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  • Les Haut-Parleurs

    La course contre le sel - Houleye en Mauritanie

    J'habite à Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Elle est construite sur une nappe de sel et les pluies abondantes ont des conséquences désastreuses : le sel grignote les habitations, le sol est impropre à l'agriculture et des plantes envahissantes grignotent l'espace. Les eaux de pluie stagnent et favorisent le développement de moustiques porteurs de maladies. Je suis allée rencontrer des habitants des quartiers touchés et d'un consultant sur l'environnement pour voir quelles sont les initiatives à mettre en place pour lutter contre ces phénomènes.

    Crédits : Houleye Kane - Sahara Production

    Transcription

    Bonjour, je m'appelle Houleye Kane et je suis une journaliste Mauritanienne. La 21ème conférence du climat approche à grands pas. Les yeux du monde entier se rivent sur les négociations à Paris, tous se mobilisent pour sauver la planète. La hausse des températures induit une multiplication des événements climatiques, on parle de sécheresse, on parle d'inondations, on parle également de dégradation des écosystèmes. Parlons de Nouakchott, cette ville, conçue dans les années 50, était conçue pour a (...)

    Bonjour, je m'appelle Houleye Kane et je suis une journaliste Mauritanienne. La 21ème conférence du climat approche à grands pas. Les yeux du monde entier se rivent sur les négociations à Paris, tous se mobilisent pour sauver la planète. La hausse des températures induit une multiplication des événements climatiques, on parle de sécheresse, on parle d'inondations, on parle également de dégradation des écosystèmes. Parlons de Nouakchott, cette ville, conçue dans les années 50, était conçue pour abriter 8 000 habitants jusqu'en 1970. Aujourd'hui, plus d'un million de personnes surpeuple la ville, créant des concentrations démographiques et une urbanisation anarchique dans les zones inondables, comme Dar Naïm, Sebkha, El Mina et Le Ksar. Des pluies abondent à Nouakchott et cette intensité des précipitations combinée à l'existence d'une nappe salée en dessous de ces quartiers, occasionne plusieurs catastrophes et désagréments aux populations. On assiste à une stagnation des eaux et à une insalubrité dans les quartiers, qui engendre la multiplication d'agents pathogènes, comme les moustiques vecteurs de maladies, une augmentation des malades du paludisme, l'apparition de la fièvre dengue, et actuellement une épidémie de la fièvre de la vallée du Rift.

    On assiste à une rapide dégradation des maisons à cause de l'intensité des remontées salines, qui engendrent de nombreux déménagements et d’abondant d'habitation. Écoutons cette dame qui habite dans le quartier Couva, qui est destinée à vivre entre les mares de sel et les moustiques.

    Cette situation favorise la prolifération d'espèces envahissantes et la colonisation de ces espaces vides par les tifas, dont l'apparition est nouvelle à Nouakchott.

    Nouakchott est bâti sur les bordures de l'océan. Pourra-t-elle survivre face à la salinisation de son sol ? Écoutons le témoignage de Corera Allasane, qui est un consultant environnementaliste.

    Ces eaux stagnantes ont conduit à une poussée d'herbe, le tifa. C'est une herbe sauvage qui obstrue les canaux d'irrigation, qui étaient connues simplement dans la vallée, mais qui sont remontées, depuis une dizaine d'années, dans les eaux stagnantes de la ville de Nouakchott. Je pense qu'il y a des solutions, que Nouakchott s'est inspirée d'expériences d'autres pays qui ont pu régler ces problèmes de salinité, ces problèmes d'assainissement des eaux stagnantes. Je pense que ce n'est pas un problème invincible, c'est un problème courant dans d'autres pays et qui est réglé. La population est désemparée, à l'heure actuelle. Elle ne sait pas ce qu'il faut faire, c'est à l’État de développer une certaine communication pour expliquer aux gens, pour amener les gens à faire de nouveaux comportements, de garder les enfants, de ne pas être en contact avec les eaux stagnantes.

    Selon les études de certains experts environnementalistes en Mauritanie, Nouakchott risque de voir 79 % de sa superficie submergée par l'eau, d'ici 2020 ou 2030. Comment faire pour s'adapter aujourd'hui et à quel prix ? Des initiatives portent sur la transition énergique avec l'utilisation d'énergie propre, comme le soleil ou le vent, abondant en Mauritanie, la transformation du tifa en charbon, la valorisation de matériaux locaux dans l'écoconstruction, l'agriculture biologique.

    Quelle est la part humaine dans toutes ces mobilisations ? Il faut agir au plus vite. La Mauritanie perd son climat. Elle se réchauffe, sa nature se dégrade, perd ses formes et toutes ses couleurs. Des regards pleins de peur et de doute se tournent vers l'avenir de ces pays. Chaque Mauritanien, aujourd'hui, a une responsabilité, celle de mener une action pour un environnement sain et vivable pour tous. Il faut assainir les villes, il faut traiter les eaux stagnantes. Il faut planter des arbres, il faut instaurer une justice climatique. Merci. C'était un focus sur le climat en Mauritanie. A bientôt.

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    Publié le 18 nov. 2015
    00:04:32
    Disponible jusqu'au : 19 nov. 2020
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