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  • L'invité

    Lisa Azuelos

    Invitée : Lisa Azuelos, réalisatrice et femme de lettres française.

    La réalisatrice Lisa Azuelos est de retour vingt ans après le succès de son film « LOL ». « Mon bébé » est une comédie populaire qui met en scène Sandrine Kiberlain et sa propre fille, Thaïs Alessandri. Le portrait tendre d'une femme d'aujourd'hui, avec ses forces et ses fragilités.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Lisa Azuelos. Bonjour. Quelle comédie ! Quel bonheur de vous retrouver, diux ans après LOL, le triomphe à l'époque avec Sophie Marceau, voici maintenant Sandrine Kiberlain et votre propre fille à l'affiche de Mon bébé qui arrive sur les écrans. C'est votre bébé, ce film ? Oui, c'est mon bébé. Tout est mon bébé. Je je crois que je suis assez maternante. Les acteurs, les comédiens sont vos bébés. Vous les conduisez comme vos enfants. Et les techniciens aussi. Ce sont mes bébés. Je leur fai (...)

    Bonjour Lisa Azuelos. Bonjour. Quelle comédie ! Quel bonheur de vous retrouver, diux ans après LOL, le triomphe à l'époque avec Sophie Marceau, voici maintenant Sandrine Kiberlain et votre propre fille à l'affiche de Mon bébé qui arrive sur les écrans. C'est votre bébé, ce film ? Oui, c'est mon bébé. Tout est mon bébé. Je je crois que je suis assez maternante. Les acteurs, les comédiens sont vos bébés. Vous les conduisez comme vos enfants. Et les techniciens aussi. Ce sont mes bébés. Je leur fais des câlins.  C'est pour ça qu'on sent une telle ambiance dans cette histoire. On va évidemment raconter l'histoire, mais c'est pour ça qu'on sent qu'il y a une osmose, qu'il y a un tel plaisir à jouer. 

    C'est ma marque de fabrique. Quand je fais un diner, les gens ne veulent pas partir, et quand je fais un film, les gens ne veulent pas le quitter. J'espère que les gens voudront aller le voir aussi parce que c'est la dernière étape. Il y a dix ans, LOL, c'était l'éveil à l'amour avec une maman possessive. Cette fois-ci, la maman est toujours un peu possessive et elle voit le fruit de son amour qui va peut-être la quitter, voler de ses propres ailes, quitter le nid. C'est un autre sujet. LOL, c'était vraiment sur la claque qu'on peut prendre, comme parents, quand les petits enfants qui sont tout mignons, tout mous, tout roses, deviennent des ados qui peuvent nous insulter du jour au lendemain. C'est un choc. Là, c'est le dernier enfant qui va quitter la maison, qui va laisser une maison vide. En plus, je parle d'une famille monoparentale. Héloïse est célibataire. Elle élève seule ses trois enfants. C'est vraiment un film sur la séparation, mais aussi sur une nouvelle étape dans la vie de cette femme.  C'est tellement beau. Ça ,fait du bien. Regardez, ça s'appelle Mon bébé.  Arrête de me filmer. C'est quoi ce nouveau délire ? Je me fais des souvenirs. Pourquoi ?  Quand tu seras partie. Tu sais qu'elle est acceptée, ta soeur ? Où ? Au Canada ? Ah cool, c'est bien. Elle va te manquer, ne crois pas. Maman, arrête de me filmer. Et moi, pourquoi tu ne me filmais pas ? La fatigue. C'est juste que quand tu es partie, il m'en restait deux à la maison. Là, elle part et je suis toute seule. Ce n'est pas tellement la même sensation. Non, tu n'en avais rien à foutre de moi en fait. Tu m'emmerdes. L'ingratitude. Salut. On est là pour tout, pour tout, pour tout. Vous voulez de l'aide pour la fumette ou comment ça se passe ? Non, tu ne sors pas chérie. Tu es irresponsable. Je suis affolée, là. Je vais m'inscrire à Tinder. Tu es totalement folle. C'est quoi ton prénom ? Je m'appelle Héloïse.  Il m'attend là-bas. Ne te retourne pas.

    C'est tellement bien. Moi qui aie vu le film, j'ai envie de le voir à nouveau. On a envie de repartir à partir de la bande-annonce. Elle est géniale, Sandrine Kiberlain dans ce rôle d'Héloïse. C'est une maman. Elle essaie de se brancher avec le téléphone portable qu'elle perd parfois. Elle fait toutes sortes de choses en même temps, y compris peut-être refaire sa vie alors que son enfant va bientôt partir.

    C'est une maman qui est débordée et qui est débordante. Je crois ce que les gens un peu politiciens appellent la charge mentale. J'en fais un film qui parle justement du fait que quand on est maman de trois enfants,  on a beaucoup, beaucoup de feux à gérer. C'est lourd, et en même temps, c'est ça qui donne une vie, c'est ça qui nous tient en vie, c'est cette vitalité que nous amènent les enfants, le fait de se battre pour eux, le fait de vouloir que tout se passe bien, c'est ça qui nous maintient. C'est aussi ça qu'on a peur de perdre quand ils vont partir, c'est qui va nous maintenir debout. Pour qui on va se lever le matin ? C'est là qu'il faut apprendre à se lever le matin pour soi, la joie de vivre pour soi, réintégrer tout l'amour qu'on a reçu d'eux pour soi-même. Ce qui est extraordinaire, c'est que c'est votre propre fille, Thaïs Alessandrin, qui joue le personnage avec vous, qui a peu la même histoire, votre histoire, et un peu celle de Sandrine Kiberlain aussi. C'est l'histoire de plein de gens. On a créé un personnage hybride avec Sandrine. On l'appelle le Cendrisa ou alors le Lisadrine. C'est Héloïse. Sandrine m'a mieux joué que moi parce que c'est vrai que c'est proche de mon histoire, mais elle y a amené toute son histoire aussi puisqu'elle vivait exactement la même chose au moment où on a tourné le film. Du coup, ça permet de créer un personnage qui est moi, elle, et finalement tout le monde. Tout le monde peut s'y retrouver. Evidemment, il y a Thaïs et le personnage, Victor Belmondo, qui joue. C'est le petit-fils de Jean-Paul que vous dirigez. Il y a Patrick Chesnais, Yvan Attal, des comédiens formidables. C'est jouissif quelque part, cette histoire-là.

    J'avais toujours un peu la pudeur de dire des choses très profondes avec de l'humour et de la légèreté. D'abord, je trouve que les gens peuvent entendre mieux. Le coeur est mieux préparé a d'abord rire puis pleurer, que le contraire. J'aime bien utiliser l'humour comme support d'émotion, quelle que soit l'émotion. L'humour qui fait passer des émotions et de la tendresse aussi. Il y a beaucoup de tendresse dans l'ensemble des personnages. Je suis une hugging director, c'est-à-dire que je fais des câlins toute la journée à mes acteurs, à mon équipe technique. Mon histoire, j'ai envie qu'elle câline les spectateurs. Mon but, quand je fais un film, c'est que quand les gens vont au cinéma, qu'ils ressortent plus heureux qu'ils n'y sont rentrés. C'est mon but. Il y a beaucoup d'amour, tout simplement. A un moment, elle dit que peut-être que tout l'amour que je donne à mes enfants, j'en ai plus assez pour en donner à quelqu'un d'autre. C'est un peu un choix, finalement.

    Normalement, ça ne devrait pas être un choix, mais parfois, ça l'est. Parfois, on ne se rend pas compte. On est tellement nourri par cet amour qu'on leur donne et qu'on reçoit d'eux, parce que même quand ils nous embêtent, on reçoit beaucoup d'amour des enfants, qu'on ne va pas forcément chercher ailleurs quand on a un travail, une vie sociale, des amis. On la voit filmer avec son téléphone, la maman. On a l'impression qu'elle veut arrêter le temps parce qu'il y a cette notion du temps qui file. Elle a envie de filmer, de garder tout ça, ses enfants, son père malade. Elle a envie de garder sa vie.

    C'est aussi une réflexion sur la nouvelle mémoire dans ces temps 2.0. C'est comme si aujourd'hui, la mémoire était devenue un disque dur externe, mais comme on n'a pas appris à se concentrer sur nos émotions, sur notre conscience, on met tout sur le dos du téléphone et de la mémoire externe. Mais qu'en est-il de notre mémoire intérieure ? Quand elle perd son téléphone, elle se rend bien compte que sa fille est toujours là, qu'elle n'a pas perdu sa fille, mais elle a peur d'avoir perdu sa fille parce que tous ses souvenirs sont déjà envolés. C'est une réflexion aussi sur comment on traite nos souvenirs et notre futur avec ce petit objet dans lequel on met tout. Peut-être qu'on en met un peu trop, d'ailleurs. C'est aussi un portrait de femme moderne, une héroïne qui arrive un jour à se dire, j'ai fait ce qu'il fallait. Ma fille prend son envol. C'est beau.  C'est vraiment mon but quand je fais du cinéma, c'est de tourner des héros de la vie quotidienne. Souvent, mes héros sont des femmes, j'avoue, parce que souvent, les projecteurs ne sont pas tournés vers elle. Je tourne mes projecteurs, ma caméra, mes yeux, mon amour et mon cœur vers les femmes parce que les mères sont des héroïnes de la vie du quotidien. Personne n'est jamais là pour leur dire, qu'est-ce que tu fais bien. Aujourd'hui, après ta journée de boulot, tu es allé acheter à manger pour cuisiner. Tu as trouvé cette force-là, mais c'est miraculeux. Ce n'est pas un dû. Ce n'est pas un devoir. C'est quelque chose que tout le monde fait un peu avec le cœur, mais quand même, c'est de l'effort. Je voulais faire un film. J'aimerais bien que le film marche pour dire que nous, les femmes, si souvent silencieuses, on est quand même une force vive dans ce pays. Je touverais ça intéressant.  Si vous voulez un film, une comédie où vous êtes sûr de passer un bon moment et d'en ressortir heureux, allez voir Mon bébé, le nouveau bébé de Lisa Azuelos. Merci beaucoup. C'est le bébé de tout le monde. C'est ça que je voulais dire. Merci Lisa Azuelos d'avoir été notre invitée. Merci beaucoup. Merci.

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