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  • L'invité

    Romain Duris, Guillaume Senez

    Invités : Romain Duris, Guillaume Senez.

    L'acteur Romain Duris et à l'affiche de « Nos batailles », réalisé par Guillaume Senez. Le film, une chronique sociale et intime, fait l'ouverture du 33e FIFF de Namur.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 33e Festival international du film francophone de Namur.

    Transcription

    Bonjour, Romain Duris, bonjour Guillaume Senez. C'est film choc ici présenté au Festival du Film Francophone de Namur après avoir été présenté à Cannes. Et tout le monde le dit, c'est l'un des plus grands rôles interprétés par ce monsieur à côté de vous, Guillaume. Incroyable. Incroyable ce que vous faites, Romain, dans ce film.



    Non, mais ce n'est pas moi, ce que je fais. Il y a tout un groupe. La situation de départ est bouleversante. Moi, je fais juste un homme qui (...)

    Bonjour, Romain Duris, bonjour Guillaume Senez. C'est film choc ici présenté au Festival du Film Francophone de Namur après avoir été présenté à Cannes. Et tout le monde le dit, c'est l'un des plus grands rôles interprétés par ce monsieur à côté de vous, Guillaume. Incroyable. Incroyable ce que vous faites, Romain, dans ce film.



    Non, mais ce n'est pas moi, ce que je fais. Il y a tout un groupe. La situation de départ est bouleversante. Moi, je fais juste un homme qui se débat.

    Oui, un homme qui se dépatouille. Et c'est presque un tabou de montrer un homme dans une situation comme ça.

    Oui, c'est pour ça que le personnage m'a tellement plu. C'est qu'il y a un mélange de grande virilité dans son monde du travail et d'une immense fragilité dans sa famille. Et tout se mélange se bouleverse. Et en ayant joué le personnage, ça n'a pas arrêté de cogner à tous les endroits. Et c'était bon.

    Il se bat. Regardez la bande-annonce.

    Vous vous êtes engueulés ?

    Non.

    Elle n'allait pas bien ?

    Je ne sais pas, Maman.

    Elle s'est barrée, en fait ?

    Non, non, non, enfin…

    Quand même.



    Guillaume, ce personnage-là, interprété donc par Romain, est incroyable. Parce qu'il est confronté à deux choses incroyables : le monde du travail, sa violence, et puis dans sa famille il y a une espèce de déflagration.



    Oui, c'est ça que j'avais envie de raconter effectivement, ce sont les répercussions du monde du travail plus que de faire un film sur le travail. En tout cas, ce sont plus ses répercussions sur la famille, sur l'intime, sur les enfants. C'est ça qui me plaisait parce que les problèmes du travail, on en a tous et on ne sait pas les laisser au bas de la porte quand on rentre à la maison le soir, on vit avec, on dort avec, on mange avec. C'est cette espèce de répercussion-là qui me semblait être le cœur du film et c'est ça qui m'excitait à la base

    C'est comme un équilibriste. Il doit passer de l'un à l'autre, il doit marcher sur un fil. Romain, c'est ça, en fait ? Sans jamais risque de tomber.

    Il marche sur un fil, mais tout se casse la gueule un peu autour de lui. Et c'est profondément émouvant parce qu'il se débat, il essaie de faire tenir les choses. Il écoute, c'est aussi l'histoire d'un homme qui apprend à écouter, qui apprend à observer les gens qui l'entourent ; pas que au travail parce qu'au travail, il est chef d'équipe, il est même jusqu'à être syndiqué, mais presque par devoir, dans l'ombre de son papa qui n'est plus là. Il va découvrir pendant tout le film finalement ce qu'est vraiment être là, ce que ça veut dire.

    Et des moments de violence, et puis des moments de joie aussi, des moments de bonheur.

    Oui, parce que dans chaque drame, ou chaque situation un peu dramatique, il y a d'un coup des fous rires, il y a d'un coup la vie qui prend le dessus. Et les enfants, ça ils nous le montrent bien. Eux, même s'il y a la disparition de la maman qui est quand même un poids, mais n'empêche que "Papa tu te trompes de céréales là, et puis ce n'est pas l'heure des céréales", c'est super drôle et bouleversant.

    Cocasse.

    Au fond, il nous ressemble, Romain Duris, le personnage que vous interprétez.

    Il nous ressemble parce qu'il ne triche pas. Donc, on aime toujours voir ça, j'ai l'impression, au cinéma, quand d'un coup il y a une vérité. Ce n'est pas un surhomme. Et on sent ses maladresses, on sent son questionnement intérieur, avec ses erreurs… Et je pense que ça crée de l'empathie et je pense qu'on l'accompagne, on s'identifie. Peut-être que, si on est une femme, on a envie de le bercer, je n'en sais rien, ça dépend des caractères, après.

    Il a presque un côté féminin, d'ailleurs, au fond. Il a tout.



    C'est un film très féminin. Déjà, le fait qu'il s'entoure de femmes tout le temps : il y a sa soeur, il y a sa mère, il y a sa collègue. Finalement, ce sont toutes ces femmes qui font évoluer ce personnage.



    On y parle de social. Le film commence par un suicide au travail, qui est une réalité d'aujourd'hui.



    Oui, l'idée, c'est de montrer les choses comme elles existent, on n'a rien inventé. Ce monde qui est décrit dans le film, cet espèce de capitaliste 2.0, comme on l'appelle. On n'a rien inventé. On a été dans les usines Amazon, on a rencontré des délégués syndicaux. Il nous a raconté des histoires tellement énormes qu'on ne peut presque pas les mettre dans le film. On a dû peser le pour et le contre de chaque détail, de chaque chose, puisque c'est tellement incroyable ce qu'il se passe dans ces usines-là. En tout cas, on a été puiser dans le réel pour effectivement montrer tout ce bassin dans lequel évolue ce personnage.



    Il n'a pas le choix de se battre au fond, Romain ?

    Il n'a pas le choix, et ce qui est compliqué, c'est qu'il y a le temps aussi dans le film qui a une importance. Le temps qu'on donne aux choses. Et parfois, on n'a pas le choix de gérer son temps. Là, c'est un des problèmes de ce personnage, c'est qu'il part très tôt le matin et il rentre très tard le soir. Il y a les enfants, il y a la vie qui passe quand même. Où est-ce qu'on fait le choix ? Quel choix on peut avoir par rapport à notre métier ? C'est une question qui se pose pendant tout le film.

    Le choix de vivre au fond, c'est ce choix là qu'il fait ?

    Je pense que, à la fin, tout ça lui a servi. Je pense qu'il a gagné quelque chose avec ce drame, avec cette disparition. Il est peut-être plus en phase avec la vie qu'il a envie de mener qu'au départ où ça lui échappe.

    Il est touchant et Romain est incroyable dans le film. Merci. (inaudible)

    Romain, c'est incroyable quand on vous propose un personnage comme ça.

    C'est vrai, bien sûr. C'est une chance. C'est ça aussi le cinéma, c'est qu'il y a des moments où les choses s'alignent : un personnage, ce qu'il embarque avec lui, comme disait Guillaume, de la féminité, puis de la virilité à côté, les enfants. Avec l'âge que j'ai moi, Romain, puis d'un coup ça colle bien. Puis, on s'est bien entendu et ça crée un moment qui est un film. Et c'est ça aussi le cinéma.



    On vit avec lui, et il nous touche, au fond. Il nous touche quelque chose au cœur. Il vous a touché vous aussi, je le sens.

    Bien sûr. Comme je disais, on ne triche pas. La vie était là, très forte, pendant le tournage. C'est émouvant, très émouvant.

    C'est un film qui dit cela : on ne triche pas avec la vie.

    Non, et on ne triche pas avec la vie et la vie est une bataille.

    Des batailles.

    Des batailles, nos batailles, les nôtres, les vôtres, celles des spectateurs. Bien sûr.

    Et on est fragile, au fond.

    On est tous fragiles. On a tous des qualités, on a tous des défauts, on a tous des maladresses, et on a fait avec et on avance.

    Mais, c'est dur en face, c'est dur. La vie est dure.



    C'est dur, mais c'est ça qui est extraordinaire. Ce film est formidable. Il a touché tout le monde, ici, au Festival du Film Francophone de Namur, comme ça avait été le cas à Cannes. On vous salue, Romain, de nous avoir fait passer un moment comme ça, un beau moment de cinéma. Merci beaucoup, Guillaume Senez. Ça s'appelle "Nos Batailles". Allez voir ce film. Merci à tous les deux.

    Merci beaucoup.

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    00:08:04
    Tous publics
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