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  • L'invité

    Émile Bilodeau

    Invité : Émile Bilodeau, auteur-compositeur-interprète québécois.

    Émile Bilodeau, le nouveau phénomène de la chanson québécoise, vient de triompher sur la grande scène des Francos. Rencontre avec un artiste pétillant et engagé pour le Québec, dont les chansons drôles ou sentimentales touchent tous les publics.

    Présentation : Patrick Simonin. Émission enregistrée aux Francos de Montréal.


    Transcription

    "J'en ai plein mon cass De la guerre, pis de toutes les autres affaires Qu'un artiste se doit de dénoncer Quand y va chercher son trophée J'en ai plein mon cass" 

    Francos 2019, Émile Bilodeau, première. Bonjour Émile.

    Bonjour Patrick.

    Alors c'est parti.

    C'est parti.

    Le micro est là. On m'a dit : "c'est un verbomoteur".

    Ouais.

    Tu n'auras rien à faire, tu n'as qu'à l'écouter, il parle tout le temps. < (...)

    "J'en ai plein mon cass De la guerre, pis de toutes les autres affaires Qu'un artiste se doit de dénoncer Quand y va chercher son trophée J'en ai plein mon cass" 

    Francos 2019, Émile Bilodeau, première. Bonjour Émile.

    Bonjour Patrick.

    Alors c'est parti.

    C'est parti.

    Le micro est là. On m'a dit : "c'est un verbomoteur".

    Ouais.

    Tu n'auras rien à faire, tu n'as qu'à l'écouter, il parle tout le temps.

    Non, non. Faut que les questions soient bonnes pour… 

    Oui, mais alors un verbomoteur, c'est quoi ?

    Un verbomoteur, c'est quelqu'un qui est capable de dire plusieurs mots à la minute. Alors là je pense que je fais un bon exemple de tout ça, mais il faut que je respire à un moment donné. C'est parti !

    On est bien parti. Félix de la révélation…

    Hmm, en 2017.

    Ça, le Félix, évidemment, c'est la récompense, ici au Québec, quand même…

    Ouais, c'est un clin d’œil…

    C'est la plus belle récompense, ouais…

    Tu sais, le plus grand poète. C'est sûr qu'il y a beaucoup de personnes qui sont non loin de Félix comme Desjardins. J'aimerais aussi parler mettons les Colocs, je sais pas si tu connais un peu les Colocs ? 

    Oui, les Colocs, magnifique.

    Ah il était fou ! Je pense que je dois beaucoup puiser mon énergie dans cet héritage-là,  les Colocs beaucoup. Sinon un peu de calme à Bernard Adamus, qui est un peu, je te dirais, l'héritage à Desjardins peu le joual très assumé. Donc je me promène un de ces deux autres.

    Ouais, et un album avec quatre singles.

    Ça, c'est le cinq là.

    Non, là y'en a cinq… quatre ! 

    Ah quatre, je sais pas comment ça marche en France. Huit ! 22. Ouais quatre singles.

    Quatre singles, ouais.

    Les radios nous aident beaucoup au Québec, on est chanceux. ça permet une continuité. Moi, ça fait trois ans que mon album est sorti, puis encore cet été, je fais un été complètement full, booké. En juillet, j'ai deux jours de congé, je vais en profiter pour, je sais pas, sûrement faire dodo. Mais c'est cool, les radios m'ont permis une bonne continuité de ma carrière.

    Du coup, tu en as plein de ton cass, hein ?

    Non, non.

    Là il dit : "non", mais attends, c'est une expression.

    Les gens pensent que…

    Il en a plein son cass !

    Les gens pensent que je suis tanné de faire ces chansons-là, mais ce n'est pas vrai parce que ces chansons-là me permettent de donner mes opinions sur des show de télévision, à la radio, me permettent d'être omniprésent avec les jeunes familles. Tu sais moi, quand j'étais très jeune, mes parents sont nés à cinq heures de Montréal, enfin quand on allait voir mes grands-parents en écoutant de la musique québécoise. Puis maintenant, ces voyages-là de voiture se font partout au Québec avec mes chansons. Donc pour moi, c'est une chance assez particulière.

    Oui, mais quand je disais : "j'en ai plein mon cass", c'est parce que c'est le titre d'une chanson.

    Oui c'est vrai !

    Quel bel enchaînement.

    Oui c'est une chanson qui s'inspire d'une expression québécoise, qu'on peut comparer à : "j'en ai marre, putain", parce que c'est vraiment cette idée-là, d'en avoir par-dessus la tête… 

    Ouh la, attention, on va dire des grossièretés… J'en ai plein le… non…

    Interviens, interviens.

    Non, il vaut mieux dire : "j'en ai plein mon cass".

    C'est ça.

    Écoutez Émile Bilodeau.

    "J'en ai plein mon cass De l'hiver, de ta mère, des nids de poule Et de tous nos rêves qui s'écroulent J'en ai plein mon cass De la guerre, pis de toutes les autres affaires Qui font que les humains de la terre Ont tout plein de remords dans leur face J'en ai plein mon cass" 

    Alors voilà, ben j'en ai plein mon cass.

    Ouais.

    En fait, ça veut dire quoi le casque ?

    Casque, c'est ça…

    C'est ça ! Mais on ne dit pas "que", on dit "cass"…

    Oui, c'est ça, on est un peu paresseux au Québec, on se laisse traîner les pieds dans les mots.

    J'en ai plein casque…

    Oui, c'est ça ! Puis là, je m'en vais vous voir, en juillet là, je m'en vais faire six dates : Paris, Sémur, Lyon. Puis, ce qui est cool, c'est que j'ai fait 50 shows environ, à venir jusqu'à date ; puis, à chaque fois que je viens, on ne fait pas beaucoup d'argent certes, mais en fait des belles rencontres, et puis on mange bien.

    "On ne fait pas beaucoup d'argent", on a bien noté. Pour ceux que ça intéresse, c'est gratuit, Émile Bilodeau ne se fait pas payer ! 

    C'est des vacances payées, ça fait en sorte que les vacances sont offertes par le biais de la musique.

    C'est un artiste gratuit.

    Ne dis pas ça trop souvent… je veux être payé !

    Oui, c'est ça ! Et alors son album s'appelle "Rites de passage". Tu sais que ça a été quand même quelque chose de passer… alors je crois qu'il l'expression du spectacle qui s'appelait : "17 ans de célibat", écrit à l'âge de 17 ans d'ailleurs, c'est ça ?

    Ouais, c'est ça. Mais cette année-là que les "Rites de passage", en Occident du moins, c'est souvent avoir un diplôme, avoir un chez soi, avoir une voiture et c'est trois choses que je n'ai pas. Alors j'avais vraiment envie de dire au monde que j'étais un adulte par le biais de ma créativité artistique. Puis on disait que ça allait marcher, parce que j'ai des titres comme "América" qui parle vraiment de la montée peut-être Trumpienne aux États-Unis, tout ce qui est profilage racial, le port des armes, c'est vraiment une chanson qui fait le tour un peu de cette société-là. Puis, du faut de mon jeune âge, c'est vraiment une chance que j'ai de dire : "voici mes opinions d'adulte par le biais de ma musique, la seule chose dans laquelle j'ai du talent", parce que je ne suis pas un bon chauffeur, je suis pas même un étudiant et je suis encore moins un bon… je sais pas… je suis un bon  citoyen, mais admettons que… je pourrais encore m'améliorer.

    Alors il y a une chanson c'est carrément… c'est Dieu qui pose une question, qui dit : "ben ça va", et toi, tu lui dis : " ben oui, mais laissez-moi marcher, j'ai encore du chemin à faire", en fait, c'est ça ? 

    Ouais, c'est vrai que c'est une chanson qui… tout le monde a son interprétation. Ces deux personnages qui interviennent, la première fois c'est Dieu qui veut faire un lift, c'est-à-dire raccompagner la personne à sa file d'arrivée. Puis la deuxième fois, c'est un motard un peu qui a passé toute sa vie dans le vice. Ce qui fait qu'on peut vraiment faire le lien entre le bon et le mauvais. Puis moi, je pense que cette chanson-là parle de la juste ligne au milieu, et puis de ne pas prendre de raccourci parce que ça parle de la perte d'un être cher ; et puis parfois, on a l'impression qu'on s'ennuie tellement de cette personne- là qu'on aurait envie de la rejoindre mais parfois… Moi, je me dis souvent que si demain je trépassais, je ne voudrais pas que mon petit-frère ou mes parents arrêtent d'être heureux à cause de la perte. Je voudrais qu'ils continuent de vivre pour moi, en fait. Et c'est cette chanson-là qui donne espoir à plusieurs personnes chez nous en tout cas, les radios l'ont passé souvent, et puis ça fait toujours des beaux fins de spectacles parce qu'on finit souvent avec elle, dans la joie. Ça c'est une grande chance que j'ai eue d'écrire cette chanson.

    Oui, elle est… "Ça va". Émile Bilodeau sur le chemin va continuer de marcher. Regardez.

    "Nous marchions sur le boulevard de la vie En destination vers la mort nous étions partis Et puis Dieu, dans son char, s'arrête sur le bord Il me dit Heille, mon Fils, veux-tu que j'te fasse un lift? Et j'ai dit Non, ça va, je vais marcher, je vais marcher Et j'ai dit Non, ça va, je vais marcher, je vais marcher

    Émile Bilodeau, sur le chemin…

    Sur le divan.

    "Ça va". ça, c'est un joli mot d'ordre, en fin de compte. Alors, moi j'ai lu quelque part, pour qualifier la musique d'Émile Bilodeau, c'est folko, comique, identitaire.

    Ouais, identitaire.

    Wahou, c'est quand même…

    Ouais, je suis un souverainiste. Est-ce que tu sais c'est quoi un souverainiste ? 

    Ah ben oui, il veut l'indépendance du Québec !

    Mais oui, y'a le père Charles qui est venu en 77, dire : "vive le Québec libre" ! Et puis, moi, j'y étais !

    Ah oui, message reçu maintenant, de Charles.

    Oui, Charles a fait un beau travail. Il y a une photo incroyable, c'est le maire Jean Drapeau à l'époque, pendant son discours, il le regarde comme ça, et puis là on peut voir la panique, parce qu'à l'époque, là, le dossier Québec et tout son potentiel… Là, on en parle moins évidemment, parce que le rêve d'un pays s'est un peu effrité. Les gens ont fait à l'idée que bon, on va faire de notre mieux dans un Canada, au lieu d'être un pays dans un monde, tu sais. Alors moi je suis juste là pour rappeler que c'est toujours une possibilité, à partir du moment où Ottawa (incompréhension) pour des dossiers, y'a toujours cette option-là de faire ça comme on le souhaite, à la manière, en français, dans notre culture. C'est pour ça que les gens je pense, me donnent beaucoup de place admettons en entrevue ou dans les médias, parce que je pense qu'au fin fond d'eux ils ont envie qu'on leur rappelle que ça se peut que le Québec ait sa place dans le dictionnaire avec les autres pays du monde. Moi, je profite beaucoup de ce momentum-là.

    Merci verbomoteur, rappelez-vous ce nom ! 

    Oui, faites le tour, mais j'ai d'autres vidéos sur Youtube ! Apprenez à me connaître ! 

    Verbomoteur. Émile Bilodeau aux Francos de Montréal.

    Avec 10 000 personnes, ça va être (incompréhension). Merci de me faire vivre ça, les Francofolies. Attendez on entend les cris.

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    00:08:12
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