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  • L'invité

    Alain-Fabien Delon

    Invité : Alain-Fabien Delon, mannequin et acteur français.

    Alain-Fabien Delon, le fils de l'acteur français Alain Delon, publie « De la rage des seigneurs », un premier roman à la fois incisif et tendre, où tout semble correspondre à la réalité de sa propre vie. Une vie agitée de « fils de » à laquelle on le ramène en permanence.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Alain-Fabien Delon. Bonjour. Vous êtes mannequin, écrivain maintenant, acteur et surtout romancier et ce livre, de "La race des seigneurs", c'est un livre bien sûr, on l'imagine, très personnel. Au fond, c'est transformer les mots, les peurs en histoire, et l'envie de raconter.

    Ecrire pour se libérer d'un passé, écrire pour avancer, aussi pour s'amuser et pour vivre. Oui. On a besoin d'écrire pour vivre, au fond ? Ce n'est pas forcément écrire pour vivre, c'est vivre… enfin (...)

    Bonjour Alain-Fabien Delon. Bonjour. Vous êtes mannequin, écrivain maintenant, acteur et surtout romancier et ce livre, de "La race des seigneurs", c'est un livre bien sûr, on l'imagine, très personnel. Au fond, c'est transformer les mots, les peurs en histoire, et l'envie de raconter.

    Ecrire pour se libérer d'un passé, écrire pour avancer, aussi pour s'amuser et pour vivre. Oui. On a besoin d'écrire pour vivre, au fond ? Ce n'est pas forcément écrire pour vivre, c'est vivre… enfin en écrivant on vit, en vivant, on écrit ou on compose ou on crée et ce n'est pas forcément juste écrire, c'est vraiment de la création de bout en bout, que ce soit dans le cinéma ou dans l'édition, c'est créer.

    Oui. Dans les remerciements du livre, il est écrit "transformer les peurs en mots".

    Oui. C'est vrai ? Il y a des peurs qu'on a envie de transformer en mots ? 

    Bien sûr, si… bien évidemment mais c'est toujours dur de mettre un point ou un mot sur une peur ou quelque chose qui vous attriste ou vous n'arrivez pas souvent à l'exprimer ou du moins à le noter. Après, c'est un roman qui traite majoritairement de la peur, peu importe quelle peur, la peur de l'amour, la peur de son père, la peur d'être heureux, enfin la peur de l'émancipation, enfin tout plein de choses, tout plein de peurs  donc il n'y a que ça.

    Le narrateur, il a un père qui est très connu, qui est comédien, qui remplit de son aura les espaces là où il arrive, etc., et lui, cet enfant qui grandit dans cet environnement- là, il veut être. Il veut exister.

    Il veut exister par soi mais aussi dans le regard de ses pairs. Enfin, il ne sait pas non plus comment est-ce qu'il va y arriver mais il se pose les bonnes questions et la rencontre avec (inaudible) le psychiatre, la rencontre fortuite avec le psychiatre va lui permettre justement de se poser les bonnes questions pour avancer et pour se faire une idée claire de comment avancer dans sa vie et laisser derrière justement toutes ces choses qui le hantent et qui le détruisent à petit feu.

    Oui. Le livre commence par des scènes dans Paris, des scènes de violence quelque part au fond avec un ami, il y a la dope, il y a tout ça. Il y a cette réalité  ? C'est un ami sans vraiment être un ami parce que plus loin, vous voyez que c'est un ami comme on aime bien les appeler pour être accompagnés. C'est plus une connaissance que le narrateur a rencontré quelques jours avant pour un casting. Oui, il y a effectivement cette violence, cette autodestruction aussi. Et c'est vraiment pour marquer le coup qu'il serait même prêt à… déjà il s'autodétruit, il serait même prêt à détruire autre. Mais après, enfin je ne vais pas vous dévoiler la fin, même si vous l'avez déjà lu mais pour les téléspectateurs, à la fin vous comprenez que c'est un jeu.

    Oui. C'est un jeu, c'est un Delval, parce que son père s'appelle Delval, Alexandre Delval. Il a le même prénom et au fond, il est entraîné dans cet univers-là aussi par rapport à son père. On le renvoie à son père au fond.

    Tout à fait mais bon, après, dans ce genre de famille si je puis me permettre, c'est très compliqué de ne pas être renvoyé à la puissance et le charisme d'une méga star. Mais le narrateur, lui j'imagine, il ne le voit pas, enfin j'imagine, il ne le voit pas de cette manière là car il naît dedans. Il baigne dedans depuis qu'il est né donc c'est malgré lui, il voit les choses qui pour lui sont peut-être normales, qui en les racontant, on se rend compte qu'en fait, ce n'est pas du tout normal ou que bref… C'est écrit d'une plume ciselée, des phrases courtes. C'est d'un rythme intense. C'est à votre image, c'est au fond quelque chose qui jaillit comme ça, c'est une écriture presque automatique, instinctive. On dirait ça finalement, on écrit avec l'instinct.

    Pour pas vous mentir, je l'avais imaginé, à la base, c'était vraiment une… vu que je suis plus issu du milieu du cinéma et j'avais des idées en tête par rapport à des choses que j'ai vues ou que j'ai entendues et j'avais des images qui me revenaient quand même très souvent avant de m'endormir où je voyais des scènes si vous voulez, je voyais vraiment des scènes et ensuite, c'était comment est-ce qu'on traduit ces scènes et on en compose une histoire ? Comment est-ce qu'on fait vraiment une histoire ? C'est de là vraiment, je pense, que vous vient cette impression qu'on est comme dans un polar. C'est comme dans un film parce que c'est vraiment (inaudible). Il y a une urgence. Voilà, il faut que vous soyez pris dans le truc. Oui. Et que du début à la fin, vous vous imaginiez tout, vous puissiez voir le bureau du psy, vous puissiez voir l'accident, vous puissiez voir tout. Il faut que vous puissiez vous l'imaginer en fermant juste les yeux et si vous réussissez à avoir ce film en lisant ce livre, c'est que j'ai gagné. C'est tout.

    Oui, il y a le rythme, il y a la vitesse et on sent effectivement cette vie qui fonce comme ça, peut-être vers le mur mais qui fonce. (inaudible). Merci Alain-Fabien Delon. Vous avez fait plein d'interviews à la télévision et on vous a toujours parlé d'autre chose que votre livre. On vous a vu parfois agacé. C'est vrai ? 

    Ce n'était pas de l'agacement, c'était plus du stress, du stress dû aux gens qui étaient autour, le public et tout, je ne suis pas forcément habitué à ça. C'est parce que vous parlez de votre propre vie et on va le dire, de votre propre père.

    En fait, j'aurais pu en discuter, je pourrais discuter avec un journaliste si on est seuls, éventuellement, de ma vie privée, personnelle, mais quand il y a des gens qui sont là autour de moi et d'autres invités, je ne vois pas où est la pertinence. Je vois pas surtout, compte tenu du fait qu'il y a un roman sur la table, il y a un film qui est sorti il y a un mois, bon, il y a du matériel et de me rappeler constamment et de me ramener et de me rabaisser à n'être que la progéniture d'un grand comédien, c'est assez triste et assez décevant surtout quand vous essayez justement de vous en sortir et d'essayer d'apporter un produit qualitatif plutôt que de la daube.

    Oui mais vous n'êtes pas quelqu'un qui se laisse faire quand même.

    Non du coup mais apparemment, c'est aussi à mon désavantage parce que… On vous a critiqué de ça ? On a dit que j'étais hautain. On a dit que j'avais un plus gros melon qu'Alain Delon. Ah oui ! Du coup, on trouve ça assez marrant parce que 45 ans après, ils la ressortent encore. Vous lui ressemblez alors pour le coup alors. Oui mais enfin là, on parle… si vous voulez, je trouve ça assez difficile mais rien à voir, mais qu'on me dise "il a un gros melon que son père" alors que quand même… C'est dur à atteindre. Ouais quand même, s'il vous plaît. Mais non, ce n'est pas de l'agacement, c'est aussi parce que par exemple une émission sur la 2 que j'appréhendais vraiment énormément, elle s'est passée très bien plus ou moins et on m'a complimenté justement sur le fond. On n'a pas pu vraiment rentrer dans les détails de l'histoire comme aujourd'hui avec vous mais moi, j'étais déjà conditionné, si vous voulez, à me faire dézinguer alors qu'au final, pas du tout. Donc je viens en étant stressé, en mettant ma carapace, en mode défensif. Et ça passe ou ça casse. Au début c'était un peu tendu et après, je me suis un peu détendu et je pense aussi qu'avec le recul et avec l'âge et l'expérience, j'apprendrai à mieux m'en sortir sur les plateaux.

    Non non. Restez comme vous êtes.

    Eh ben merci beaucoup. Non on vous aime comme ça. Cette fragilité, c'est ça qui est formidable. Et ce livre, c'est le meilleur moyen de vous connaître, de connaître personne d'autre que vous, Alain-Fabien Delon, et c'était lui qu'on recevait aujourd'hui et personne d'autre.

    Merci beaucoup. Merci beaucoup Alain-Fabien d'avoir été notre invité. Merci à vous. 

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    00:08:01
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