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  • L'invité

    Robert De Niro

    Invité : Robert De Niro, acteur, réalisateur et producteur de cinéma américain.

    Robert De Niro est l'invité d'honneur du 17e Festival international du film de Marrakech (en partenariat avec TV5MONDE).

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 17e Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    Salam alaïkoum, Robert. Salam alaïkoum, yes.

    Vous l'avez dit hier, ici. C'est important de s'adresser au Maroc parce que le Maroc vous aime, Robert.

    Oui, bien sûr, c'est très important de parler aux Marocains, à tous ceux qui comprennent la langue et tous les gens de la région, dans d'autres pays d'Afrique du Nord, où que ce soit.

    Le Festival de Marrakech a été fondé en 2001 en même temps que votre festival à Tribeca, quelques jours avant les attentats d (...)

    Salam alaïkoum, Robert. Salam alaïkoum, yes.

    Vous l'avez dit hier, ici. C'est important de s'adresser au Maroc parce que le Maroc vous aime, Robert.

    Oui, bien sûr, c'est très important de parler aux Marocains, à tous ceux qui comprennent la langue et tous les gens de la région, dans d'autres pays d'Afrique du Nord, où que ce soit.

    Le Festival de Marrakech a été fondé en 2001 en même temps que votre festival à Tribeca, quelques jours avant les attentats du 11 septembre. C'était quelque chose de fort de dire, il y a ça.

    Bien entendu. Bien que ce soit pour deux raisons différentes, bien entendu. C'est super que le festival du Film Américain de Marrakech dure déjà depuis aussi longtemps que le nôtre. J'espère qu'il y durera toujours, tout comme celui de Tribeca.

    Parce qu'il y a une autre Amérique. Vous en avez parlé aussi. C'est une Amérique aujourd'hui dirigée par un clown, vous avez dit un jour. C'est ça, la réalité.

    C'est une réalité. Ce n'est pas facile. Nous le savons tous, le monde le comprend, mais le monde l'utilise pour parvenir à réaliser ses propres intérêts, les Républicains entre autres, malheureusement.

    Vous avez dit America First, c'est une immense connerie. C'est ça que vous avez dit, Robert De Niro.

    Oui, c'est vrai. Ce n'est pas vrai. Nous faisons partie de la communauté mondiale. Ce n'est pas l'Amérique d'abord, c'est le monde d'abord. Nous avons beaucoup de responsabilités. Il est en notre pouvoir de les réaliser. En soi, c'est frustrant et suffisamment difficile, mais quand il y a un président qui n'a pas la moindre idée de ce qu'il a à faire, que la base lui dicte ses actions, ça fait encore plus peur parce qu'il veut rester au pouvoir. Il faut trouver une façon de s'en sortir. J'espère qu'on le fera. C'est effrayant, une période effrayante.

    C'est un message très fort parce que vous savez d'où vous venez. Vous êtes une autre image de l'Amérique, Robert De Niro. Vous avez grandi à Little Italy. Votre papa était un artiste qui s'est battu avec force pour continuer de vivre, d'exister dans cette Amérique multiculturelle. C'est ça que vous avez dans vos veines.

    Oui, c'est ce que j'ai dans mes veines. Je le représente avec ma famille, mes enfants. Je le fais, point.

    Vous les représentez avec un autre que vous avez rencontré il y a 45 ans, Martin Scorsese.

    Oui.

    Il a eu des mots émouvants hier lorsqu'il vous a rendu hommage. 45 ans, vous étiez des gamins. Vous vous êtes rencontrés un soir de Noël, c'est ça.

    Oui. Je crois que c'était autour de Noël à un dîner d'amis communs. On se connaissait déjà précédemment en tant qu'adolescent, mais on ne sortait pas ensemble. On se croisait, on se saluait. On faisait partie de groupes différents d'enfants. On s'est rencontrés chez des amis. On a parlé de Who's that knocking que Martin avait réalisé. Ça commençait. Il faisait Mean streets. On a parlé de ça, quel rôle je jouerais dans ce film.

    C'est l'instinct qui vous commande, y compris quand vous incarnez des personnages au point d'ailleurs qu'on croit que vous êtes ces personnages.

    Je dis toujours qu'on utilise des parties de soi-même, dont on pense qu'elles peuvent faire partie du personnage. C'est comme ça que l'on fait quelque chose de très personnel. C'est ça, c'est comme ça.

    Vous êtes un homme discret au fond de vous-même et en même temps immensément populaire. On a vu les rencontres ici, Place Jemaa el-Fna avec le public marocain. Vous êtes touché par cet accueil populaire des gens.

    Par votre énergie aussi. 

    Ces films avec Scorsese, Taxi Driver et Raging Bull, sont devenus mythiques. Vous vous dites quoi, Robert De Niro ?

    J'ai de la chance d'avoir pu en faire autant que je l'ai fait avec Marty et d'autres. J'ai eu beaucoup de chance.

    Quand vous vous voyez à l'image, vous vous dites, ce n'est pas moi là, c'est quelqu'un d'autre.

    Je fais la différence entre ce que je joue et qui je suis, bien que j'utilise des parties de moi-même pour mes rôles. C'est ce que vous appelez en prendre possession.

    Neuvième film avec Marty, c'est Irish man. Encore un défi. Vous avez tourné 300 scènes différentes.

    Est-ce que c'est Marty qui vous l'a dit ?

    Oui. 

    Comment je m'en sors maintenant ? C'était vraiment un tournage à un rythme très agréable, une bonne  expérience. Aussi compliqué que ça l'a été, j'ai eu du plaisir et j'aurais pu tourner encore six mois sur ce film. C'était comme des vacances.

    On pourrait dire Robert De Niro qu'il y a cette force en vous, et derrière, il y a une infinie tendresse de l'enfant que vous avez été, qui a couru dans ces rues et qui a rêvé, un jour, d'être peut-être là.

    Je pense, oui.

    C'est un rêve, pour vous ?

    Je me considère comme ayant eu beaucoup de chance, disons-le comme ça. Mon rôle, mon but. Je l'ai été. Je suis heureux d'avoir réussi, d'avoir eu une vie heureuse de beaucoup de façons. Je ne me plains de rien, sauf de la situation politique.

    Si le public vous dit merci Monsieur De Niro, merci pour toutes ces émotions que vous nous avez donnés, que vous nous donnez, vous lui répondez quoi au public ?

    Je dirais merci  d'avoir apprécié ce que j'ai fait.

    Shokran.

    Shokran, exactement.

    Merci beaucoup, Robert De Niro. C'était un immense bonheur de vous retrouver ici, hommage au dix-septième Festival International du Film de Marrakech. Merci beaucoup.

    Merci.

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    Diffusé le 03 déc. 2018 - 22h28
    00:08:23
    Disponible jusqu'au : 2 sept. 2050
    Tous publics
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