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  • Les Haut-Parleurs

    Elle tue son mari et devient un symbole - Par Esra en Turquie

    #Turquie

    Cilem Dogan a tué son mari mais n'est pas en prison. Cette jeune Turque est devenue un symbole de la lutte des femmes contre les hommes violents. Esra nous raconte comment.

    Crédits : Réalisation : Esra Olcaycan - Doublage : Noémie Nael - Montage : Vincent Cappori - Musiques : Pisles - Dear one Fleslit - Anni


    Transcription

    Je ne sais pas comment j’ai tiré, combien de fois j’ai tiré. Soit tu meurs, soit tu es obligé de tuer.

    Bonjour. Moi, c’est Isra. Je suis une nomade plutôt digitale, et aujourd’hui, je vais à Adana, au sud de la Turquie pour rencontrer Chilam. Chilam est une ces femmes qui ont tué leur mari, et en Turquie, à un moment, il y a eu un conte comme ça. Allez venez, je vais vous raconter tout ça. Deux ans après avoir tué son mari, Chilam est en liberté. Elle avait d’abord été condamnée à (...)

    Je ne sais pas comment j’ai tiré, combien de fois j’ai tiré. Soit tu meurs, soit tu es obligé de tuer.

    Bonjour. Moi, c’est Isra. Je suis une nomade plutôt digitale, et aujourd’hui, je vais à Adana, au sud de la Turquie pour rencontrer Chilam. Chilam est une ces femmes qui ont tué leur mari, et en Turquie, à un moment, il y a eu un conte comme ça. Allez venez, je vais vous raconter tout ça. Deux ans après avoir tué son mari, Chilam est en liberté. Elle avait d’abord été condamnée à 15 ans de prison. Puis l’été dernier, elle a été remise en liberté sous caution. Le procès continue toujours, mais Chilam dit avoir tué son mari par légitime défense et attend le jour de son acquittement.

    La violence a commencé au 14e jour de notre mariage, c’est-à-dire durant la deuxième semaine. La deuxième fois que j’ai subi de la violence, j’étais enceinte. Mon ventre avait commencé à grossir. L’enfant avait commencé à grandir. J’étais à trois ou quatre mois de grossesse et j’ai été hospitalisée.

    En France, les violences conjugales tuent une femme tous les trois jours. En Turquie, l’État refuse de communiquer les informations sur le féminicide. D’après les bases de données créées par des associations, au moins une femme est tuée par jour, soit trois fois plus qu’en France. L’exemple de Chilam n’est pas unique. En 2014, Yasmine CHAKAL a aussi tué son mari par légitime défense et attendu trois ans en prison avant son acquittement. Quant à (inaudible), qui a tué son violeur en lui coupant la tête, elle a été condamnée à la prison à vie et attend toujours le résultat de son appel.

    Il m’a traîné sur le lit par les cheveux. Il a fermé la porte à clé, il a pris la clé dans sa main. Là, je me suis dit, ça y est, il va me tuer.

    Avant l’événement, Chilam a porté plainte contre son mari plusieurs fois pour coups et blessures, mais la police n’a jamais inculpé le mari ni a tenté de la protéger. Le mari de Chilam, Hassan était membre d’une organisation criminelle. En espérant qu’il soit envoyé en prison, Chilam l’a dénoncé aux policiers, mais ce n’était pas suffisant. La police a demandé à Chlilam d’espionner son mari.

    Il continue de me frapper et me dit, prépare-toi, on y va. Tu ne vas pas poser de questions. Tu sais ce que tu as fait. J’essayais de me lever. Il me traîne encore par les cheveux sur le lit. À ce moment-là, ma main est allée chercher l’arme qu’il cachait sous son oreiller. Je ne sais pas comment j’ai tiré, combien de fois j’ai tiré. Sur le moment, je n’avais même pas compris qu’il avait été blessé. J’ai juste entendu le bruit de la clé qui tombe par terre. J’ai récupéré la clé, j’ai ouvert la porte et j’ai refermé derrière moi pour qu’il ne me suive pas.

    C’est après l’événement que Chilam reçoit enfin un peu d’aide et de soutien. Divers collectifs féministes suivent le procès. Plusieurs avocates prennent sa défense, et surtout, durant l’année qu’elle passe en prison, elle reçoit des centaines de lettres de soutien écrites par des femmes des quatre coins du pays.

    Ce qui m’a touché le plus, c’est qu’elle me disait, tu vas sortir, tu es forte, tiens-toi droite. Dehors, nous nous battons pour ta juste cause. Nous allons faire tout notre possible pour te sortir de prison. Sois-en sûre, tu vas sortir. Tu vas marcher dans les rues et tu vas être avec ta fille. Crois à la solidarité des femmes.

    Ce que j’aime le plus dans l’histoire de Chilam, c’est qu’elle a réussi à faire de son histoire de violence conjugale, une histoire d’empowerment. Si toi aussi, tu as aimé cette vidéo, n’oublie pas de donner un "thumbs-up" et si ce n’est pas encore fait, pour t’abonner à la chaîne des Hauts-Parleurs, c’est par là.

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    Publié le 25 oct. 2017
    00:03:55
    Disponible jusqu'au : 19 nov. 2020
    Tous publics
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