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  • Les Haut-Parleurs - dans ma tête

    Épisode 6 - La phobie scolaire

    A 15 ans, Elia ne va plus à l'école, car elle souffre de phobie scolaire. Elle raconte ses crises d'angoisse à l'approche de la grille du collège, le harcèlement qu'elle a subi, la nécessité de construire un dialogue avec ses parents... Aujourd'hui, elle est plus apaisée. Ce qui l'a aidé : l'équitation et le contact animal

    Par Océane en France.

    Crédits :
    Écriture et réalisation : Océane Lerouge
    Produit par Claire Leproust
    Chargés de production : Lucas Depraeter, Barbel Bouddia
    Image : Océane Lerouge, Clémentine Baude
    Montage : Gabriel Tardif, Elvina Attali
    Habillage et générique : Gabriel Tardif
    Rédaction en chef : Elvina Attali
    Illustrations images et sonores : Extraits du clip vidéo Order from Chaos de Max Cooper (direction artistique et design sonore) et Maxime Causeret (images et design graphique)
    Musique générique : Who's there - Peter Sandberg
    Musique additionnelle : Found - Martin Gauffin
    Remerciement : Antoine Pelissolo, APHP
    Fablabchannel : Claire Leproust
    TV5MONDE : Hélène Zemmour, Cécile Quéniart
    Francetv slash : Tiphaine De Raguenel, Antonio Grigolini, Nelly Pintaud, Vanille Cabaret, Léna Sichez
     


    Transcription

    (sous-titré) Salut. Cette fois, j'ai été retrouvé Elia pour qu'elle me parle de sa phobie scolaire. Dit comme ça, on a envie de répondre une ado qui a la flemme d'aller en cours, ce n'est pas bien surprenant, sauf que c'est clairement un peu plus que ça. Dans son cas, c'étaient des symptômes physiques bien concrets dès qu'elle s'approchait de la grille du collège. Elia, c'est avait aussi une grande fan d'équitation et le contact du cheval l'a vraiment aidé à calmer ses angoisses. On s'est posé t (...)

    (sous-titré) Salut. Cette fois, j'ai été retrouvé Elia pour qu'elle me parle de sa phobie scolaire. Dit comme ça, on a envie de répondre une ado qui a la flemme d'aller en cours, ce n'est pas bien surprenant, sauf que c'est clairement un peu plus que ça. Dans son cas, c'étaient des symptômes physiques bien concrets dès qu'elle s'approchait de la grille du collège. Elia, c'est avait aussi une grande fan d'équitation et le contact du cheval l'a vraiment aidé à calmer ses angoisses. On s'est posé toutes les deux dans les bottes de foin pour casser les clichés qu'on a sur ce trouble. Quand vraiment ça a commencé à se déclencher, je pense que c'était mi-cinquième à peu près, dans ces années-là, où je commençais à avoir hyper mal au ventre. Je commençais à pleurer à chaque fois que je pensais au collège. Je n'arrivais plus à faire mes devoirs. C'était devenu très, très compliqué. J'en allais jusqu'à faire exprès de me tordre la cheville. Ça va dire tordre ma cheville et m'appuyer dessus, limite si je me cassais la cheville, c'était parfait pour ne pas aller en cours. J'en étais vraiment à ces extrêmes-là. Je faisais exprès de me cogner la tête contre les murs pour avoir mal à la tête et me plaindre que j'ai mal à la tête et que je ne peux pas aller en cours. Je faisais exprès de moins manger pour avoir mal au ventre pour dire : "J'ai mal au ventre. Du coup, je ne peux pas aller à l'école". Des choses comme ça. Ça en était vraiment arrivé très loin en fait. Je pense que la cause de ce mal-être a été que je me suis fait harceler pendant un an par mon professeur en cinquième. Mon prof d'histoire-géo me disait quand je rentrais en cours que si je n'avais pas de bonnes notes, il allait me coller ou convoquer mes parents chez le directeur, qu'ils allaient faire en sorte que je redouble. Je me suis fait harceler par des élèves en sixième. Et du coup, ça ne m'a pas aidé. Déjà que j'avais un manque de confiance en moi de base, mais à partir de ce moment-là, c'était encore plus difficile. Ils me harcelaient dans le bus. Une fois, je m'étais mise au fond du bus pour changer, parce que d'habitude, j'étais avec mes amis devant, mais il n'y avait personne, donc je m'étais mise au fond. Ils m'insultaient de tous les noms. En gros, ils disaient qu'il fallait que je me suicide, que j'arrête de venir au collège, des choses comme ça, vraiment horrible. Ils ne savaient pas que j'entendais et quand je me suis levée pour sortir du bus, ils étaient tous morts de rire que j'ai tout entendu. Ce moment m'a vraiment traumatisé, si on peut dire ça comme ça. Ça a vraiment été très compliqué. Je suis quelqu'un d'assez sensible. Tout ce qu'on me dit, je vais le prendre en plein coeur. C'est vraiment compliqué. Qu'on me dise ça, ça a vraiment été très dur. J'ai dit à mes parents, au début, que je n'avais pas envie d'aller en cours. Mais ce n'est pas que je n'aimais pas ça, c'est juste que ça ne me rendait pas bien. J'étais mal. La réaction de mes parents a été de me forcer, comme tout parent aurait fait au début. Ils ont essayé de me forcer, m'obliger à aller en cours. Ça a été encore plus dur pour moi. Une fois, ils m'avaient forcé à aller en cours en pleurant. Je m'étais retrouvée devant la porte, juste avant de rentrer en cours, en pleurs. Je ne savais pas comment j'allais faire. Je suis restée dix minutes, immobilisée devant la porte, impossible de rentrer. Pour mettre un terme sur ce que j'avais, je me sentais moins différente et je ne me sentais plus comprise par mes parents. Je me disais aussi je n'étais pas la seule puisque c'est quand même quelque chose d'assez commun. Ça m'a fait du bien parce que je pouvais en parler en disant la phobie scolaire (inaudible). Je ne savais pas mettre un mot dessus. Ce qui m'a aidé, c'était le cheval. Fin cinquième, j'ai commencé à m'occuper d'une jument près de chez moi. Cette jument a fait ma thérapie toute seule. Quand je suis avec les chevaux, je ne suis pas vraiment la même personne. Je suis beaucoup plus détendue. Je me sens beaucoup plus moi-même. En brossant un cheval, le fait de toucher un cheval, de le caresser et de le brosser, ça a le don de me détendre, de me faire complètement déstresser et me faire oublier. Ça me faisait complètement oublier que j'allais passer une journée merdique. Des fois, je pleurais, puis il venait vers moi et il me faisait des câlins. On avait une relation, une fusion toutes les deux. Deux ans après, parce que ça fait un peu de temps, parce que je n'étais pas prête avant d'en parler, j'ai vu un psy qui m'a fait de l'hypnose. Ça beaucoup aidé sur le coup. Avec la phobie scolaire, j'étais tombée en phobie sociale. C'était vraiment compliqué d'aller vers des adultes, mais le pire, c'étaient des ados de mon âge, je ne pouvais pas y aller. Même encore maintenant quand je me retrouve avec des ados de mon âge, je suis complètement stressée et angoissée. Faire de l'hypnose m'a beaucoup aidé. Ça m'a permis de me rendre compte que ce que j'avais vécu était le passé et plus le présent. Ça ne me servait à rien de me rendre malade aujourd'hui pour ça. Apprendre, ça n'a jamais été un problème. J'ai toujours aimé ça. J'ai toujours été quelqu'un de très intéressé et très curieuse, mais c'est vraiment l'école, le fait de me mettre école, collège, lycée, math, français. Le plus gros cliché sur la phobie scolaire, c'est juste que tu n'avais pas envie d'aller à l'école. La différence, c'est que ce n'est pas que je n'avais pas envie d'aller à l'école,  c'est que je ne pouvais pas. Ce que je conseillerais, c'est surtout d'en parler, que ce soit quelqu'un de sa famille, à des amis ou un professeur avec qui on se sent plus en confiance. Je pense que le plus important est d'en parler parce que ce n'est pas quelque chose de normal, de se faire harceler, de ne pas sentir sa place à l'école. On a tendance à le banaliser et à se dire qu'on est tous passés par là, mais pas du tout. Vu le nombre de témoignages que j'ai vu de personnes qui étaient passées par là, c'est impressionnant. On est plein, plein, plein.  Ecoute, je pense que c'est tout. Comment tu te sens ? J'en avais la tremblote encore. D'en parler, ça fait du bien. Même si c'est difficile, après, on se sent mieux. On se sent plus libéré. C'est cool. Aujourd'hui, Elia suit des cours à distance. C'est une décision qui fait suite à de longues, longues discussions avec ses parents, parce que les cas de phobie scolaire sont aussi très durs à gérer pour la famille. Elle a eu la chance de trouver un bon compromis avec ses parents. Elle suit une formation pour devenir vétérinaire équin et à plus long terme, elle se voit reprendre des cours avec deux personnes. Donc ça, c'est plutôt positif. Si vous vous retrouvez dans le récit d'Elia ou si vous pensez qu'un jeune autour de vous est concerné, le mieux est d'aller consulter. Un tiers ou une personne intermédiaire peut vraiment aider à trouver le bon dosage entre être à l'écoute du jeune, sans non plus trop céder à toutes ses demandes d'évitement du milieu scolaire. 

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    Publié le 30 oct. 2019
    00:06:53
    Disponible jusqu'au : 27 oct. 2024
    Tous publics
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