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  • L'invité

    Maud Fontenoy

    Invitée : Maud Fontenoy, navigatrice et femme politique française.

    La navigatrice Maud Fontenoy, qui dirige une fondation à son nom pour la protection des océans, vient de se voir confier une mission par le ministère de l'Éducation nationale : sensibiliser les enfants des écoles aux défis pour la planète. Elle publie aussi un livre « Les Mers et les Océans pour les nuls ».

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Maud Fontenoy. Bonjour. Navigatrice, présidente d'une fondation qui porte son nom, pour alerter sur les dangers qui menacent la planète et notamment les océans, chargée de mission maintenant par Monsieur Blanquer, le ministre de l'Éducation Nationale carrément, pour apprendre la mer dans les écoles. Pourquoi vous faites tout ça, Maud ? Vous êtes quelqu'un qui dit : "Attention, il y a danger" ?

    Eh bien c'est vrai que c'est le combat de ma vie depuis près de 20 ans aujourd'hu (...)

    Bonjour Maud Fontenoy. Bonjour. Navigatrice, présidente d'une fondation qui porte son nom, pour alerter sur les dangers qui menacent la planète et notamment les océans, chargée de mission maintenant par Monsieur Blanquer, le ministre de l'Éducation Nationale carrément, pour apprendre la mer dans les écoles. Pourquoi vous faites tout ça, Maud ? Vous êtes quelqu'un qui dit : "Attention, il y a danger" ?

    Eh bien c'est vrai que c'est le combat de ma vie depuis près de 20 ans aujourd'hui, c'est-à-dire à la fois comprendre que le milieu marin est la source de toute la vie - la vie, elle est née au milieu des océans, au niveau des sources hydrothermales, il y a 4 milliards d'années -… Oui. …et c'est comprendre combien maintenant on retourne à la mer, comme le dauphin qui a été un animal terrestre à une époque, c'est intéressant de voir les phalanges dans les nageoires des dauphins, qui a été un animal terrestre à un moment donné et qui a rejoint la mer. Oui. Donc l'homme aujourd'hui retourne à la mer pour… C'est-à-dire qu'on va avoir des nageoires ? Non non, vous exagérez.

    Ça veut dire qu'on va puiser la nourriture de l'océan, c'est à la fois la régulation du climat, ce sont 22,000 médicaments, c'est la moitié de l'oxygène que l'on respire ici sur ce plateau, grâce à l'environnement marin. Donc c'est un potentiel incroyable, le trésor de l'Humanité qui pourtant est menacé et c'est ce dont je parle dans ce livre.

    Oui. Alors on va parler du livre. Bien sûr. D'abord un mot sur cette mission. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation Nationale, qui vous dit quoi, Maud Fontenoy ? Il vous dit : "Allez dans les écoles, il faut dire ça aux enfants" ? Disons que ça fait très longtemps que je travaille avec le ministère, que j'ai des programmes dans le cadre de ma fondation dans les maternelles, primaires, collèges, lycées. Donc on éduque la jeune génération à comprendre le lien entre l'homme et son environnement, quels que soient les gouvernements confondus, quels que soient les bords. Et là j'ai accepté cette mission parce qu'elle était bénévole, elle est naturellement apolitique et elle a pour objet de réinstaurer ce qu'on a appelé les "classes de mer", c'est-à-dire emmener nos jeunes et notamment dans les quartiers difficiles, découvrir le milieu marin et voir de leurs propres yeux. Parce que quand on voit, on apprend à aimer et après, quand on aime, on se bat, on se bat pour le protéger et aujourd'hui, il y a urgence à préserver nos océans.

    Oui. Donc il faut l'apprendre dans les écoles. Oui. Vous disiez à l'instant c'est apolitique, on dit quoi ? L'écologie, c'est ni de droite ni de gauche, même si on a dit parfois que vous aviez eu des idées proches de celles de Nicolas Sarkozy.

    L'écologie aujourd'hui - c'est ça qui est formidable -, c'est que depuis finalement, on a vu un point de bascule quand Trump sort des Accords de Paris, c'était d'abord un discours porté par les experts et souvent un petit peu un entre-soi des lanceurs d'alerte. Aujourd'hui maintenant, il n'y a plus de doute, c'est porté par toute la société, c'est une position qui est globale… Oui, ce n'est pas ou de droite ou de gauche alors, ce n'est pas chez Sarkozy ou chez Macron ? C'est partout qu'on va parler d'environnement, c'est tous bords confondus et surtout maintenant, c'est pris en charge par les familles. J'ai vu les mères de famille, qui se prennent ce sujet à bras-le-corps, pourquoi ? Parce que : "Qu'est-ce que je fais manger à mon enfant ? Est-ce qu'il y a des pesticides ? Quel air il va respirer ? Est-ce qu'il sera en bonne santé si je vis dans cette ville ? Faut-il encore que je sois enceinte, alors qu'on me promet un avenir désastreux" ? Vous voyez, c'est des questions qui sont prises en charge par les femmes et par la nouvelle génération et aujourd'hui, dans un souci constant du concret : "Qu'est-ce que je fais ? Comment ça marche" ? Vous voyez, on n'est plus dans des grands discours, on est sur vraiment l'action concrète au quotidien. Oui mais quand même, par exemple, on a vu les résultats aux élections européennes, on a vu le résultat de Yannick Jadot, des écologistes, on se dit : "Les jeunes ont voté pour l'écologie".

    Je pense qu'aujourd'hui, on a pris conscience qu'il fallait vraiment agir et qu'il fallait agir vite, qu'il y a une urgence environnementale et notamment, dans ce qui fait les trois quarts du globe. Parce que notre planète, c'est avant tout une exception : une exception parce qu'elle est bleue, dans le système solaire… Oui, de moins en moins, parce que voilà… Aujourd'hui cette toute petite planète toute bleue, trois quarts du globe, c'est d'abord de l'océan et tout dépend de cette mer. Et aujourd'hui les mers, ce sont malheureusement les marées noires, les marées vertes - on les connaît -, les marées blanches qu'on connaît moins, c'est-à-dire les pesticides, les produits toxiques, les antibiotiques… Les plastiques aussi, qui envahissent les mers. …les plastiques. Et là on se dit : "Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faudrait agir". Mais malheureusement, c'est un constat qui nous pousse à nous alerter et à nous mobiliser, parce que de l'autre côté, c'est ce que je voulais dire, c'est-à-dire l'avenir. On trouve tous les jours, il y a 13 prix Nobel qui ont travaillé sur les océans, on a compris la prolifération des cellules cancérigènes grâce à l'étoile de mer, on travaille aujourd'hui, on lutte contre le sida grâce à l'AZT, qui vient du hareng ; on travaille actuellement sur la peau du requin, parce qu'il a une peau très particulière en forme d'alvéoles, comme nid d'abeilles, qui va empêcher l'adhérence des bactéries et qui va recouvrir nos chambres d'hôpitaux et nos salles d'opérations, pour éviter la prolifération des staphylocoques et autres. Donc c'est un potentiel incroyable en ressources pour notre avenir, qui est sous nos yeux… Oui. …dans lequel pourtant, on déleste nos armements entre les deux guerres : il y a un ancien sous-marin nazi au large de la Norvège, avec des produits radioactifs, du gaz moutarde, du gaz sarin… C'est-à-dire qu'on ne met pas les moyens, on ne fait pas ce qu'il faudrait. …et on laisse ça, c'est une bombe à retardement dans les océans actuellement, ils sont en train de réfléchir - le gouvernement norvégien - à faire un dôme de 12 mètres d'épaisseur de béton pour préserver, au cas où le bateau se disloque. Oui. Donc aujourd'hui dans ce livre, c'est surtout comment tout notre équilibre vient du milieu marin, comment c'est la rencontre entre les peuples,  comment c'est le lien entre les civilisations et comment surtout aujourd'hui, on peut s'armer pour le protéger, qu'est-ce qu'il faut faire au quotidien, c'est un message d'espoir.

    Oui. Oui oui oui mais quand même, vous dites Maud Fontenoy : "C'est les mers et les océans Pour les Nuls" !  C'est la célèbre collection d'ailleurs Pour les Nuls. C'est un livre qui se lit avec tout le monde. Et on a envie de vous dire : "Mais on est tous des Nuls", c'est qui les Nuls ? C'est ceux qui nous dirigent ? C'est qui ? C'est chacun d'entre nous parce que chaque jour, il faut apprendre. Et dans ce livre en fait, qui est finalement un gros pavé, qui se lit en long en large, en famille, tranquillement, par petits bouts, c'est apprendre… On apprend plein de trucs. …on apprend plein de choses voilà exactement. L'eau recouvre la terre, effectivement, on voit d'où ça vient et on le sait mal tout ça, on l'ignore.

    Oui. Pourquoi est-ce qu'il y a de l'eau sur la Terre ? Et ça serait une grande comète gigantesque, glacée, qui aurait percuté et qui aurait finalement apporté l'eau sur Terre. Comment la vie est née dans les océans ? Est-ce qu'on connaît aujourd'hui 1% de la biodiversité marine ? Donc il y a un potentiel incroyable en solutions. C'est comment préserver, je vois des belles images là qui passent en même temps derrière nous, c'est-à-dire que c'est aussi un environnement qui nous fait rêver, il y a les artistes. C'est magnifique ! Oui mais en même temps, ça nous fait rêver Maud Fontenoy, mais on se dit : "Bon tout ça est menacé très clairement", on voit bien la disparition des espèces vivantes sur Terre, ça n'épargne pas les océans, les espèces qui disparaissent. Aujourd'hui, c'est sûr que les océans qui sont gigantesques - et Dieu sait que je les connais, pour les avoir traversés en long et en large, à la rame, à la voile - j'ai voulu montrer justement par mes aventures, que le défi qu'on a face à nous - comme celui de traverser un océan -, c'est avant tout une grande montagne. Et que cette montagne, elle se coupe petit bout par petit bout, étape après étape. Donc aujourd'hui, moi je pense qu'on ne peut pas à la fois être responsable et désespéré. Aujourd'hui, si on est responsable, on a envie d'agir, on a envie de se mobiliser. Et c'est pour ça que dans ce livre, je dis quels sont les poissons qu'on peut consommer, quels sont les poissons à éviter, comment il va falloir arrêter naturellement de faire de l'élevage avec des poissons qui mangent, pour un kilo de poisson mangé, on va en utiliser quatre pour le nourrir, donc il va falloir avoir des poissons comme le tilapia, qui sont des poissons végétariens. Enfin, c'est des (solutions) très concrètes, sur comment justement sauvegarder cet environnement magnifique.

    Oui, on voyait à l'instant des images, Maud Fontenoy, de vos exploits, navigatrice. Ça vous manque ça ? vous dire : "La mer, c'est quand même un truc" !

    La mer me manque tous les jours, parce que j'ai appris à rester zen en mer, à rester passionnée en mer, j'ai envie de faire découvrir les milieux marins à toute cette jeunesse de France et d'ailleurs. Et c'est ce que je fais dans le cadre de ma fondation avec mon bateau, avec nos programmes éducatifs. Et là avec ces classes de mer, que le gouvernement français a envie de réinstaurer, je pense qu'il faut apprendre à découvrir ce milieu-là, qui nous fait tellement rêver et où on a encore un vrai espace de liberté ; qui pose naturellement question,  puisqu'aujourd'hui, 60% de la haute mer est sans juridiction. Donc on a créé des traités pour le fond marin et aucun sur ce qu'on appelle la "colonne d'eau" donc, la majorité de la mer, dans laquelle on peut prélever ce que l'on veut, dans laquelle on peut rejeter ce que l'on veut. Donc il y a encore beaucoup de choses à faire, mais il y a aussi beaucoup de gens enthousiastes, qui ont envie de prendre ça à bras-le-corps. Les Nuls, les voilà, les Mers et les Océans. Merci Maud Fontenoy, d'avoir été notre invitée. Merci.

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