse, on peut obtenir de l'aide pour se suicider ! Valentine a réalisé que son pays est l'un des seuls au monde à autoriser cela, elle raconte comment ça se passe.


    Crédits :
    Ecriture et réalisation : Valentine Zenker
    Images : Lou Antonoff
    Dessin : Anwar Bouddia
    Rédaction en chef : Hélène Seingier
    Archives : C à vous, Euronews, abc.net.au/news
    Musique :Intimate Electric Stefan Netsman
     


    Transcription

    Elle, c'est Christiane. Elle est bénévole pour l'association Exit qui aide les personnes très malades à mourir dignement. Moi, c'est Valentine et j'ai réalisé que mon pays, la Suisse, est l'un des seuls au monde à autoriser le suicide assisté. Ici, vous pouvez décider où et quand mourir, entouré de vos proches. Ça vous choque ? On va en parler. Le suicide assisté, c'est possible uniquement pour les personnes qui ont une maladie incurable ou alors les personnes très âgées atteintes de plusieurs p (...)

    Elle, c'est Christiane. Elle est bénévole pour l'association Exit qui aide les personnes très malades à mourir dignement. Moi, c'est Valentine et j'ai réalisé que mon pays, la Suisse, est l'un des seuls au monde à autoriser le suicide assisté. Ici, vous pouvez décider où et quand mourir, entouré de vos proches. Ça vous choque ? On va en parler. Le suicide assisté, c'est possible uniquement pour les personnes qui ont une maladie incurable ou alors les personnes très âgées atteintes de plusieurs pathologies. Il faut un diagnostic, des certificats médicaux, etc. L'année passée, 950 personnes s'en sont allées de cette façon-là dans le pays, soit 1,5 % de tous les décès. Ça peut être cet homme de 104 ans fatigué de vivre et qui a déjà fait une tentative de suicide, ou alors une jeune mère de famille atteinte d'une maladie incurable,  ou encore quelqu'un touché par un cancer foudroyant. Pour aider les personnes dans ce dernier départ, il existe des associations comme Exit où Christiane est bénévole depuis 12 ans.

    Je trouve qu'on peut beaucoup apporter aux personnes qui veulent mourir. On peut leur apporter tout ce qu'il faut et autant qu'en étant infirmière. C'est un choix. Je suis aussi 100% pour les soins palliatifs pour les personnes qui le veulent, mais j'estime qu'on doit aussi offrir, aux gens qui veulent mourir, cette possibilité-là. Abréger les souffrances, c'est exactement pour ça que s'est engagé le docteur Pierre Beck auprès d'Exit. On s'est rendu compte que beaucoup de gens qui étaient sauvés par la médecine, la chirurgie, la transplantation, toutes ces nouvelles techniques, pouvaient avoir ensuite une survie dans des conditions de qualité de vie très mauvaises. On parle des greffes d'organes, on parle d'opérations extraordinaires, mais on ne montre pas toujours la réalité de la survie de ces personnes qui peuvent ensuite souhaiter la mort pendant des années sans pouvoir l'obtenir. On leur donne le verre qu'on a préparé avant avec la potion létale qui est mélangée à un sirop pour cacher le goût. Ils doivent faire le geste, prendre le verre et boire eux-mêmes l'équivalent d'un petit de décilitre en une minute environ. Après, ils vont s'endormir tranquillement dans les deux minutes qui suivent. Chaque  accompagnement est difficile. Il y a des émotions, et heureusement qu'il y a des émotions, mais c'est toujours serein. Plus de 130 000 personnes sont membres de l'association Exit. C'est très suisse tout ça, d'anticiper et de tout prévoir, même son propre décès. 

    Mon rôle était de soigner, de soulager la souffrance, et j'ai vu que certains patients, malheureusement, avaient des souffrances telles que c'était la mort qui était la meilleure chose qui puisse leur arriver. Pragmatique, d'accord, mais aider des gens à se suicider, ça peut quand même déranger. Certaines associations, comme Dignitas, propose cette prestation à des étrangers qui ne peuvent pas être aidés à mourir dans leur pays. C'est le cas, par exemple, de l'écrivaine française Anne Bert qui a choisi de partir pour se libérer de la maladie de Charcot. Je ne vois pas pourquoi on devrait m'obliger, m'imposer à être torturé dans mon corps chaque jour un peu plus, à avoir un respirateur, faire une trachéotomie et me nourrir directement dans l'estomac, et être sur un lit grabataire jusqu'à ce que je meure de toute façon puisqu'il n'y a pas de médicaments. En Suisse, certains étrangers paient jusqu'à 10 000 euros pour ça. On entend parfois parler de tourisme de la mort. Et les jeunes dans tout ça, qu'en pense-t-il ? A part mes croyances spirituelles, je pense qu'on est tous ici pour vivre une expérience et peut-être que la souffrance en fait partie. Il faut vraiment qu'il y ait un cadre et que ce soit fait dans une mesure extrême, c'est-à-dire une fin de vie avérée, comme c'est le cas d'ailleurs pour l'association Exit. Sinon, c'est vraiment la porte ouverte à n'importe quoi.  Globalement, les jeunes sont plutôt pour, mais craignent les abus, par exemple que des personnes vulnérables soient poussées à se donner la mort pour des questions d'héritage ou alors que des personnes en dépression demandent à se suicider plutôt que d'être soignées bref que le suicide assisté soit mal encadré.

    Mon opinion à moi c'est que ça ne sert à rien d'interdire fermement. Si quelqu'un est vraiment déterminé à mourir, il trouvera de toute façon un moyen. Il faut quand même penser à l'aspect économique. Le maintien des personnes en fin de vie coûte extrêmement cher, des dizaines de milliers de francs mensuels que le patient ne peut souvent pas assumer lui-même. Ça ne doit pas être une raison, mais c'est un fait. Conclusion, face à des pratiques si différentes d'un pays à l'autre, dur, dur de se faire un avis. Le débat est ouvert. Lâchez vos commentaires, mais toujours dans le respect, l'ouverture et l'écoute des autres. Si cette vidéo vous a plu, n'hésitez pas à la partager et à en découvrir d'autres sur les réseaux sociaux des Haut-parleurs.

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    Publié le 11 nov. 2018
    00:05:41
    Disponible jusqu'au : 19 nov. 2020
    Tous publics
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