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  • Les Haut-Parleurs

    Hazaribagh : le tsunami écologique - Julien et Bruno

    Hazaribagh est l'un des endroits les plus pollués de la planète. Tanneries, déchetteries et farines animales empoisonnent cette banlieue dont les trois quarts des habitants meurent avant 50 ans. Le quartier représente tout ce qui répugne l'homme et en même temps, tout ce qu'il est prêt à faire pour survivre. Une situation dramatique à l'embouchure de l'exode rural

    Crédits: Bruno Valentin et Julien Pannetier / Zeppelin

    Transcription

    Salut, c'est Bruno et Julien. On est tous les 2 photographes de l'agence Zeppelin. On voulait vous parler du Bangladesh, un pays dans lequel on va depuis maintenant 10 ans. C'est l'un des pays les plus densément peuplés du monde, mais c'est aussi l'un des plus pauvres.

    (inaudible)

    Plus précisément on vous emmène à Hazaribagh, sur les rives du Buriganga qui est un affluent du Gange. Hazaribagh a un des quartiers les plus pollués de la planète. Ici, les grandes tannerie (...)

    Salut, c'est Bruno et Julien. On est tous les 2 photographes de l'agence Zeppelin. On voulait vous parler du Bangladesh, un pays dans lequel on va depuis maintenant 10 ans. C'est l'un des pays les plus densément peuplés du monde, mais c'est aussi l'un des plus pauvres.

    (inaudible)

    Plus précisément on vous emmène à Hazaribagh, sur les rives du Buriganga qui est un affluent du Gange. Hazaribagh a un des quartiers les plus pollués de la planète. Ici, les grandes tanneries du monde rejettent leurs produits toxiques. C'est à Hazaribagh que l'on concentre la plus grande industrie du cuir, l'une des plus grandes du monde. L'Inde, la Chine, sont des pays qui sous-traitent au Bangladesh le produit du cuir. Ici, 3/4 des hommes qui y travaillent meurent avant l'âge de 50 ans. À l'ouest de Dacca, Hazaribagh apparaît comme une immonde verrue. Le quartier s'empoisonne chaque jour avec à peu près 15,000 mètres cubes d'eau polluée, des produits toxiques comme le chrome, qui sont recrachés par 270 à 300 tanneries dans le quartier. Ici, on fabrique des peaux qui servent à la fabrication des baskets pas chères, des blousons, des petits objets en cuir. Mais l'eau du Buriganga est devenue tellement noire, que la vie marine a totalement disparue. Et c'est un véritable problème, car l'une des principales ressources au Bangladesh, c'est la pêche.

    La densité de population n'arrange rien. Ici, l'ennemi c'est l'eau, l'eau polluée. Les populations boivent une eau toxique responsable de toutes les maladies.

    Et nous avons rencontré un médecin. Il nous explique que ici les maladies ne sont pas dans les livres, et qu'il soigne ici des choses qu'il n'a jamais vues ailleurs. Ici la maladie, c'est celle de la pollution, de l'extrême pollution. D'ailleurs à Hazaribagh, on ne parle même pas de pollution, on parle de tsunami écologique. Pour ne rien arranger, les restes de l'industrie du cuir sont récupérés puis bouillis : il faut comprendre qu'ils sont gorgés de chrome à ce moment-là. Ensuite, on les fait sécher à l'air libre : ils serviront plus tard comme croquettes à l'alimentation des crevettes et des gambas. Les même que vous retrouvez dans les grandes surfaces Européennes et dans votre assiette.

    De la fabrication de la basket à la crevette, il n'y a qu'un pas. Les problèmes sanitaires sont partout, et sur les tanneries et autres consommations et alimentation du bétail, personne ne semble se vraiment se soucier de la situation, ils sont à peu près tous résignés. Hazaribagh représente tout ce que l'homme fuit et en même temps tout ce qu'il est prêt à faire pour survivre.

    En ces temps de COP21, attention de ne pas tout mettre sur le dos du réchauffement climatique. Le Bangladesh est souvent utilisé par les médias pour expliquer le mal du réchauffement climatique, mais aussi des réfugiés climatiques. Mais attention : on dédouane trop souvent les vrais responsables : l'industrie, mais aussi les consommateurs. Merci de nous avoir écouté. Si vous connaissez d'autres endroits pollués, parlez-nous-en dans les commentaires. Ciao, ciao, à bientôt !

    (inaudible)

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    Publié le 10 janv. 2016
    00:02:58
    Disponible jusqu'au : 19 nov. 2020
    Tous publics
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