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  • L'invité

    Dick Annegarn

    Invité : Dick Annegarn, auteur-compositeur-interprète néerlandais.

    Dans son dernier album « 12 villes, 12 chansons », le chanteur Dick Annegarn reprend avec un grand orchestre ses chansons consacrées aux villes qui ont marqué son parcours de saltimbanque en dehors du système et fait de lui l'un des grands artistes de la chanson francophone.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Les autos claironnent, les enfants flûtent, les marteaux piquent. Vous vous baladez dans les rues que vous aimez, Dick Annegarn. Ça s'appelle "12 chansons", mais ce sont 12 villes, ce nouvel album. Vous qui chantez depuis 1972, vous les connaissez toutes, ces villes, vous aviez envie de les chanter ?

    C'est les petits matins, les paumés du petit matin. C'est la ville, moi je ne vois pas trop, mais j'aime pas non plus me lever tard. Coutances, oui, c'est un dimanche après-midi. Mais (...)

    Les autos claironnent, les enfants flûtent, les marteaux piquent. Vous vous baladez dans les rues que vous aimez, Dick Annegarn. Ça s'appelle "12 chansons", mais ce sont 12 villes, ce nouvel album. Vous qui chantez depuis 1972, vous les connaissez toutes, ces villes, vous aviez envie de les chanter ?

    C'est les petits matins, les paumés du petit matin. C'est la ville, moi je ne vois pas trop, mais j'aime pas non plus me lever tard. Coutances, oui, c'est un dimanche après-midi. Mais bon, c'est le matin, la boulangerie, toute cette poésie un peu de Prévert. C'est mon catalogue de Prévert.

    C'est quand on se réveille dans une ville. Puis vous, vous avez aimé passionnément des villes.  Évidemment, il y a Bruxelles. Bruxelles, j'étais un peu fâché quand même avec Bruxelles. Bruxelles, attends-moi, j'arrive, mais je vais quand même aller voir ailleurs, d'abord. Mais oui, ce sont des amours du matin. C'est-à-dire on a un peu oublié la tendresse, et on l'aime quand même. D'ailleurs, j'aime bien les chansons de vieux, comme Aznavour "Pour maigrir, fais un peu de sport", des choses comme ça. Et les villes, ce n'est pas un "j'accepte…"  Vous aviez envie de dire à Bruxelles : "Pour maigrir, fais un peu de sport" ?  Voilà, j'accepte que Bruxelles soit un peu fessue. Ce ne sont pas des villes élégantes, idéales. Ce sont des villes qui sentent un peu la frite, là en l'occurrence. Mais bon, il y a Coutances, il y a Karlsbad . Karlsbad , c'est un peu mon Marienbad à moi. C'est une partie de la Tchéquie avec des Angela Merkel partout. Ce n'est pas nécessairement la grande élégance.

    J'ai envie de revenir à Bruxelles, parce que vous êtes citoyen d'honneur de Bruxelles, Dick Annegarn, depuis cette chanson qui incarne la ville. On va l'entendre dans cet album. C'est un album qui est orchestré par Christophe Cravero. Voici "Bruxelles".

    Bruxelles ma belle Je te rejoins bientot Aussitôt que Paris me trahit Et je sens que son amour aigrit et puis Elle me soupçonne d'être avec toi le soir Je reconnais c'est vrai tous les soirs dans ma tête C'est la fête des anciens combattants d'une guerre Qui est toujours à faire



    Bruxelles, attends moi j'arrive

    Bientôt je prends la dérive

    C'est merveilleux d'entendre ça. C'est un grand orchestre qui vient accompagner "Bruxelles". Ça change tout ?

    Ce sont les Bulgares qui sont peut-être plus bruxellois que le petit quatuor parisien d'origine. Mais c'est vrai que Jacques Bedos, mon premier directeur artistique, il avait mis… On a quand même un peu les moyens. Marcel Azzola qui jouait sur le "Roi du métro", qui précédait "Bruxelles". Mais là, on a été enregistré à Sofia, avec des Bulgares. Moi, j'aime bien cette version-là parce qu'elle est un peu plus grasse, elle est un peu plus généreuse. Franchement, je ne voulais pas le mettre sur le premier album, je ne voulais pas mettre "Bruxelles". Grosse erreur, évidemment. C'est une chanson qui ne m'appartient plus. Ça appartient à Bruxelles. Si je suis citoyen d'honneur de Bruxelles, c'est que pour eux… C'est leur chanson. Je ne suis même pas Belge, vous voyez. Ils m'ont fait Belge pour l'occasion, mais j'aurais pu être Tchernobyl (inaudible).

    Vous êtes né aux Pays-Bas, mais vous avez grandi à Bruxelles.

    Oui, mais je n'ai écrit aucune chanson sur ma patrie, voyez- vous. Tous ceux qui revendiquent l'identité, etc, moi je suis Gascon, vous voyez. Aujourd'hui, je suis Gascon. Il y avait un Portugais, il disait : "Je suis plus Français que vous parce que j'ai choisi de venir là." Pourtant, je n'ai pas chanté Paris. J'ai chanté Lille, par contre. Sur l'album, il y a une chanson qui s'appelle "Lille".

     On retrouve Nogent-sur-Marne. On retrouve "Le blues de Londres". On retrouve toutes ces villes qui vous touchent, parce qu'elles vous inspirent.

    Une rue est émouvante. Une ville, ce n'est pas un guide… Ce n'est pas une carte postale.  Ce sont des parfums, des odeurs, des clameurs, des marchés. Je m'efforce à allumer la ville du matin. Les enfants qui courent comme ça parce qu'ils sont en retard. Tout ça, ça m'émeut. Bien sûr que c'est de la poésie. En même temps, on vous imagine toujours… Vous avez vécu sur une péniche, je crois. Vous avez été saltimbanque, tout le temps. Vous êtes chez vous partout.  J'étais surtout à la cave, camarade. C'est que pendant 15 ans, j'ai vécu en bord de Marne sans sécurité sociale. Et j'ai peut-être mieux appris ma vie là-bas qu'à l'Olympia. C'est-à-dire, la banlieue, oui, je l'ai respirée. Aujourd'hui, je suis paysan, j'écarte la terre. Je cherche tout ce qui est à peu près… Je ne suis pas un "gilet jaune", mais je suis quand même près des… Nous, la précarité, ça nous connaît, les artistes. On passe à l'Olympia. Après, on passe à l'écluse de Neuilly-sur-Marne et il n'y a personne. 

    Parce qu'en 1972, premier album, c'est déjà un succès, un triomphe même. Parce qu'il y avait "Bruxelles", il y avait "Sacré géranium". Il y avait des classiques. "Bébé éléphant". Vianney, il a une chanson où visiblement il parle un peu de moi.

    Voilà, on voyait la pochette avec toutes ces fleurs. Elle était jolie. Vous étiez beau.

    D'ailleurs, Raphaël chante "Bruxelles". Calogero… Des artistes beaucoup plus grands que moi, et des petits enfants, ils chantent mes chansons.  Angèle, me dit-on. Oui. "Bruxelles". Bashung, il a chanté "Bruxelles", avec Souchon. Je l'ai eu hier au téléphone.

    J'en connais un aussi qui a chanté "Bruxelles", c'est Dick Annegarn. J'ai envie de l'entendre encore un peu. Écoutez, avec cet orchestre, on va passer en privé. …duel celui qui oppose Paris névrose et Bruxelles abrutie Qui se dit que bientôt ce sera fini L'ennui de l'ennui Tu vas me revoir Mademoiselle Bruxelles Mais je ne serai plus tel que tu m'as connu Je serai abattu courbatu, combattu Mais je serai venu Bruxelles attends, j'arrive Vous pouvez toujours le dire : "Bruxelles, attends-moi, j'arrive." On a l'impression que vous allez arriver toujours, Dick. "Bébé éléphant", oui. Vous faites partie des murs.

    Oui. Non, mais à "Bruxelles"… On a été à l'Atomium il y a encore quelques semaines pour enregistrer des chansons wallonnes. Avec mon association, je retrouve ces villes-là aussi pour entendre des chansons du terroir. Les gens viennent chanter des chansons pour mon association. Donc, j'étais à l'Atomium il y a encore… Oui, j'y retourne.

     Quand on disait, Dick, vous êtes un artisan, un agriculteur de chansons. Vous fabriquez, vous faites naître des chansons. Vous les cultivez. 

    Oui, c'est marrant parce que Dylan et Alan Lomax qui faisaient du collectage, on dit du "field recording". "Field", c'est le chant, c'est la glaise.

    On va enregistrer dans la boue, on va enregistrer dans la glaise. J'ai été enregistrer en Bulgarie. On a, de temps en temps, la chance d'avoir des jolis studios qui brillent, mais la plupart du temps, oui, on est comme sur le terrain, oui. Merci, Dick Annegarn nous revient avec "12 chansons, 12 villes". C'est un nouvel album événement salué par toute la critique. On était ravi, Dick, de se retrouver. Une étape sur la route TV5 Monde, à la maison, pareil. Merci. Dick Annegarn ! Merci à vous.

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