Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Viggo Mortensen

    Invité : Viggo Mortensen, acteur américano-danois.

    Connu dans le monde entier pour son rôle dans la trilogie « Le Seigneur des anneaux », Viggo Mortensen est aussi poète, peintre et parfaitement francophone. Le comédien a reçu l'hommage du 17e Festival international du film de Marrakech pour sa performance dans « Green Book » de Peter Farrelly. Une comédie irrésistible et très émouvante qui dresse un portrait saisissant de l'Amérique raciste et ségrégationniste des années 1960.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 17e Festival international du film de Marrakech.


    Transcription

    Bonjour, Viggo Mortensen.

    Bonjour. Green Book : Sur les routes du Sud, présenté au Festival du film de Marrakech. C'est un film incroyable qui nous ramène dans une Amérique ségrégationniste, raciste. On est dans les années 50 et vous incarnez un personnage immigré italien, un vigile qui va devoir être chauffeur d'un Black, d'un Noir qui, lui, est un musicien fameux, mais qui est victime évidemment de ce racisme qui imprègne la société. Il va se passer quelque chose de très fort ent (...)

    Bonjour, Viggo Mortensen.

    Bonjour. Green Book : Sur les routes du Sud, présenté au Festival du film de Marrakech. C'est un film incroyable qui nous ramène dans une Amérique ségrégationniste, raciste. On est dans les années 50 et vous incarnez un personnage immigré italien, un vigile qui va devoir être chauffeur d'un Black, d'un Noir qui, lui, est un musicien fameux, mais qui est victime évidemment de ce racisme qui imprègne la société. Il va se passer quelque chose de très fort entre les deux personnages. C'est un film autour de ça, la discrimination, et ça ne va pas disparaître. Ça n'a pas disparu et il est question pour chaque génération de travailler, le visage, le vocabulaire du racisme, de la discrimination. Ça change tout le temps. Il faut toujours travailler pour ne pas être comme ça. On le voit toujours en Europe, en France, aux États-Unis. C'est sûr que ça existe toujours, mais quelquefois, c'est plus facile de voir le présent au travers d'une histoire qui se passe dans le passé, en 1962. Regardez ces images, ce Green Book. On va en reparler dans quelques instants. Vous allez découvrir l'image d'un comédien extraordinaire qui est à vos côtés dans ce film formidable. Regardez, Green Book.

    (langue étrangère) Mahershala Ali, qui interprète le personnage pianiste virtuose connu dans le monde entier qui doit affronter le racisme de cette Amérique-là et vous, le personnage de Tony qui est à côté de lui, qui va le défendre, souvent. Et les deux vont finalement découvrir qu'il y a de l'humanité au fond de tout ça. Je crois que c'est une histoire qui parle de la nécessité d'évoluer, de ne pas faire attention aux premières impressions. Ce n'est pas seulement Tony, mon personnage, qui est ignorant, c'est aussi Don Shirley qui ne connaît pas la vie de Tony. Il pense au début… Don Shirley, c'est le pianiste. Oui, Don Shirley, c'est le rôle de Mahershala. Il pense que Tony est un idiot, qu'il n'a pas d'éducation, de culture, tout ça. Et c'est vrai, mais Tony est, à sa manière, un gentleman, aussi. Il ne supporte pas… Un homme de… De parole. De parole, oui.

    Il ne supporte pas l'injustice, au fond de lui. Il n'accepte pas l'injustice. Non. Il est un peu ignorant, au début, mais il montre pendant l'histoire qu'il est capable d'évoluer, de changer et Don Shirley se rend compte de ça. Lui aussi, il évolue. Oui, les deux. Lui aussi, parce que lui-même, il est élégant. On le voit à l'image, il est extraordinaire, il a beaucoup d'argent, mais il est obligé d'aller dormir dans des endroits pouilleux parce qu'effectivement, il y a ce fameux Green Book, qui est le titre du film, qui est un manuel, à l'époque, pour indiquer aux Noirs les établissements dans lesquels ils étaient acceptés. (langue étrangère)

    Pour survivre, c'était absolument nécessaire pour des Noirs, pour des Afro-américains, d'avoir ce livre, ce guide, pour voyager dans le Sud. Oui, et il se retrouvait dans des endroits pas possibles. Malgré qu'il était un grand grand pianiste, il doit manger ailleurs qu'au restaurant où les Blancs vont ensuite l'applaudir et cette espèce d'injustice, votre personnage-là, il n'a pas peur d'aller aux coups de poing. C'est ça. Il est rude. Oui, mais c'est une leçon. On apprend. Je crois que le spectateur peut apprendre des choses de l'histoire des États-Unis et réfléchir, peut-être, sur les choses qu'on pense, qu'on fait, qu'on ne fait pas, aujourd'hui, aux États-Unis et partout. Oui. Comme j'ai dit, le racisme, la discrimination, il y a toujours une évolution. Le racisme, ça change, on n'utilise pas les mêmes mots horribles des années 60, des années 50, de l'après-guerre. Mais même si on n'utilise pas certains mots ça ne veut pas dire que le racisme a disparu. Le problème va exister toujours parce que les êtres humains sont comme ça. Chaque génération doit apprendre la même…

    Le fameux Docteur Don Shirley existait vraiment. C'est une histoire vraie au départ et Peter Farrelly, qui le réalise, fait une comédie où on rit et aussi où il y a beaucoup d'émotion. On pleure, c'est-à-dire que c'est ça qui est extraordinaire, c'est qu'au fond on se sent pris aux tripes par ce film.

    C'est un très bon scénario parce que le scénario de Peter Farrelly, Nick Vallelonga et Brian Currie n'insiste pas sur le fait qu'on apprend, qu'on doit apprendre des choses, qu'on doit réfléchir. C'est une invitation à penser, à réfléchir. C'est ça.

    Oui. C'est un personnage important, je veux dire, juste, Viggo, parce que vous, vous êtes un acteur engagé. Vous êtes un acteur qui aimez. Il n'y a pas que le Seigneur des anneaux, mais il y a tous les films d'auteur que vous aimez. Vous avez joué ici au Maroc. Vous prenez des risques et au fond, vous dites que ce cinéma-là, qui touche, qui touche au cœur, c'est utile, c'est important. Un cinéma populaire qui touche. Comme je l'ai dit , c'est un beau scénario, mais j'avais peur de faire ce personnage. J'ai dit à Peter Farrelly : " C'est un très beau scénario, et un beau rôle, mais je crois que tu dois trouver un Italo-américain. Ce n'est pas moi, je suis Danois. Je suis du nord, je ne suis pas de Calabre. " Mais à la fin, il m'a convaincu de faire le rôle. J'étais content parce que c'était une très belle expérience. J'ai appris beaucoup de lui et surtout de Mahershala Ali, mon copain de voyage, un grand comédien et un ami. Oui, et ça se voit dans le film. Je veux dire que ceux qui verront ce film qui va sortir au début de l'année prochaine en France n'oublieront jamais le duo que vous faites tous les deux, vraiment marquant, vraiment marquant dans l'histoire du cinéma. Je trouve que ça va vraiment toucher tout le monde. Ça s'appelle Green Book : Sur les routes du Sud. Merci beaucoup, Viggo Mortensen. Merci, merci à vous.  Merci beaucoup.

    Voir plusmoins
    00:08:14
    Tous publics
    Tous publics