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  • L'invité

    Armand de Rendinger

    Invité : Armand de Rendinger, consultant international pour l'olympisme.

    Comment Paris a gagné la bataille des JO 2024 ? Armand de Rendinger répond.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est historique, la flamme olympique va revenir à Paris. Armand de Rendinger est expert consultant international pour l'olympisme, merci d'être avec nous. Cette image a fait le tour du monde, on y voit la maire de Paris, Anne Hidalgo, Tony Estanguet et puis les représentants des Etats-Unis. Paris, ce sera pour 2024 et les autres viendront après. On peut le dire, vous Armand de Rendinger, qui avez accompagné 12 candidatures pour des Jeux Olympiques, que cette fois c'est une équipe gagnante.
    (...)

    C'est historique, la flamme olympique va revenir à Paris. Armand de Rendinger est expert consultant international pour l'olympisme, merci d'être avec nous. Cette image a fait le tour du monde, on y voit la maire de Paris, Anne Hidalgo, Tony Estanguet et puis les représentants des Etats-Unis. Paris, ce sera pour 2024 et les autres viendront après. On peut le dire, vous Armand de Rendinger, qui avez accompagné 12 candidatures pour des Jeux Olympiques, que cette fois c'est une équipe gagnante.

    Oui, c'est une équipe gagnante et pour la France c'est exceptionnel parce que nous avons été 5 fois candidat depuis 1962, avec Lyon contre Mexico, ensuite 3 fois Paris, Lille en 2004 et à chaque fois nous avons perdu. Et nous avons perdu pourquoi ? Parce que nous n'avons pas mis en oeuvre les principes que l'on s'était donné au départ : mettre les sportifs en avant et pouvoir maintenir l'unité politique. Alors chapeau pour cette équipe qui a résisté à toutes les pressions, pour avoir ce succès. Alors pour (inaudible) ce n'est pas une victoire parce que il y avait peu de candidatures.

    On dit même qu'on était les seuls aussi, c'est ça.

    Oui, tout le monde a renoncé, mais Paris n'a pas renoncé, Los Angeles non plus, et en plus les planètes se sont alignées d'une manière parfaite parce que le CIO devant la carence, le renoncement de multiples candidatures, a décidé de changer son processus d'attribution, d'en donner 2 à la fois et Paris s'est arc-boutée pour avoir 24 pour des raisons politiques et symboliques. Los Angeles voulait 2028 pour des raisons essentiellement économiques. A partir de là, bravo, chapeau à cette équipe. Maintenant il faudra passer du rêve à la réalité, mais on peut dire que c'est un grand succès.

    Quand vous dites : "On va passer du rêve à la réalité", on va voir des images de ce que va être en 2024, Paris, la France. Finalement, les Jeux Olympiques à Paris, ça veut dire que c'est toute la ville qui va vibrer avec les stades, l'esplanade des Invalides, le Grand Palais, les lieux extraordinaires autour de la tour Eiffel, Saint-Denis pour le village olympique, le château de Versailles même pour les sportifs hippiques. Tout ça va faire que finalement la France va être le centre du monde en 2024.

    Alors bien sûr, elle sera le centre du monde, il y aura plus de 3 milliards de téléspectateurs, sans compter tous les tas de personnes qui utiliseront d'autres supports pour regarder ce qui se passe à Paris. Non, la promesse est très grande. Pouvoir réussir d'organiser des Jeux Olympiques, 10 500 athlètes dans des lieux iconiques, avec la nécessité d'avoir une mobilisation de tous les Français derrière et on peut se projeter sur l'avenir en matière d'innovation. Ça va être unique, iconique. Il faut réussir ce défi, et ce défi passe par un certain nombre d'obligations.

    Vous nous parlez de ces obligations, évidemment on va parler d'argent. Est-ce que ça va finalement être rentable pour la France ?

    Dire que les Jeux Olympiques sont rentables, c'est vraiment un gros mot, je dirais. Les Jeux Olympiques, ce n'est pas une question de rentabilité, c'est une question d'accélération de la qualité de l'image que va projeter notre pays à travers le monde. Nous avons besoin de reconquérir le monde, nous avons besoin de retrouver la place qui soit l'équivalent de ce que nous sommes, c'est-à-dire la 5ème puissance économique, mais on doit être aussi la 5ème puissance attractive. Alors on va le devenir grâce aux Jeux, si, effectivement, on maîtrise le budget, premier défi. Deuxième défi : on est capable de mettre une gouvernance qui appelle les compétences véritablement pour mettre en oeuvre les Jeux Olympiques et non pas une gouvernance qui répond uniquement à des arrangements personnels et politiques. 3ème chose : être capable d'avoir une mobilisation des Français et ça passe nécessairement par une capacité de maîtriser le budget, tel qu'il est aujourd'hui ou tel qu'il sera actualisé. Et puis quatrièmement : il est absolument indispensable que nous obtenions des médailles, parce que le ressenti de la réussite des Jeux Olympiques pour un pays, c'est non seulement la capacité de gérer le budget, mais c'est aussi d'avoir des médailles. Et, à partir de là de faire en sorte que les Jeux Olympiques soient une sorte de catalyseur, une sorte booster pour transformer un certain nombre de mentalités et pour mettre en oeuvre des politiques qui sont en attente depuis longtemps : politique pour la parité, politique pour l'accessibilité, éducation par le sport, le sport de haut niveau, la santé et ainsi de suite.

    Finalement ramener les Jeux Olympiques pour les jeunes, pour les sportifs que finalement ça profite aussi au sport amateur.

    C'est indispensable que ça profite au sport amateur, mais pour cela il faut profiter des Jeux pour changer complètement notre modèle de gouvernance sportive française qui date encore de Léo Lagrange. Il faut savoir que le sport c'est un service public que l'on concède à des associations privées, qui à tout moment on peut le retirer leur agrément. Le budget du sport en France c'est 0,14.

    Ca veut dire que c'est insuffisant, c'est ça que vous dites ?

    C'est totalement insuffisant. Donc, il faut mettre les moyens, considérer que c'est un investissement, ne pas utiliser le sport uniquement que pour un élément de communication pour les politiques. Il est très clair qu'aujourd'hui, en ayant les Jeux Olympiques, il faut répondre à cette nécessité. Oui, nous croyons au sport. Oui, ce n'est pas une une dépense inutile. Oui, c'est un investissement. Mais, il doit être contrôlé et être choisi comme une priorité politique. Sinon, c'est un échec en ce qui concerne, j'allais dire, l'usage des Jeux Olympiques, la finalité des Jeux Olympiques et ça peut être un échec aussi quant à son organisation.

    On a plus de 80% des Français qui se réjouissent finalement des Jeux Olympiques à Paris. C'est une mobilisation incroyable.

    Méfions-nous des sondages. Les sondages, vous savez il y a d'autres sondages qui disent qu'il y a un Français sur deux qui n'est pas d'accord, qui ne comprend pas. Et vous l'avez tout de suite vu, à peine nous avions séché nos émotion et nos larmes d'émotion et de joie hier en ce qui concerne l'attribution de ces Jeux et déjà, sur tous les plateaux de télévision, on me questionnait continuellement : "Mais comment ? Il n'y a pas eu des Jeux Olympiques qui n'ont pas eu de dérive de plus de 100%". Comment pouvez-vous imaginer… Moi je dis : "Oui" parce que d'une part on a un budget qui est relativement réaliste, peu d'éléments à construire, et il y aura la pression du CIO, le Comité International Olympique, il dira : "On vous a confié les Jeux, si on les a confié c'est qu'on vous fait confiance pour rester les pures financières". Parce que si vous dépassez les pures financières, aucune ville européenne n'ouvrira par la suite. Donc, il y aura une double pression : une pression populaire et une pression du CIO. Mais cela passe nécessairement que les gens aujourd'hui qui sont en charge et qui seront en charge de ce projet qui est merveilleux, soient dédiés essentiellement sur la forme d'une mission à livrer des Jeux le 02 août, au jour J, à l'heure H et à la seconde S pour qu'il n'y ait aucun retard et qu'on ne vienne pas les perturber à y insérer à tout moment des compétences qui ne sont pas nécessaires pour des raisons politiques et qu'on ne vienne pas y insérer non plus des financements de politique qu'on n'est pas capable de prendre par ailleurs. On doit livrer les Jeux, ça c'est une obligation et on le fera bien parce qu'on est forts. Il faut actualiser ce budget parce que ce budget a été établi il y a 2 ans maintenant…

    "Actualiser", vous voulez dire que ça va augmenter ? Vous voulez dire que ça va coûter plus cher ?

    Il faut l'actualiser immédiatement parce que le budget en soi il n'est pas mal, mais il a été effectué il y a 2 ans, les conditions d'attribution sont différentes aujourd'hui, le budget de la sécurité, il est totalement sous-évalué, l'évaluation de l'accélération d'un certain nombre d'investissements qui sont nécessaires dans le grand Paris ne sont pas pris en compte…

    Oui, mais ça va rapporter beaucoup. Mais ça va faire gagner 200 000 emplois…

    Non, mais ne partons pas du problème de ce que ça va rapporter. D'abord maîtrisons la dépense et on peut la maîtriser parce que nous avons un dossier raisonnable. Donc, ne chargeons pas la barque inutilement. Distinguons bien de ce qui est Jeux Olympiques de ce qui est politique. On doit réussir les Jeux Olympiques, une équipe dédiée, on doit réussir la mise en oeuvre de la politique qui permettra d'accélérer le processus de transformation de la France, et ça c'est une autre équipe et un budget.

    Un dernier mot, c'est réaliste de dire aujourd'hui que la France aura 2 fois plus de médailles ? C'est comme certains le disent ?

    L'objectif, ce n'est pas que la France ait 2 fois plus de médailles, l'objectif c'est qu'on ait un système, une gouvernance sportive qui soit à la hauteur, qui nous permette d'être, en matière de médailles, au même niveau qu'on est au niveau économique, c'est-à-dire la 5ème puissance.

    Merci beaucoup, Armand de Rendinger, aujourd'hui d'avoir été notre invité sur TV5 Monde.

    Merci mille fois.

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    Diffusé le 06 nov. 2017 - 18h00
    00:07:58
    Disponible jusqu'au : 4 sept. 2050
    Tous publics
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