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  • L'invité

    Olivier Gourmet

    Invité : Olivier Gourmet, comédien belge.

    Le comédien belge Olivier Gourmet est exceptionnel dans « Une intime conviction », où il incarne l'avocat Éric Dupont-Moretti dans une reconstitution cinématographique de l'affaire Viguier. Une plongée au coeur d'une bataille judiciaire, où le destin d'un homme se joue sur la foi d'une intime conviction et au terme d'un combat acharné.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Olivier Gourmet. Bonjour. Quel film et surtout de quel personnage, "Une intime conviction" aux côtés de Marina Foïs, ce film d Antoine Raimbault où vous êtes un avocat, un avocat célèbre, c'est Eric Dupond-Moretti, une affaire qui a existé réellement, celle de François Viguier et où vous incarnez un homme qui va se battre quelque part pour que la justice soit là mais la justice, j'allais dire, doit se contenter aussi du doute.

    C'est un film sur l'apologie du doute, c'est-à- (...)

    Bonjour Olivier Gourmet. Bonjour. Quel film et surtout de quel personnage, "Une intime conviction" aux côtés de Marina Foïs, ce film d Antoine Raimbault où vous êtes un avocat, un avocat célèbre, c'est Eric Dupond-Moretti, une affaire qui a existé réellement, celle de François Viguier et où vous incarnez un homme qui va se battre quelque part pour que la justice soit là mais la justice, j'allais dire, doit se contenter aussi du doute.

    C'est un film sur l'apologie du doute, c'est-à-dire qu'à partir du moment où il y a un doute, on ne peut pas condamner un homme, parce qu'ici, c'est quand même une affaire singulière. Il y a un homme mené sur le banc de l'accusation pour meurtre alors qu'il n'y a pas de cadavre et pas de preuve matérielle donc c'est assez aberrant, déjà qu'il n'y ait pas de cadavre. Oui. Accuser quelqu'un de meurtre alors qu'il n'y a pas de cadavre, c'est presque de la science fiction. Et donc cet avocat… Oui et pourtant il risque d'être condamné. Oui puisqu'il est une première fois jugé et le parquet va faire appel de ce premier procès qui est l'acquittement. Donc le parquet fait appel d'un acquittement, alors que c'est déjà aberrant d'avoir amené cet homme sur le banc des accusés comme je disais. Et il sera acquitté une deuxième fois donc deux fois, la justice emmène cet homme devant une cour d'assises et c'est assez aberrant et singulier de ce cas. Heureusement, ce n'est pas toujours comme ça. Et c'est tout le problème de l'intime conviction. Comment on se forge cette intime conviction et tous les travers que ça peut avoir parce que l'intime conviction est souvent fondée sur des choses que vous n'avez pas à préciser et qui se forgent sur, hélas dans ce cas ici, surtout sur une rumeur au point que même l'enquête policière va être menée en partie fondée sur une rumeur. Cela revient pratiquement à un thriller. Regardez, "Une intime conviction".

    Maître Dupond-Moretti, c'est moi qui vous ai contacté à propos de l'affaire Viguier. Je viens vous proposer de reprendre l'affaire.

    Si je prends une affaire, je commence par lire le dossier.  Je vous parle d'une erreur judiciaire, là. Monsieur Viguier, vous avez mis trois jours à déclarer la disparition de votre femme.

    En vrai, ils ne savent même pas si elle est morte. Si ça se trouve, elle est partie. Il n'y a pas de cadavre, il n'y a pas de mobile. Vous êtes qui alors ? Je suis une amie de la famille. Il dit qu'ils n'ont aucune preuve mais toi non plus, tu ne peux pas être sûre.

    Pourquoi s'est- il débarrassé du matelas sur lequel dormait son épouse ? 

    Suzy voulait divorcer. Jacques ne l'a pas supporté.

    On s'appuie sur des témoignages et tout amène à Monsieur Viguier, à la piste conjugale.

    Il n'y a pas de justice sans injustice. Au fond, l'injustice fait partie du processus judiciaire, Olivier Gourmet ? Pas toujours heureusement mais elle peut de fait être injuste. Et il y a probablement en prison des gens innocents qui ont été condamnés, manque de preuves et qui ont eu une condamnation uniquement fondée sur l'intime conviction. Voilà ce que je disais juste avant, le danger de cette intime conviction, sur quoi elle est fondée et sur les dangers de la médiatisation parfois d'une affaire qui peut amener l'affaire là où elle ne devrait pas aller, l'enquête même là où elle ne devrait pas aller, empêcher les gendarmes, enfin empêcher ou en tout cas dérouter les gendarmes des pistes qui n'ont pas été explorées, qu'ils auraient pu parce que Suzanne Viguier aujourd'hui, on ne sait toujours pas, on ne saura peut-être probablement jamais mais elle aurait très bien pu aussi disparaître, partir refaire sa vie, faire une mauvaise rencontre, être rentrée, être ressortie, faire une mauvaise rencontre ou peut-être elle n'est jamais rentrée ce soir-là. On ne saura jamais.  Oui oui, vous êtes, je disais, Dupond-Moretti, vous êtes cet avocat dans cette affaire et il y a un personnage à côté interprété par Marina Foïs, c'est Nora qui elle, est convaincue de l'innocence de cet homme et qui va faire, j'allais dire presque jusqu'à la folie, va faire pression sur cet avocat et quelque part, il y a une sorte d'irrationalité. Complètement, oui, c'est le point de vue, c'est la ligne conductrice du film qui amène la fiction et qui amène la dimension cinématographique dans le film parce que faire un film sur un procès et rester uniquement enfermé dans la salle d'audience, ça peut être vite didactique et vite peut-être ennuyeux. Mais Antoine a eu l'intelligence de parler de la justice tout en remettant un regard différent en créant ce personnage totalement fictif et à la fois aussi composé quand même de choses très concrètes parce qu'Antoine Raimbault, le réalisateur, a suivi les deux procès donc était complètement immergé par cette affaire, avait recueilli un grand nombre de documents, de témoignages. Il a fait filmer lui-même personnellement, presque pour un documentaire personnel, la famille Viguier dans les coulisses du tribunal, etc. Il a composé ce personnage de Nora de choses concrètes, c'est-à-dire à la fois un peu de lui, puisque lui était rentré au cours de ces deux procès en… comment dire, en sympathie avec la famille Viguier, avec les enfants, avec la compagne à l'époque, maîtresse de Jacques Viguier, Emilie, et avait, au nom de la famille, démarché auprès d'Eric Dupond-Moretti pour qu'il accepte la défense de Jacques Viguier en appel. C'est un mélange aussi de cette Emilie justement qui était la compagne de Viguier qui a porté et qui a défendu cet homme parce qu'il est singulier, il a un problème de santé, il est bipolaire donc il est parfois totalement n'étant pas en mesure de se défendre lui-même. Elle a porté à la fois Jacques Viguier, toute la famille, les enfants qui étaient plus petits à l'époque au moment de l'arrestation, parce qu'il a fait neuf mois de prison quand même et puis il a attendu neuf ans le procès, c'est très long, et un mélange de jurés qu'il a interrogés après le procès sur comment ils avaient vécu l'affaire, etc. Il en a fait un personnage fictif qui remet en point de vue la justice, comment elle se passe, on découvre comment la justice française fonctionne, comment elle peut dysfonctionner et tout le danger de cette intime conviction et tout le bénéfice du doute qui heureusement, la justice a été rendue, comme le dit Dupond-Moretti, il dit : "Vous rendrez justice, vous aurez jugé mais vous n'aurez pas rendu la justice".

    Oui. Je m'adresse évidemment à l'acteur Olivier Gourmet, interpréter un avocat et une plaidoirie incroyable à la fin du film, c'est fidèlement se mettre dans la peau de cet homme qui a entre ses mains, il peut faire basculer un destin. Comme vous le dites, parce qu'on pose souvent la question, c'est quoi, la corrélation, les ressemblances entre un avocat et un acteur, vous ne trouvez pas que c'est un peu la même chose ? Je dis si, de fait, il faut convaincre des personnes, ici en l'occurrence un avocat, des jurés. Mais je dis au-delà de ça, nous, c'est pour le plaisir, c'est du divertissement. Un avocat quand il prend la parole dans une plaidoirie, il y a le destin d'un homme ou d'une femme qui est en jeu donc une vie peut être brisée ou une vie peut peut-être commencer, et là vient toute la charge évidemment émotionnelle et affective quand un avocat prend la parole. Et j'ai été marqué, moi, par ce profond sens commun, bon sens commun d'Eric Dupond-Moretti. Vous êtes allé le voir en plaidoirie pour vous inspirer.

    Oui, je l'ai suivi pendant deux jours et demi sur un procès à Melun. Et puis je l'avais déjà vu parce que je suis un peu friand de tout ce qui est judiciaire, roman polar, judiciaire et affaires qu'on voit à travers différentes émissions télé sur des faits judiciaires. Et je l'avais déjà, moi, un peu entendu et connu sur l'affaire d'Outreau où il a commencé à être un tant soit peu médiatisé. J'avais déjà senti chez cet homme une véritable empathie pour l'humain, pour essayer de comprendre, de défendre mais vraiment toujours dans ce sens humain, et en appliquant concrètement ce dont il se fait un peu le fer de lance encore aujourd'hui parce qu'il le répète souvent, que le doute bénéficie à l'accusé. Oui, et il dit ou il cite quelqu'un qui dit "La justice, c'est cette erreur millénaire qui veut que l'on ait attribué à une institution le nom d'une vertu". Oui, de son maître qui était Alain Furbury, qu'il a imité, enfin c'était un de ses maîtres dont il a gardé… il a un vignoble, je ne sais plus, dans le Sud-ouest de la France et il l'a appelé parce qu'un jour, on était au restaurant tous les deux et il dit : "Tiens, on va boire tel vin". On fait un petit vin avec lui seul mais avec d'autres copains, là dans le Sud-ouest je pense, et me dit : "Je l'ai appelé Furbury en souvenir de mon maître de l'époque".

    Merci beaucoup Olivier Gourmet. Ce film est absolument captivant, formidable, ça s'appelle "Une intime conviction" de Antoine Raimbault, à vos côtés, Marina Foïs absolument hallucinante, merci c'était un plaisir Olivier Gourmet de vous recevoir, à bientôt. Merci à vous avec plaisir.

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    00:08:18
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