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  • L'invité

    Cécile Pivot

    Invitée : Cécile Pivot, journaliste française.

    Dans « Battements de coeur » (éditions Babelio), Cécile Pivot remet au goût du jour le grand roman d'amour, à travers une histoire qui se joue des codes de la séduction.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Des battements de coeur qui font tellement de bien. Bonjour Cécile Pivot. Bonjour. C'est une joie de vous accueillir. On vous avait reçu avec Bernard Pivot. Vous aviez écrit un livre qui s'appelait Lire, cette passion de lire. Et voici votre premier roman, c'est un bonheur, chez Calmann-Lévy. C'est un roman qui parle d'amour. Pourquoi l'amour ? J'allais presque dire, c'est presque anachronique, dans le monde d'aujourd'hui, de parler d'amour.  C'est vrai que c'est un peu anachronique, je suis d'a (...)

    Des battements de coeur qui font tellement de bien. Bonjour Cécile Pivot. Bonjour. C'est une joie de vous accueillir. On vous avait reçu avec Bernard Pivot. Vous aviez écrit un livre qui s'appelait Lire, cette passion de lire. Et voici votre premier roman, c'est un bonheur, chez Calmann-Lévy. C'est un roman qui parle d'amour. Pourquoi l'amour ? J'allais presque dire, c'est presque anachronique, dans le monde d'aujourd'hui, de parler d'amour.  C'est vrai que c'est un peu anachronique, je suis d'accord. Parce que je trouve qu'il n'y a rien de mieux dans la vie, que l'amour. Ça nous fait vivre. Ça nous fait rêver. Ça nous fait respirer. Je pense que c'est la plus belle chose qui existe. Ça fait battre le coeur, c'est le titre de votre livre, Les battements de coeur entre deux personnages que rien, normalement, ne devrait rassembler. Tomber amoureux, il n'y a rien de mieux, absolument. Je trouve que leurs dissemblances ne sont pas importantes dans leur amour. Ils tombent amoureux et ils en rigolent. Quand ils font connaissance, ils se rendent compte qu'ils n'ont rien en commun. L'un aime les Bourgogne, l'autre les Bordeaux. L'un aime se lever tard, l'autre se lever tôt, mais ce n'est pas très grave. Il y en a qui préfère la ville, l'autre la campagne. Ils sont tout le contraire, l'un de l'autre. 

    Vous voyez bien que ça n'a plus beaucoup d'importance dans le livre. Ils font avec. Ce n'est pas très important. C'est Anna et Paul. Vous nous dites que l'amour, ce sont les contraires qui s'attirent. Ça peut être les contraires. Je pense que ce n'est pas le cas de tous les couples. Eux, c'est ça. Au départ, une vraie attirance, une attirance physique tout simplement, tout naturellement chez eux. En effet, au fil de la conversation,  ils se rendent compte qu'ils sont très différents, mais peu importe. Peu importe parce qu'ils sont en train de tomber amoureux. Ils n'ont pas le choix. On a l'impression que l'amour, on n'a pas le choix. Je pense qu'il y a des fois où on n'a pas le choix. C'est, à un moment donné, quelque chose qui frappe à la porte. Ce n'est pas vraiment un coup de foudre, les deux personnages, mais c'est quelque chose d'irrésistible quand même.

    C'est quelque chose d'irrésistible, qui ne fait pas peur à Paul mais qui fait peur à Anna. Je pense qu'elle a plus conscience. Elle sait que, où elle arrête tout de suite et ça va lui faire mal 48 heures, et elle passera à autre chose, peut-être un peu plus mais ce ne sera pas très grave. Si elle poursuit cette histoire, elle sait qu'elle peut y laisser des plumes. Je crois que c'est tout ce qui sépare, au long de cette histoire, Anna et Paul. Je crois qu'Anna vit une passion, pas Paul. Paul vit un grand amour. Il aime Anna, mais ce n'est pas une passion. Anna se met en danger. Paul ne se met pas en danger. Ils ont chacun eu leur vie. Il aimait un peu les pétasses, les amours d'un soir. Elle aussi, quelque part. C'était un peu ça. Elle avait eu un enfant autiste. Les  deux construisent quelque chose et changent de vie à partir du moment où ils se rencontrent. Ils décident de construire autre chose.

    Ils construisent autre chose. Ils se laissent un petit peu de temps avant de vivre ensemble. Je voulais vraiment raconter aussi ce qu'est une famille recomposée, comme il y en a plein. Je n'ai pas eu à aller chercher bien loin autour de moi pour ça. Je raconte vraiment deux personnes qui achètent ensemble une petite maison, qui vivent avec leurs enfants. Ils ont chacun deux enfants. Tout ce beau monde est réuni, quoique Paul a ses enfants moins fréquemment qu'Anna. Ça aussi, ça m'intéressait. C'était de raconter tous les heurts qu'il peut y avoir entre un couple et entre les enfants. C'est la vie quotidienne. A un moment donné, on vit cette passion. La question du roman est là, la trame est là, elle est extraordinaire, parce qu'on se dit, est-ce qu'il faut avoir mal pour aimer. Est-ce que l'amour peut supporter le mal ? Au bout d'un moment, qu'est-ce qui déraille ? Ce qui m'intéressait, je reviens juste à la genèse de ce livre, je voulais vraiment raconter une séparation. C'est ça qui m'intéressait au départ. Ce n'était pas la rencontre. Je voulais vraiment raconter l'histoire, rentrer dans la psychologie d'une femme et raconter, je l'appelle comme ça dans le livre, le grand effondrement, une femme qui s'effondre. C'est ça qui m'intéressait. C'est une femme qui est forte, qui est plutôt autoritaire, qui réussit bien sa vie. Editrice. Qui aime son travail et qui s'effondre. Pourquoi. Parce qu'il y a une fragilité chez cette femme. Il y a une fragilité qui vient de son enfance. Il y a une fragilité qui vient du fait qu'elle a un enfant handicapé. Cette fragilité, un jour, resurgit. Ce jour-là, elle en demande plus à Paul. Elle voudrait que Paul la rassure tout le temps. Et Paul, à ce moment-là, n'est pas vraiment là. C'est un peu, tu m'ennuies, Anna. Mais oui, je t'aime. C'est un rien qui fait tout basculer. Absolument. On ne racontera pas la fin, toute la suite de ce roman. Il y a peut-être une fuite, une envie de dire je vais, à nouveau, changer de vie. Mais est-ce possible après un grand amour ? Tout le titre prend son sens. Anna, pour moi, c'était ça. C'est pour ça que c'est plus un portrait de femme. Beaucoup de femmes sont comme ça. En couple, elles ont souvent besoin qu'on les rassure. Elle remarque plus que les hommes, quoiqu'il y a des hommes qui le remarquent aussi, tous les petits changements de la vie au quotidien, tout ce qui peu à peu dérape, qu'on oublie de faire. Tout d'un coup, Anna, tout ça lui saute à la figure. C'est ça qui se passe. Tout ça lui saute à la figure. Tout ce qui, au fil des années, a disparu entre eux. Elle voudrait revenir à ces choses-là. Ce n'est pas possible. Je crois que ça n'est pas possible de revenir à ses preuves d'amour. Est-ce qu'on peut décider d'aimer ? A un moment donné, est-ce qu'on peut décider de ne plus aimer ou d'oublier ?  Est-ce qu'on maîtrise tout ça ? Ces battements de cœur que l'on ne maîtrise pas. Est-ce qu'on maîtrise ? Je ne sais pas. Je n'en sais rien. Ce qui est beau, ce sont ces battements de coeur, parce que ce sont deux coeurs qui battent ensemble, qui battront toujours ensemble. Ils battront toujours ensemble, mais pas à la même allure, comme je le dis dans le dernier chapitre. Ils battront toujours ensemble. Je pense qu'il y aura toujours, entre Anna et Paul, même s'il se rencontre dix, quinze ans plus tard, ils iront instinctivement l'un vers l'autre. Ils se reconnaîtront. Le temps aura passé. Ils ne seront plus ensemble peut-être, ils ne s'aimeront plus peut-être, mais ils se reconnaîtront.

    C'est un très beau roman, un premier roman de Cécile Pivot. Des battements de cœur. Vraiment, vous êtes sûre qu'ils ne battent pas ensemble. Ils battent ensemble, puis… On ne racontera pas la fin, mais ça compte quand même, ce bruit des coeurs qui battent. C'est beau. C'est une musique. C'est quoi ? C'est quoi ? Dans mon livre, je ne vias pas raconter ce qui se passe à la fin, mais c'est très romanesque. C'est un adieu très romanesque. L'idée de cet artiste qui a fait ça,  je suis très mystérieuse, qui s'appelle Christian Boltanski, je trouve que c'est une idée magnifique. Pour en savoir plus, il faut lire Des battements de coeur, publié chez Calmann-Lévy. Merci beaucoup Cécile Pivot. C'était un plaisir. Merci à vous. 

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    00:08:13
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