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  • Les Haut-Parleurs - dans ma tête

    Épisode 7 - Les troubles dissociatifs de l'identité

    Cosima a des troubles dissociatifs de l'identité (TDI), c'est-à-dire qu'elle a plusieurs personnalités - dans son cas, huit - qui cohabitent dans son corps. Elle raconte comment elle a pris progressivement conscience de son trouble et comment elle le gère au quotidien.
    Pour aller plus loin: https://partielles.home.blog/"

    Par Océane en France

    Crédits :
    Écriture et réalisation : Océane Lerouge
    Produit par Claire Leproust
    Chargés de production : Lucas Depraeter, Barbel Bouddia
    Image : Océane Lerouge, Clémentine Baude
    Montage : Gabriel Tardif, Elvina Attali
    Habillage et générique : Gabriel Tardif
    Rédaction en chef : Elvina Attali
    Illustrations images et sonores : Extraits du clip vidéo Order from Chaos de Max Cooper (direction artistique et design sonore) et Maxime Causeret (images et design graphique)
    Musique générique : Who's there - Peter Sandberg
    Musique additionnelle : Forests And Fields- Alan Ellis, Somewhere in between - August Wilhelmsso, Flesh and Bone - Jon Bjork, Shattered Disguised - Jon Bjork
    Remerciement : Antoine Pelissolo, APHP
    Fablabchannel : Claire Leproust
    TV5MONDE : Hélène Zemmour, Cécile Quéniart
    Francetv slash : Tiphaine De Raguenel, Antonio Grigolini, Nelly Pintaud, Vanille Cabaret, Léna Sichez

     


    Transcription

    (sous-titre) Aujourd'hui, je suis partie retrouver Cosima, à la frontière belge, pour qu'elle m'explique comment on vit au quotidien avec un TDI, un Trouble Dissociatif de l'Identité. Dans son cas, elle doit gérer huit identités comme si elle était huit personnes qui peuvent pendre, à différents moments, le contrôle de son corps. Comme pour les autres cas de Troubles Auditifs de l'Identité, c'est lié à un choc traumatique quand elle était très jeune qui fait que son identité fait éclater pour en (...)

    (sous-titre) Aujourd'hui, je suis partie retrouver Cosima, à la frontière belge, pour qu'elle m'explique comment on vit au quotidien avec un TDI, un Trouble Dissociatif de l'Identité. Dans son cas, elle doit gérer huit identités comme si elle était huit personnes qui peuvent pendre, à différents moments, le contrôle de son corps. Comme pour les autres cas de Troubles Auditifs de l'Identité, c'est lié à un choc traumatique quand elle était très jeune qui fait que son identité fait éclater pour en former plusieurs. Et aujourd'hui, elle trouve le courage de témoigner. On parle d'une personnalité haute et d'alter. En gros, l'autre reste un alter aussi.  D'accord. On est parti. Respire. Attends. C'est le stress qui monte, ce n'est rien. Je suis désolée. Ça a un côté révélant. C'est comme si j'allais le dire à quelqu'un. J'ai vraiment ressenti la même chose. Je ne peux pas, mais je vais essayer. Et je regarde où ? Tu regardes toujours dans ma direction. Vers toi. D'accord. J'ai des alters parce que j'ai un Trouble dissociatif de l'Identité. On est huit connus, parce qu'il y en a peut-être d'autres, parce que parfois, ils se cachent plus dans le fond et ce genre de choses. Il y a moi, c'est Cosima. Je suis l'autre. Je suis celle qui est devant, le plus souvent en contrôle du corps. Parmi les alters qui prennent le contrôle le plus souvent avec moi, il y a Sarah qui est ma protectrice. Elle est plus pragmatique et rationnelle. Quand il y a des événements qui me stressent trop ou ce genre de choses, elle peut prendre le relais parce qu'elle gère tout droit. Il y a aussi Allison qui est plutôt du genre à gérer tout ce qui est relationnel. Elle est plutôt du genre socialement acceptable. Elle se fond dans le moule. Elle se fond dans la masse. C'est elle qui gère tout ça, le côté social. C'est elle. Et il y en a de nombreux autres qui sont plus ou moins là en fonction des événements. Parfois, quand je suis très énergique et que c'est de la bonne musique, c'est plutôt Jane, qui est plutôt fofolle qui gère tout ce côté extraverti. J'ai aussi une Little, une alter enfant qui a 8, 9 ans, quelque chose comme ça, Sasha. Elle est plutôt timide et elle est très associée au trauma. Elle peut être attirée quand il y a des choses qui rappellent des évènements traumatiques, mais elle peut aussi sortir parfois pour juste dessiner ou regarder des dessins animés. Elle aime bien les peluches. Dans mon cas, les traumatismes ont commencé quand j'étais très jeune. Ce sont surtout des traumatismes relationnels liés en particulier à ma mère. Comme c'était ma mère, je ne pouvais pas la fuir. Elle était censée prendre soin de moi mais elle ne m'aimait pas pour qui j'étais. Bref, ce sont toutes ces choses qui ont développé ma base traumatique. A l'âge de 8 ans, j'ai eu un accident de voiture. Je me suis vue mourir à ce moment-là. Je me souviens juste de la pluie parce que j'ai été éjectée de la voiture. Mais je me souviens qu'à ce moment-là, quelque chose s'est rompu. C'est à ce moment-là qu'on a eu les quatre premiers alters. Au départ, je n'avais pas vraiment conscience de ce qui se passait dans ma tête. J'avais des choses. J'avais l'impression que tout le monde avait ça, genre avoir une petite voix dans sa tête. Je ne m'en rendais pas vraiment compte. Ce qui s'est passé, c'est que j'ai commencé à sortir la nuit, à me réveiller la nuit sans me rendre compte et à faire des choses. Je m'endormais en pyjama et je me réveillais habillée, parfois lavée, parfois décoiffée. J'ai commencé à trouver ça vraiment bizarre. Je me souviens. A un moment, je me suis regardée dans le miroir et je ne me suis vraiment pas vue. Ce n'était pas moi. J'ai eu l'impression que je me regardais, que le miroir me regardait, mais pas avec mon regard. Ça me tétanisait vraiment beaucoup. C'est vraiment à ce moment-là que j'ai commencé à me rendre compte qu'il y avait quelque chose dans ma tête. Les suites, le fait de passer d'un alter à l'autre au contrôle du corps, chez moi, c'est plus ou moins fluide en fonction des alters. C'est vraiment comme si elle devait passer une porte comme ça, en écartant les volets, elle passe et elle passe devant et. C'est plus ou moins dur. C'est vraiment plus ou moins fluide pour ouvrir ces deux volets pour passer. Avec mes alters, j'ai une mémoire commune. Je me souviens de la même chose même si c'est un peu flou ou j'ai l'impression d'être trois centimètres derrière moi. Mais globalement, je sais ce qui s'est passé, peut-être pas forcément dans le détail, mais je sais. Avec certains alters, je me souviens de rien. C'est le black-out total. Dans le quotidien, les petits événements comme ça, qui (inaudible), c'est vraiment ça. Je me réveille le matin, je prépare mon bol de Kellogg's, il est midi et je suis devant une série. Au début,  ma compagne n'avait conscience que de moi et de Sarah. Elle a bien accroché avec les deux. Elle est ouverte au poly-amour, au poly-relationnel, moi aussi et Sarah aussi. Le partage a été facile. Après, il y a eu la prise de conscience des autres. Et petit à petit, elle a aussi appris à les connaître et à développer une relation avec chacune. Avec Sasha, la Little, c'est une relation qui est plutôt amie. Elle passe des moments avec elle à regarder des dessins animés ou ce genre de choses. Avec les autres qui sont adultes, ce sont des relations amoureuses avec chacune et ça a mis plus ou moins de temps à se développer en fonction de chaque alter parce qu'il y en a qui demandait plus de temps pour donner confiance, ce genre de choses. Elle trouve aussi, chez chacune, quelque chose qu'elle aime et qui fait qu'elle a une relation vraiment particulière avec chacune. Mes conseils pour gérer le quotidien, c'est plutôt d'essayer d'avoir une bonne communication entre les différents acteurs, essayer de comprendre pourquoi ils agissent comme ça et pas tomber dans la peur et dans le rejet, parce que c'est encore pire. Vraiment essayer de se comprendre et communiquer ensemble permet que le quotidien peut être géré plus facilement.  Comment tu te sens ? Je ne te vois pas. Au début, c'était clairement ce qu'on appelle une partie émotionnelle. Une partie émotionnelle, c'est ça, je ne me souviens pas de ce que j'ai dit. Je crois que j'ai dit que je n'y arriverai pas, je ne sais plus. Mais je sais que je n'ai pas pu parce que c'est un truc qui se cache. Le dire, c'est déjà trop.  J'ai reparlé avec Cosima de ce qui s'était passé au début de l'interview et elle ne s'en souvenait pas vraiment. Emotionnellement, ça a été un moment très fort pour elle, donc elle a fait une pause. Et après, elle avait beaucoup plus d'assurance. Son discours était posé, fluide. Elle m'a dit que c'est un autre alter qui avait pris le relais, toujours avec Cosima juste derrière. J'ai fait l'expérience d'un switch et je pense que j'ai rarement vécu quelque chose d'aussi intense pendant une interview. Si vous vous retrouvez dans l'histoire de Cosima ou si vous pensez qu'une personne de votre entourage est concernée, le premier réflexe est d'aller consulter car il existe des thérapies pour apprendre à mieux vivre avec ses alters au quotidien. 

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    Publié le 30 oct. 2019
    00:08:22
    Disponible jusqu'au : 27 oct. 2024
    Tous publics
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