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  • L'invité

    Stephan Eicher

    Invité : Stephan Eicher, auteur-compositeur-interprète suisse.

    Stephan Eicher fait son grand retour avec « Hüh ! », un album où il revisite ses titres légendaires avec une fanfare venue de Berne, le Traktorkestar.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Oh là là, mais quel réflexion. Il est un penseur. C'est une joie de le recevoir. Bonjour, Stephan Eicher. Bonjour.

     Pourtant, j'avais presque envie de vous réveiller. J'ai envie de vous dire "Hüh!".

    Je suis réveillé, ne vous inquiétez pas.

    "Hüh!", ça veut dire quoi ?  On s'assoit en Suisse sur un cheval, on dit "Hüh!". Qu'est-ce que vous dites en France ? On dit "Hüh! cocotte", "Hüh…"  Cocotte ? C'est MeToo… Le cheval n'est pas la partie "cocotte".
    (...)

    Oh là là, mais quel réflexion. Il est un penseur. C'est une joie de le recevoir. Bonjour, Stephan Eicher. Bonjour.

     Pourtant, j'avais presque envie de vous réveiller. J'ai envie de vous dire "Hüh!".

    Je suis réveillé, ne vous inquiétez pas.

    "Hüh!", ça veut dire quoi ?  On s'assoit en Suisse sur un cheval, on dit "Hüh!". Qu'est-ce que vous dites en France ? On dit "Hüh! cocotte", "Hüh…"  Cocotte ? C'est MeToo… Le cheval n'est pas la partie "cocotte".

    On y va, on avance. Cet album qui arrive, qui nous fait tellement du bien, après sept ans du précédent. C'est un album qui dit : "Allez, il faut se lever, il faut y aller."  

    Oui. Si vous êtes couché dans un lac de confettis : "Lève toi, pars, bouge, bouge, bouge". C'est un moment.

    C'est un album qui veut dire qu'il y a eu un peu ces temps d'emmerdes, Stéphane ? Pas un peu, des années d'emmerdes.

    Ce qui est arrivé, c'est la digitalisation dans la musique. Je crois, dans la musique, c'était le premier métier qui était vraiment frappé plein pot. Ce sont les secrétaires, les docteurs, les chauffeurs de taxi qui vont suivre un peu plus tard. Même les journalistes : désolé, ça commence déjà. Et je n'étais pas tout à fait d'accord de la façon que les propriétaires de ma musique… Parce qu'il faut se souvenir que les musiciens ne sont pas propriétaires de leurs œuvres. Ça appartient à des maisons de disques ou des éditeurs. Et je ne trouvais pas vraiment bien comment on a attaqué cette crise. J'ai toujours pensé qu'il fallait l'attaquer ensemble, les propriétaires des œuvres et les créatifs. Et j'ai remarqué que non, ce sont plutôt les propriétaires qui vont en direction, que les créatifs ne trouvaient peut-être pas l'endroit… Moi, je n'aurais pas pris le Titanic. Si je pouvais refaire l'Histoire…  Du coup…  Mais ça sort, j'ai la même maison de disques. On va vous raconter tout sur cet album, sur cette pochette incroyable, sur cet orchestre qui vous accompagne. On se dit : "Combien de temps fallait-il attendre ?". Stephan Eicher, regardez. Combien de temps, combien de temps ? Si on restait face à face sans un mot Sans une gomme qui efface Combien de temps, combien de temps ? Et je bois, je bois Et je suis saoul de toi

    Écoutez, Stéphane… Daniel Hechter. Voilà, Daniel Hechter.

    On a envie de danser là-dessus.

    C'est l'idée. Je voulais faire un disque physique. Parce qu'avant, je faisais une tournée avec des automates, des robots. Encore une fois, quelque chose qui va arriver à tout le monde : des robots qui remplacent. C'était une tournée solo. J'adorais, artistiquement. J'adorais le fait d'être tout seul, un peu nu devant un public. J'ai trouvé ça artistiquement très, très satisfaisant. Et ça m'a bien occupé. Mais je me disais, après, que je voulais faire partie d'une communauté, je ne voulais pas être seul. La musique se fait à plusieurs. Faire une musique physique : ça fait longtemps que je ne faisais pas de musique physique. Je pense qu'il y a deux métiers de musicien : faire pleurer les gens, ça je le fais depuis 10 ou 15 ans ; et danser, ça je le faisais à mes débuts. Et là, j'ai eu envie de revenir vers ce deuxième métier : faire danser les gens.

    On retrouve des classiques du répertoire, évidemment. On retrouve "Combien de temps ?". On retrouve "L'Envolée", "Étrange" ; "La Chanson bleue" orchestrée, je vais le dire, par le Traktorkestar. Pas facile à dire.

    Ce n'est pas facile, même pour moi. Au début, je me trompais : Traktorkestar. C'est un groupe avec trois batteurs et neuf cuivres.

    Oui, plus c'est plus. Je ne suis pas un minimaliste, je suis un maximaliste. J'ai envie d'être généreux. Trois batteurs, c'est généreux.

    C'est un orchestre balkanique ?  Oui, ça vient de… 

    Il faut se souvenir que la Suisse est un des premiers pays qui a reçu des immigrants de la Yougoslavie, qui étaient en train de se (déluder) dans l'Europe. Et il y a beaucoup de Serbes, d'Albanais, de Croates, qui sont venus en Suisse. Ces parents qui sont venus sont de très bons musiciens et des bons footballeurs. Grâce à eux, la Suisse fait un peu de football. Et ils ont cet son des Balkans, qui est maintenant dans la musique suisse devenue une partie importante. Et moi, j'aime bien ces choses, de s'habiller avec des vêtements qui sont volés, quelque part… On va regarder le cheval. Stéphane, regardez. C'est un soldat. Et je le faisais avec une hernie discale. Merci beaucoup. Bravo, bravo. Regarder : "Aïe, ouïe, aïe, aouch !" Combien de, combien de temps ? Combien de, combien de temps ?

    Combien de, combien de temps ?

    Combien de, combien de temps ?

    On a envie de vous accompagner dans cette balade à cheval. En plus, c'est à la maison. J'habite en Camargue. J'ai des amis camarguais, aussi les acteurs, ils ont tous un tout petit groupe qui font beaucoup mes premières parties, pour se foutre de ma gueule.

    Ça fait penser ça fait penser quand même aux Yéniches, ces gens du voyage, un peu comme les gitans. La Camargue… Les Yéniches, ce sont vos grands-parents. 

    Oui, les Yéniches sont une population qui sont des gens du voyage, mais qui étaient forcés… Dans mes recherches au 17ème, 18ème, ils étaient forcés de faire des voyages parce qu'ils ont perdu leur travail, et ils ont dû aller sur la route. On n'est pas… C'est un autre langage que le sinti, ça veut dire, comme vous dites, les gitans. Pas vraiment… Le langage est différent, il y a beaucoup de mots yiddish dans le yéniche. C'est un mélange de… C'est devenu une population de voyageurs qui étaient vraiment repressés dans les années sombres en Allemagne. Sauf qu'en Suisse, on a continué jusqu'aux années 70. Et les oppressés…

    Votre grand-mère avait dû quitter l'Allemagne, je crois, au moment de la guerrepour aller en Suisse. Et en Suisse, ils n'étaient pas beaucoup mieux traités. 

    Il y a un petit film autour de cinq familles, des Yéniches, des familles de musiciens. Ils ont choisi de prendre ma famille. Quand j'ai regardé le film… Je fais seulement des interviews parce que c'est une histoire un peu sombre dans la famille. Quand j'ai regardé le film, ça m'a  fait un peu froid dans le dos, mais je continue de faire de la musique. Je suis (inaudible) quand même parce que c'est mon métier. Et toujours se réinventer. Ce qui est incroyable chez vous… Non, je crois que j'oublie. C'est plutôt un truc, tu vois… J'oublie ce que j'ai fait hier. Je fais de nouvelles choses.

    C'est le plaisir de mon métier, d'être créatif. On dit "jouer la musique", en français aussi ? On joue. On joue. L'idée du jeu est restée dans mon travail. Il ne faut pas être super sérieux dans la musique. Il faut jouer avec les cordes, avec les idées. C'est mon métier. Et donner du bonheur aux gens ?  Si je suis bon, oui. J'espère être bon. Si, allez. Je ne sais pas. Oh, oui. Si, vous êtes bon. Je n'ai jamais vu un concert de moi, donc je ne sais pas. Il y a des gens qui reviennent. Je vous raconterai, j'en ai vus. Avec plaisir, parce que vous en avez déjà vus plusieurs. 

    J'ai vu. À Montreux Jazz et ailleurs.  C'était une chouette soirée. Stephan Eicher est là, "Hüh, hüh, hüh!" H U avec un…  Oui, pour embêter les journalistes français. 

    Et encore un H. Comment je vais un Umlaut ? Oui, vous ne dites pas les H. Oui, j'aime bien foutre la merde. Le bus est impossible à écrire.

    Traktorkestar, quand même. Merci. Stephan Eicher était notre invité, un bonheur. Merci, Stephan.

    Au revoir, merci.

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    00:08:19
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