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  • L'invité

    Salif Keita

    Invité : Salif Keita.

    Salif Keita, l'une des légendes de la musique africaine, annonce ses adieux avec un ultime album « Un autre blanc ». L'artiste malien aux cinquante ans de carrière, qui continue de se battre contre le massacre des albinos, effectue un dernier tour de piste avec cet opus où l'on retrouve ses amis Alpha Blondy et Angélique Kidjo ou encore le rappeur MHD.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    L'une des plus grandes voix de la musique africaine. Bonjour, Salif Keïta. Bonjour. On est ravis de vous recevoir sur le plateau de TV5 Monde. Ce nouvel album évènement, comme à chaque fois, il s'appelle "Un autre blanc". Ça fait 50 ans de carrière. Ouais, tout à fait.

    Qu'est-ce que ça fait d'avoir 50 ans de carrière, Salif Keïta ? Ça fait 50 ans d'apprentissage et on est toujours à pointer, parce qu'on n'en connaît jamais assez. Pourquoi ce disque s'appelle "Un autre blanc" ? Parc (...)

    L'une des plus grandes voix de la musique africaine. Bonjour, Salif Keïta. Bonjour. On est ravis de vous recevoir sur le plateau de TV5 Monde. Ce nouvel album évènement, comme à chaque fois, il s'appelle "Un autre blanc". Ça fait 50 ans de carrière. Ouais, tout à fait.

    Qu'est-ce que ça fait d'avoir 50 ans de carrière, Salif Keïta ? Ça fait 50 ans d'apprentissage et on est toujours à pointer, parce qu'on n'en connaît jamais assez. Pourquoi ce disque s'appelle "Un autre blanc" ? Parce que d'abord, moi, je suis un autre blanc, non ? J'ai la couleur blanche, mais je ne suis pas Blanc, je suis Black. Je suis un Africain et ce n'est pas commun. C'est quoi le regard original de Salif Keïta ? Nous sommes fiers d'être Africains et que nos restaurants africains, on va se battre pour vraiment, vraiment, vraiment amener Afrique très loin. Ouais, ouais, ça, c'est quand même tous les Africains… Ça, c'est le souhait des Africains. Regardez. Extrait du nouvel album de Salif Keïta.

    (langue étrangère)

    Il y a une chanson qui s'appelle "Syrie". "Syri"e, ça parle de toutes les guerres dans le monde, parce que vraiment je crois que quand on… Ceux qui provoquent la guerre, je ne sais pas. Ils ne pense pas aux enfants et à leur maman qui court devant les balles, c'est ça. Donc, j'ai parlé de toutes les guerres dans le monde à travers le morceau sur la Syrie.  Mama (Barika). Vous retrouvez sur une chanson Angélique Kidjo. C'est un bonheur de retrouver la voix d'Angélique, non ?

    C'est ma sœur, ça. C'est vraiment ma sœur, parce que c'est une battante. Elle s'est battue et elle est très bien placée pour faire ça à la place d'une mama africaine parce qu'elle a ce mérite-là, elle a ce cœur, et surtout la voix pour représenter ça.

    C'est la chanson où elle raconte qu'on se fait épauler par des sœurs quand on subit l'intolérance, comme par exemple les albinos le subissent.

    Justement, quelle que soit la richesse à la disposition d'une femme, elle préfère son enfant, donc c'est une maman qui garde, qui refuse d'autres bonheurs pour garder son enfant. C'est une idée comme ça. Et Angélique est vraiment bien placée. Elle était bien placée pour faire ça.

    Il y a une fondation, Salif Keïta, pour les albinos et c'est ce combat que vous menez aussi, Salif. Oui, tout à fait.  Qui, malheureusement, est tellement d'actualité. Les albinos sont tués aujourd'hui encore. Oui, sacrifiés. Vraiment sacrifiés. Et on arrive par… Ce sont des pratiques… Comment on peut arrêter ça, puisque ceux qui peuvent arrêter, ceux qui ont le pouvoir de l'arrêter sont des commanditaires, donc on est mal barrés avec ça. C'est à dire, des commanditaires ? Vous accusez les chefs d'État d'être complices ? Pas de tous les chefs d’État, mais je sais que cette pratique-là, c'est lors des élections. Ce sont les hommes politiques qui font ça. Et pourtant, c'est puni par la loi. Oui, c'est puni par la loi, mais la loi, elle est appliquée par le pouvoir. Si le pouvoir est commanditaire, qui va appliquer sur le pouvoir ? Personne. Certains se vantent encore d'assassiner des albinos ? 

    Oui, ils passent à la télé, ils disent : "Voilà, on a fait tous les sacrifices, y compris le sacrifice humain, bien sûr ! On a fait tous les sacrifices." Et moi, je ne suis jamais là à des fêtes comme ça, que je considère comme des cérémonies, des sacrifices humains dont les miens sont les victimes. Tout le temps sacrifier. Je ne suis pas là pour ça et je ne fais pas la fête. Je ne participe pas à des fêtes comme ça. Bien sûr. On va réentendre cette chanson, "Tonton", c'est tellement l'amour, au fond. C'est ça que vous chantez, Salif ? Oui, c'est ça. "Tonton, achète-moi des chaussures." "Tonton, achète-moi des habits." "Tonton, achète-moi pour la fête toutes les tenues pour la fête." C'est ça, c'est affectif. Un beau message. Extrait du nouvel album de Salif Keïta, "Un Autre blanc", regardez. [ "Tonton" - Salif Keïta ] Des artistes incroyables encore sur ce disque, Salif Keïta. Ouais et, surtout, j'ai travaillé avec Alpha Blondy, Angélique Kidjo, MHD, Yemi Alade, Black Mambazo, qui sont de très grands chanteurs sud africains connus à travers le monde et qui ont fait un travail de titan sur ceux sur cet album avec dans un morceau appelé "(Niamali)" qui parle de la guerre, qui parle de la bravoure. C'est à dire de la bravoure sur les champs de bataille. Et ils ont assuré, ouais.  Ils sont assuré, parce qu'au fond, tous les artistes africains sont ensemble aujourd'hui. C'est vrai, ça ?

    Oui, parce que j'ai fait quand même avec les gens que j'aime bien et y en a un bon nombre. Il y a le guitariste Ousmane Kouyaté, Hervé Samb, grand bassiste (Ali Mouad), le grand batteur Paco Séry, pour ne parler que ceux-ci parmi tant d'autres qui étaient là pour me dire : "Selif,  comme c'est un des derniers disques, c'est la famille qui va faire ça." Comment, c'est un des derniers disques ? Mais non, ce n'est pas un des derniers disques. Si, dernier album. Je ne serai plus dans un studio. Patrick, pour faire de l'album, ça prendre trop la tête, ça prend du temps et, après, on est épuisé. Je crois que l'âge que j'ai… C'est vrai. C'est vrai. Je m'arrête là comme ça, pour les albums. Je peux faire des duos, je peux travailler avec d'autres personnes, faire dans le sens de la musique et rester avec ma guitare, mais, vraiment, cette fois-ci, l'album, c'est le dernier. Je m'arrête là.  C'est sûr ? Certain, Patrick. Mais, les gens vont en réclamer encore. Ils vont toujours en réclamer. Il y a des jeunes gens qui m'ont dit, il y a la jeune génération qui monte qui va les amuser. Oui, mais Salif continuera de nous enchanter sur scène partout, continuera de chanter, de faire de la musique. Oui ? À cet âge-là, il n'est pas facile, Patrick, d'attraper l'avion, d'attraper le train, d'attraper les bus, les voitures, être sur le chemin, bouger comme si t'avais 25 ans, non. À un certain âge, il faut admettre que c'est bien de se reposer, de prendre ses distances.

    Mais, allez, on va fêter 50 ans de carrière l'année prochaine ! Ouais. Il faut que tu y sois. Il faut absolument qu'il y ait quand même Patrick sur… Avec plaisir et Salif sera là sur ce plateau. On fêtera ça, Salif.

    Promis. Ça me fera plaisir. Merci beaucoup, Salif Keïta. Merci, Patrick.

    À bientôt. À bientôt.

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    00:08:06
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