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  • Les Haut-Parleurs - dans ma tête

    Épisode 2 - L'anorexie

    Hélène s'est battue près de 10 ans contre l'anorexie. Aujourd'hui elle s'est ressaisie et ce n'est plus la balance qui dicte son quotidien, notamment grâce au yoga qui lui a permis de se reconnecter à son corps et à son entourage.

    Par Océane en France

    Crédits :
    Écriture et réalisation : Océane Lerouge
    Produit par Claire Leproust
    Chargés de production : Lucas Depraeter, Barbel Bouddia
    Image : Océane Lerouge, Clémentine Baude
    Montage : Gabriel Tardif, Elvina Attali
    Habillage et générique : Gabriel Tardif
    Rédaction en chef : Elvina Attali
    Illustrations images et sonores : Extraits du clip vidéo Order from Chaos de Max Cooper (direction artistique et design sonore) et Maxime Causeret (images et design graphique)
    Musique générique : Who's there - Peter Sandberg
    Musique additionnelle : Crystalis - Joseph Beg
    Remerciement : Antoine Pelissolo, APHP
    Fablabchannel : Claire Leproust
    TV5MONDE : Hélène Zemmour, Cécile Quéniart
    Francetv slash : Tiphaine De Raguenel, Antonio Grigolini, Nelly Pintaud, Vanille Cabaret, Léna Sichez


    Transcription

    (sous-titre) Cette fois, j'ai été retrouvée Hélène en Mayenne pour parler de son long combat contre l'anorexie mentale. Hélène, à la base, c'était quelqu'un de très souriant, mais au fur et à mesure qu'elle a perdu du poids, elle a vu le regard des autres changer et elle s'est complètement refermée sur elle-même. Elle m'a dit que c'est quelque chose qu'elle avait eu du mal à supporter. Son truc pour aller mieux, c'était le yoga. J'ai rencontré quelqu'un de pétillant, tourné vers le bien-être et (...)

    (sous-titre) Cette fois, j'ai été retrouvée Hélène en Mayenne pour parler de son long combat contre l'anorexie mentale. Hélène, à la base, c'était quelqu'un de très souriant, mais au fur et à mesure qu'elle a perdu du poids, elle a vu le regard des autres changer et elle s'est complètement refermée sur elle-même. Elle m'a dit que c'est quelque chose qu'elle avait eu du mal à supporter. Son truc pour aller mieux, c'était le yoga. J'ai rencontré quelqu'un de pétillant, tourné vers le bien-être et j'ai trouvé son histoire super inspirante. C'est bon pour moi. L'année de mes 15 ans, je pesais 56 kilos et en l'espace de moins d'un an, j'ai perdu une vingtaine de kilos. Au début de l'année scolaire, j'ai dû aller chez mon médecin généraliste pour faire le certificat médical pour ma pratique sportive. Après m'avoir pesé et après avoir un petit peu observé ma courbe de poids et m'avoir posé pas mal de questions, il a apposé le mot anorexie. Je ne m'y attendais pas du tout. C'est vrai qu'on en entend parler de l'anorexie, mais ça reste encore très tabou. Pour moi, l'anorexie, je voyais des filles vraiment squelettiques, la peau sur les os et je me voyais mais pas du tout, du tout comme ça. Quand je me regardais dans le miroir, pour moi, je n'étais pas du tout anorexique. Forcément, j'ai commencé à pleurer. Le mot m'a choqué. Ma maman était avec moi dans le cabinet. Elle aussi s'est mise à pleurer. C'était le mot qui était très dur à entendre. Ce mot anorexie m'a hanté pendant dix ans. Au début, je me pesais une fois par semaine. Après, c'était deux fois par semaine. Et après, c'est devenu une fois par jour et pour finir, cinq ou six fois par jour. Dès que je pouvais, je me faisais pour contrôler ce chiffre sur la balance. C'est pour ça que toute ma vie a tourné autour de ça, je voulais que le chiffre diminue toujours, quitte à être sous-alimentée et à plus me nourrir. Je suis tombée dans l'engrenage de l'anorexie à cause de ce fameux chiffre. A chaque fois, je voulais le contrôler et qu'il soit toujours plus bas, sans forcément vouloir ressembler à ces stéréotypes des magazines. Etre en contrôle de quelque chose. Pour moi l'anorexie, c'est aussi la maladie du mensonge. On est constamment dans le mensonge envers soi-même et envers les autres. Il y a une soirée et la soirée commence à 19 heures. On arrive et on dit : "J'avais très faim, donc j'ai déjà mangé. J'ai beaucoup mangé au goûter", alors que je n'ai rien mangé du tout. On trouve toujours plein de subterfuges pour ne pas manger. Autant, il y a des personnes dans l'anorexie vont se faire vomir. Moi, ce n'était pas forcément le cas. Je cachais beaucoup ma nourriture. Je trouvais toutes les techniques possibles et imaginables pour que ce qui est dans mon assiette se retrouve ailleurs que dans ma bouche. Je regardais et quand on avait le regard tourné, hop, je mettais dans mes poches. Je n'en suis pas du tout fière, mais c'était ma technique pour justement ne pas me nourrir. Quand je me regardais devant le miroir, je ne me suis jamais trouvée maigre. Par contre, quand ça m'alertait, c'était quand mon frère me regardait dans le miroir ou quand on était dans la salle de bains, il me disait : "Tu as la peau sur les os". Je lui disais : "Mais non, n'importe quoi". C'est l'image qui m'a le plus choquée, il a pris mon bras avec sa main et il faisait le tour. Après, quand il a mis sa main comme ça, il fait : "Voilà, ton bras représente ça". Il avait des mots très durs, mais je pense sincèrement qu'il avait raison. Pour moi, c'étaient vraiment des électrochocs parce que mon frère m'a vraiment aidé dans la maladie. Il me regardait et il pleurait devant moi en disant : "Ce n'est pas possible. Tu es en train de te laisser mourir. Tu n'es plus qu'un squelette. Tu as la peau sur les os. On ne te reconnaît plus. Tu es moche comme ça". C'est vraiment à l'âge de 24 ans que je me suis dit la maladie, ça fait déjà neuf ans et je vais rentrer dans ma dixième année de la maladie. Dix ans, c'est énorme. Ça fait dix ans que je me gâche la vie avec cette maladie. J'ai découvert le yoga un peu par hasard quand je travaillais à Paris. Parfois, les étirements me faisaient mal parce qu'en étant en sous-nutrition, les muscles sont endommagés. Les os sont aussi endommagés aussi. Je pense que l'anorexie a totalement détruit mon corps pendant une période. C'était de plus en plus compliqué de faire du sport finalement. Et là, c'était une pratique plus douce entre guillemets, pour me reconnecter à mes propres sensations, à mes muscles, à mes ligaments, mes tendons qui s'étirent. Là, je pense que ça va faire un an que je ne me suis pas pesée. Je n'ai plus du tout envie d'avoir cette relation avec la balance. Donc chez moi, il n'y a pas de balance. Quand je vois tout le chemin parcouru par rapport au moment où j'étais au fond du fond, je me dis "je suis fière de mon parcours". Ça fait partie de mon histoire maintenant que je l'accepte. D'en parler, ça permet de l'accepter. Et maintenant, je l'accepte totalement. Ce n'est plus tabou. Je pense que c'est bon pour moi. Tu penses avoir fait le tour ? Oui, je pense. Je suis sortie un peu émue de ma rencontre avec Hélène. Si aujourd'hui, ce n'est plus tabou d'en parler, on voit vite que le sujet reste sensible. Dans ses conseils, elle parle aussi beaucoup du travail de la respiration et de la méditation. Et surtout, il faut que l'entourage reste attentif. Elle me disait ce n'est pas parce qu'on retrouve un poids acceptable aux yeux des autres, qu'on est sorti de l'anorexie pour autant. Le cycle s'arrête vraiment quand les repas ne sont plus un calcul constant des calories. Et ça, ça peut prendre un peu de temps. Si vous vous retrouvez dans l'histoire d'Hélène ou si vous pensez que quelqu'un de proche peut être concerné, il faut aller consulter. Il y a des signes qui peuvent être révélateurs de l'anorexie mentale, comme avoir tendance à se sous-alimenter, faire usage de produits laxatifs, se provoquer des vomissements ou encore montrer des signes d'hyperactivité. 

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    Publié le 30 oct. 2019
    00:06:25
    Disponible jusqu'au : 27 oct. 2024
    Tous publics
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