Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Pierre Perret

    Invité : Pierre Perret, auteur-compositeur-interprète français.

    Pierre Perret lance un cri de colère contre le terrorisme et l'intolérance dans « Humour liberté ». Ce nouvel album contre la bêtise et l'horreur a été écrit après l'assassinat de ses copains de Charlie Hebdo.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est un mot qui est important, c'est le mot bonheur, le bonheur de vous accueillir, Pierre Perret. Immense bonheur parce que ce disque-là s'appelle Humour et liberté. C'est tellement vous. C'est tellement vous, ce disque, Pierre.  C'est vrai que j'y ai mis beaucoup de moi. Ça me fait plaisir de la façon dont il a l'air d'être accueilli parce que 

    ça étonne beaucoup de gens encore, d'étonner encore aujourd'hui, après 60 piges. C'est tout ce que vous avez en vous. Il y a de la niaqu (...)

    C'est un mot qui est important, c'est le mot bonheur, le bonheur de vous accueillir, Pierre Perret. Immense bonheur parce que ce disque-là s'appelle Humour et liberté. C'est tellement vous. C'est tellement vous, ce disque, Pierre.  C'est vrai que j'y ai mis beaucoup de moi. Ça me fait plaisir de la façon dont il a l'air d'être accueilli parce que 

    ça étonne beaucoup de gens encore, d'étonner encore aujourd'hui, après 60 piges. C'est tout ce que vous avez en vous. Il y a de la niaque. Il y a l'envie de dire le monde. Il y a l'envie de dire sa poésie. Il y a l'envie aussi de dire des coups de gueule.  Oui, ça ne m'a jamais quitté. Je pense que tout ça est inhérent à la vie qui qu'on traverse. Il y a les coups de gueule quand ça nous énerve et il y a les éclats de rire qu'il ne faut pas perdre de vue, parce que c'est ça, la vie. Il suffit d'être vigilant. Quand on reprend ces deux mots, humour liberté, ça va ensemble. Oui. Pour moi, pas pour tout le monde. C'est-à-dire. Il y en a déjà à qui il manque l'humour et qui aime supprimer la liberté des autres. Vous parlez des cancrelats qui ont tué vos copains de Charlie Hebdo. Vous employez ces mots-là.  Pas qu'eux. Pour moi, ce n'est pas autre chose. C'est de la vermine. C'est une vermine dont on peut se passer. Vous dites, ils ont montré au monde que c'était aussi facile d'égorger que de tabasser sa femme. Oui , parce que ça fait partie de leurs moeurs. C'est insupportable. C'est insupportable. On ne doit pas faire subir quoi que ce soit à personne parce que c'est lui ôter une partie de sa liberté, mais on ne doit pas le subir nous-mêmes non plus. Il y a des choses intolérables. Vous parlez de ces copains de Charlie. Vous dites qu'ils avaient le soleil dans les yeux, les talents. On a répandu du sang sur leur planche de travail. C'est terrible. J'ai eu deux ou trois témoignages de gens qui les touchent de près, qui étaient tous les mêmes. Ça a été une horreur, un carnage. C'était terrible. C'est assez insupportable. J'ai été malade pendant des semaines après. J'en souffrais. J'y pensais la nuit. Ce n'est pas possible que la barbarie, dans le siècle qu'on vit, atteigne des sommets comme ça. Je n'ai pas déclenché tout de suite. Pendant longtemps, ça a fomenté. J'y ai tellement pensé la nuit, qu'un jour, j'ai pris le stylo et je suis parti. Ça m'a quand même bien pris deux ans et demi à trois ans pour finir cette chanson. Qui s'appelle Humour liberté, Pierre Perret. Aujourd'hui, ma plume est alerte. Elle survole un nid de scorpions,  pour lesquels rien n'est pire certes, que la liberté d'expression. Ces petits cancrelats débiles, ont courageusement fait la preuve, qu'égorger est aussi facile, que de filer une trempe à sa meuf. Humour, liberté, vérité, il faut s'en servir. Humour, liberté, vérité, il faut la choisir.

    Cabu, Wolinski, avec leur planche à dessin. On a l'impression qu'ils vont nous dire quelque chose, nous dire, effectivement, ne lâchez rien. Ils seraient là, ils le diraient, c'est sûr. Ils l'ont d'ailleurs dit toute leur vie parce qu'ils ont mis le doigt là où ça fait mal. Avec leurs crayons sur la page blanche, ils savent ce que c'est. Les gens qui ont souffert, ils font partie de ces gens qui connaissent ceux qui souffrent. Vous dites à la fin de la chanson, Pierre Perret, "nous combattrons ces cloportes".

    Oui, absolument. Il ne faut pas baisser la garde, c'est sûr. Tout le monde doit être vigilant.  Ma France à moi, c'est une autre chanson. C'est cette France frondeuse. Qui défend les mêmes valeurs. Qui défend ces valeurs-là, des valeurs de liberté, de laïcité. Ah oui. On y tient beaucoup. J'y tiens beaucoup. La France peut s'enorgueillir de défendre des valeurs à travers la laïcité parce que tout le monde doit démarrer par ça. La chose la plus importante aujourd'hui, me semble-t-il, c'est l'éducation, c'est l'école parce que tout part de là. Les carences dont certains aboutissent à la barbarie, c'est uniquement parce que déjà, les carences étaient à l'école parce qu'ils n'ont rien appris.  "Les mots d'amour, voire les blasphèmes, sont l'essentiel de ma respiration". Oui, parce qu'en France, on ne va pas en prison si on dit un blasphème. Ça fait partie de la vie et c'est important de le préserver.

    Que les femmes soient libres en France, dites-vous, libres d'envoyer des textos, libres de s'habiller comme elles le veulent, libres de ne pas se voiler, dites-vous, parce que ce ne sont pas des bateaux.

    Oui, je le pense aussi. On ne doit rien imposer. Si une femme veut se comporter de telle ou telle façon, il faut qu'elle soit libre dans sa tête et non pas qu'on lui impose un vêtement ou des idées. Elle doit être libre entièrement, une femme, aujourd'hui. Vous dites très clairement que les religions ne s'apprennent pas à l'école. Exactement. Je pense que les religions ne s'apprennent pas à l'école. A l'école, on apprend la vie. On apprend les mots. On apprend à lire et on apprend à écrire. Point. Il y a Senghor. Il y a Klarsfeld. Il y a Prévert. Il y a Molière. Vous citez tous ces noms. Il y a même les tweets de Bernard Pivot, le copain. Tout ça fait partie de la France.

    Oui. Tout ça est respectable, on doit le respecter et il faut le respecter. C'est la France de l'accordéon, la France du jazz, et une France aussi ouverte aux autres, aux immigrés.

    Oui,  j'ai défendu ça toute ma vie, la liberté, l'immigration. D'ailleurs, il y a une chanson quarante ans presque après Lili, qui s'appelle Les Emigrés, parce que le problème est encore différent aujourd'hui, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne doit pas en parler. J'ai écrit Lili, certes, qui est dans beaucoup de livres d'école aujourd'hui, mais celle-là, j'espère qu'elle s'y trouvera aussi parce que l'immigration a changé de face. Ce n'est pas pour autant qu'elle est tendre aujourd'hui. Cet album m'en a fait baver.

    Vous savez qu'en ce moment, il y a des écoles Pierre Perret et que, peut-être, dans ces écoles, il y a des petits gamins qui sont en train de dire à leurs copains "Dis donc, tu ne pourrais pas me montrer..?. Non ? Dans les écoles Pierre Perret. J'espère bien, oui, parce qu'il y en a déjà plus d'une trentaine, presque 35 ans maintenant. J'en ai trois autres à inaugurer bientôt. Ils peuvent chanter toutes les chansons de ce disque-là. Ils peuvent y aller. Il ne faut pas avoir peur de dire des gros mots. Ce sont surtout les chansons interdites qu'ils aiment.  Merci Pierre Perret. C'est un disque formidable. On a envie de continuer comme ça, pendant des heures. On n'a pas envie de vous laisser partir. Merci de me recevoir avec fidélité depuis si longtemps.  Humour liberté, magnifique, l'un des plus beaux disques. C'est vrai, le plus beau disque de Pierre Perret qu'on ait entendu jusque-là. Merci docteur. Merci pour la consultation. Merci. Pierre Perret était là. Merci Pierre. Salut.

    Voir plusmoins
    00:08:24
    Tous publics
    Tous publics