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  • L'invité

    James Gray

    Invité : James Gray, réalisateur, scénariste et producteur américain.

    Multi-primé à Cannes et dans tous les festivals du monde, James Gray est cette année le président du jury du 17e Festival international du film de Marrakech en partenariat avec TV5MONDE. L'occasion d'évoquer avec lui l'actualité, Trump, le Maroc et aussi l'avenir du cinéma.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 17e Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    Je déclare la 17ème édition du Festival International du Film de Marrakech ouverte !

    Bonjour James Gray, président du jury de ce 17ème Festival International du Film de Marrakech après avoir été membre du jury, mais toujours ici, à la découverte des cinémas. Quand vous n'êtes pas à Cannes, le Maroc, c'est votre destination de cœur ? Waouh, quelle question. Je crois que c'est la destination de tout le monde. Regardez où on est, ça ressemble au paradis. J'aime Cannes aussi. J'aime l' (...)

    Je déclare la 17ème édition du Festival International du Film de Marrakech ouverte !

    Bonjour James Gray, président du jury de ce 17ème Festival International du Film de Marrakech après avoir été membre du jury, mais toujours ici, à la découverte des cinémas. Quand vous n'êtes pas à Cannes, le Maroc, c'est votre destination de cœur ? Waouh, quelle question. Je crois que c'est la destination de tout le monde. Regardez où on est, ça ressemble au paradis. J'aime Cannes aussi. J'aime l'Europe. Point final. Chaque fois que j'ai une excuse pour venir en Europe, je le fais. On ne peut pas faire mieux que l'Afrique du Nord. C'est super ici,  à Marrakech. Je ne vais pas jouer aux favoris. J'aime venir ici, je ne vais pas vous mentir. J'ai semé ma femme et mes enfants pour une bonne raison. Vous avez raison parce que quand même, président du jury, ça vous permet de voir des films et de voir cette diversité, il y a des films marocains en sélection, de voir ce cinéma, ce jeune cinéma qui bouscule les codes. C'est la meilleure des choses qui puisse se produire. Tout d'abord, je dois dire que l'une des raisons pour lesquelles je suis ici, on peut rigoler sur la beauté du lieu et c'est beau, mais j'aime l'esprit du Maroc, de Marrakech. Mais c'est une raison très égoïste aussi pour laquelle je suis ici, c'est que je vois des films que je ne pourrais pas voir si je restais chez moi,  assis sur mon canapé. On a l'occasion de voir ce qui se passe dans le monde. On reste relié et c'est extrêmement important. Je le dis de façon totalement égoïste. Quand un réalisateur fait un film, quand il a le contrôle du média, on entend sa voix. C'est la chose la plus extraordinaire. On sait à quoi il pense, l'état de l'âme c'est meilleur que tout. C'est la chose la plus proche que l'on puisse faire pour être vraiment dans la peau de quelqu'un d'autre. C'est fantastique. C'est la raison pour laquelle je suis ici, vraiment. Ne le racontez pas aux autres, mais c'est totalement égoïste. Parce que vous avez toujours eu cette curiosité, James Gray, enfant à New York, là où vous avez grandi, d'aller voir les cinémas du monde. On dit que vous adoriez Godard, Truffaut, la Nouvelle vague. Il y a Agnès Varda ici, elle reçoit un hommage, c'est important. Cette curiosité a nourri votre cinéma.  Oui, mais je vais vous dire quelque chose. J'ai grandi. J'ai eu beaucoup de chance. J'écoutais la masterclass de Martin Scorsese. Il parlait de la façon dont il se sentait vraiment très chanceux. Je dois vous dire que moi j'ai eu la bonne part, New York dans les années 70, 80, où l'on pouvait voir tous ces films. Je me souviens le premier film de Godard que j'ai vu dans un cinéma, c'était un film très, très controversé, Je vous salue Marie. Avant tout autre, je me souviens que les gens me jetaient des œufs quand j'ai tenté de rentrer dans le cinéma. J'avais 13 ou 14 ans. J'avais ces occasions-là. Je dois vous dire, je ne pense pas que les gens qui ont, aujourd'hui, 13 ou 14 ans à New York, ont cette occasion. La plupart des cinémas ont disparu parce que j'ai le sens de la crise et je sais où en est le média aujourd'hui, spécialement dans mon pays. C'est très important d'être ici. C'est un moment très différent. Ceci devient très, très important pour cette raison. En ce qui concerne ma curiosité quand j'avais 13, 14 ans, j'ai simplement eu de la chance. Si j'avais grandi dans le Kansas, ça aurait pu être très différent.

    Pourquoi vous dites que le cinéma est en crise aujourd'hui ? Qu'est-ce qui menace ? Est-ce que c'est cette diversité des cinémas du monde qui est menacée ? Est-ce que l'Amérique de Trump, que dénonce d'ailleurs Robert De Niro invité d'honneur ici, est-ce que cette Amérique-là n'est pas assez ouverte sur le monde ? Est-ce que ce cinéma-là est en train de se rétrécir ? Donald Trump est un imbécile, mais je vais essayer de laisser ça de côté parce que parler de son idiotie, c'est évident, mais ce n'est pas très intéressant. Plus on en parle, plus il va aimer ça. Donc ce que je pense, ce sur quoi j'aimerai me concentrer, c'est une crise de la technologie. Je sais que ça a l'air contre-intuitif. Il y a de plus en plus de gens qui peuvent voir des films, donc ça devrait être mieux. Mais il y a quelque chose, cette expérience de communauté que de pouvoir voir un film dans un cinéma. Il y a un aspect de cette machine économique qui est nécessaire pour qu'on puisse avoir cette forme d'art, dans ce genre de format. Je vais vous raconter ça brièvement parce que vous avez posé cette question sur la crise. J'étais sur un vol de Los Angeles à New York, l'année dernière. En revenant des toilettes, j'ai vu deux personnes dans des sièges différents en train de regarder un film que j'avais réalisé, au dos d'un fauteuil. J'étais allé dans la jungle. Je suis quasiment mort dans la jungle, sur un écran de cette taille-là. Je me suis dit que peut-être, je devrais faire ce film en 65 mm. Ils sont là, à l'arrière d'un fauteuil. On n'écoute pas du Verdi sur un transistor des années 65. Je ne sais pas pourquoi les gens pensent que ça va comme ça. Les gens viennent me dire "J'ai regardé ton film sur mon téléphone ou sur un ordinateur". Mais non ! De quoi vous parlez ? Est-ce qu'on regarde Le Guépard sur un ordinateur ? Est-ce que c'est bien ? C'est mieux que de ne pas regarder du tout, mais ce n'est pas ce que Monsieur Visconti aurait aimé. C'est pour ça que je dis que c'est une crise parce que je suis en faveur du grand écran et de l'expérience communautaire. Je ne sais pas comment lutter contre ça. Robert De Niro, invité d'honneur. Raging Bull est un de vos films préférés ? Dans le top 5, top 3, le meilleur. Ça dépend de la façon dont je me sens. Quelle scène de ce film vous auriez aimé être l'auteur, James Gray ? Que vous auriez rêvé de faire. Tout d'abord, ce film est peut-être le film le mieux dirigé que j'ai jamais vu. La scène qui m'émeut le plus dans ce film, c'est quand il est tout seul dans sa cellule de prison, au trois-quart du film, quand il commence à se taper la tête contre le mur, l'acte ultime d'autodestruction. Je trouve ça très, très émouvant. Si je devais choisir une scène, je ferai celle-là. Ils me disent qu'il faut que je m'en aille. Il faut vous en aller. On vous attend. Le public est là. Il vous réclame. Merci James Gray, président du jury du Festival de Marrakech. Merci James. Merci.

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    00:08:16
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