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  • L'invité

    Jacques Attali

    Invité : Jacques Attali, économiste français.

    En partenariat avec TV5MONDE et avec sa fondation Positive Planet, il préside la 2e Semaine du cinéma positif.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour Jacques ATTALI !

    Bonjour !

    Vous êtes le président de Positive Planet ; vous organisez la semaine prochaine avec le début du Festival de Cannes pendant la quinzaine, la semaine du cinéma positif. On va en parler dans quelques instants, en partenariat avec TV5 Monde. Tout d’abord, vous êtes considéré comme l’un de ceux qui avaient mis le pied à l’étrier à Emmanuel MACRON, les premiers à avoir cru en lui, vous êtes heureux aujourd’hui, Jacques ATTALI ?

    (...)

    Bonjour Jacques ATTALI !

    Bonjour !

    Vous êtes le président de Positive Planet ; vous organisez la semaine prochaine avec le début du Festival de Cannes pendant la quinzaine, la semaine du cinéma positif. On va en parler dans quelques instants, en partenariat avec TV5 Monde. Tout d’abord, vous êtes considéré comme l’un de ceux qui avaient mis le pied à l’étrier à Emmanuel MACRON, les premiers à avoir cru en lui, vous êtes heureux aujourd’hui, Jacques ATTALI ?

    Bien sûr ! C’est entré dans un débat politique, ça rejoint assez largement le cinéma positif ou l’économie positive qui est le fondement de la fondation que je préside puisque l’économie positive, c’est travailler dans l’intérêt des générations suivantes, parce qu’on pense que demain peut être mieux qu’hier et mieux qu’aujourd’hui. Et au fond, le débat politique français se résumait à un débat entre ceux qui pensaient que ça peut aller mieux demain et ceux qui pensaient que c’était mieux hier et qu’il fallait retourner à hier.

    Oui, vous avez senti les capacités d’Emmanuel MACRON. La première fois où vous l’aviez rencontré, personne ne le connaissait !

    Oui, disons que si je ne l’avais pas rencontré, il serait aussi aujourd’hui président de la République, il ne faut pas grossir les choses.

    Oui, mais vous lui diriez quoi aujourd’hui, la tâche est immense ?

    Je ne lui dirais rien du tout, je le laisse travailler.

    Oui, aujourd’hui c’est le cinéma positif qui va être célébré, parce qu’avec cette fondation, vous dites aujourd’hui Jacques ATTALI, il faut regarder à travers le cinéma, le monde d’une autre manière !

    Oui, il faut regarder à travers tous les arts, le monde d’une manière à considérer que l’art est d’abord un art, c’est-à-dire une expression de la beauté, de la sensibilité d’émotion, mais aussi il peut être un instrument de la prise de conscience de l’éveil et le cinéma que nous avons appelé positif, c’est le cinéma qui n’est pas un cinéma nécessairement optimiste, au contraire ; des cas de cinémas lanceurs en alerte et qui expriment une vision sur les dangers que courent nos sociétés et ce qu’on peut faire pour le résoudre, qui tout en étant une œuvre d’art. Et ce cinéma positif, nous avons voulu, grâce à l’appui aussi de Thierry FREMAUX et Pierre LESCURE comme on a eu celui de Gilles JACOB avant, l’inscrire à l’intérieur même de la ville de Cannes et du festival comme étant un moment particulier dans lequel on met en lumière les films positifs.

    Donc, vous avez un jury…

    Oui, on a un jury.

    Dans lequel TV5 Monde, Yves BIGOT participe.

    Voilà, on a un jury, on a fait une sélection particulière, on remettra les prix du meilleur film positif, du meilleur documentaire positif et du meilleur premier film positif, c’est-à-dire meilleur film lanceur d’alerte le soir du 24, qui est le dîner final de la semaine du cinéma positif. Pendant toute la semaine, nous allons projeter des films sur les plages et dans les salles de Cannes. TV5 va projeter des films positifs, il y aura une projection aussi à Paris et on va projeter en particulier 2 films particulièrement exemplaires, on va projeter Missing, sur la plage, de Costa GAVRAS et puis Mister Smith au sénat de Frank CAPRA, qui est l’autre personne que nous voulons honorer, même si aujourd’hui il est disparu.

    Oui, quand vous disiez Costa GAVRAS ? Il sera là lui ?

    Il sera là !

    Il sera très présent. Finalement, c’est une forme de cinéma engagé Costa GAVRAS.

    Oui, c’est une forme engagée. Il parle souvent de cinéma politique, moi je préfère parler de cinéma positif, parce que ce n’est pas un cinéma en faveur d’une thèse ou une autre, c’est une faveur de la prise de conscience de ce qui compte pour les générations suivantes, des enjeux de demain. Quand Costa a commencé le cinéma, c’était dans les années 60, le monde était très différent, mais en même temps, il a alerté sur les dangers qui sont d’une extrême actualité aujourd’hui et il faudrait aujourd’hui que les cinéastes fassent pareil, alertent les dangers qui vont être là dans 50 ans justement pour qu’on les évite.

    Oui, Yann ARTHUS-BERTRAND…

    Il sera là aussi.

    Il y aura des débats organisés, c’est-à-dire qu’on va parler aussi…

    On va aussi projeter sur la plage un de ses films.

    Oui, l’avenir de la planète, c’est un des thèmes finalement récurrents.

    Oui. Il y a beaucoup de thèmes qui sont liés à l’avenir de la planète d’un point de vue écologique et l’avenir démographique, l’avenir politique, l’avenir social, tous les enjeux qui nous concernent, il y a aussi les enjeux propres au cinéma parce qu’il faut que le cinéma, pour qu’il puisse être positif, il faut vraiment qu’il soit accessible et donc, c’est un grand débat sur la diffusion du cinéma, sur les conditions d’accès pour tous du cinéma dans les salles, peut-être pas seulement dans les salles, mais la façon dont tous nous avons accès à ce formidable art, qui est en même temps un art éveilleur de conscience.

    Oui, l’année dernière, vous aviez récompensé des films extraordinaires. Alors, dans la catégorie hommage Le Dictateur de Charlie CHAPLIN ; récompensé parce que ça, c’est précurseur.

    Oui, bien sûr. C’est évidemment un film qui a été tourné avant la guerre et qui annonçait toutes les catastrophes de ce que HITLER allait commettre et en même temps l’utopie pour après la guerre, qui a été reprise après, donc c’est vraiment le film positif par essence.

    Oui, la loi du marché de Stéphane BRIZÉ récompensé également meilleur film de fiction…

    Qui était…

    C’est pour dire aussi la réalité du monde du travail d’aujourd’hui ?

    Voilà, la réalité du monde du travail, la réalité du chômage et la nécessité de prendre conscience de ces enjeux. D’ailleurs, ce n’est par un hasard, si après ce film, le chômage a été évidemment un des enjeux majeurs de la dernière campagne présidentielle et la campagne législative qui commence.

    Oui, Demain, ça, c’est un film finalement optimiste.

    C’est un film…

    Un film qui montre tout ce qu’on peut faire.

    Qu’on a des solutions positives. C’est aussi un documentaire que nous avons honoré l’année dernière et cette année, il y a beaucoup de films en compétition et les résultats du jury montreront des films extraordinaires aussi.

    Je pense aussi à Mustang que vous avez récompensé.

    Oui…

    Ça, c’est la banlieue ! C’est finalement, c’est la vie dans les cités.

    Oui, qui est aussi un enjeu considérable dans lequel d’ailleurs la fondation Positive Planet travaille et nous travaillons tous de façon extrêmement active pour aider les jeunes des quartiers à sortir de la pauvreté, à créer leur emploi.

    Oui, c’est une ONG, une organisation non gouvernementale. Quand vous dites Jacques ATTALI, vous vous battez, c’est pour ça ! Finalement, c’est pour cette fraternité, c’est pour cette diversité ?

    Oui, c’est pour que le monde de demain soit meilleur que celui d’aujourd’hui, c’est pour faire en sorte que chacun ait les moyens de faire ce que j’appelle un devenir soi, c’est-à-dire chacun devienne ce qu’il a profondément en lui-même, qu’il réussisse, qu’il ne soit pas condamné à être simplement un exploité du système ou un résistant contre le système, mais un acteur du système.

    Oui, au fond, tout s’enchaîne, c’est-à-dire qu’on parle d’économie, on parle de culture, on parle de société de valeur.

    Absolument, d’éthique, de politique ; c’est ce que le cinéma incarne magnifiquement et le cinéma est d’abord une distraction. Il y a aussi, d’ailleurs… Souvent, on me pose la question « est-ce qu’il y a un cinéma négatif ? » Oui, il y a un cinéma négatif. Cinéma négatif qui peut être aussi une œuvre d’art, c’est le cinéma qui fait l’apologie de la violence, de la barbarie, de la noirceur, du pessimisme, de l’impuissance. Ce cinéma existe et certains l’honorent, mais ce n’est pas un cinéma positif, c’est un cinéma négatif et qui en cela parfois même, parce qu’on donne à voir la violence, crée les conditions de sa matérialisation.

    Oui, alors TV5 Monde va accompagner en partenaire de cette semaine et on verra des films sur TV5, sélection de films pour cette semaine du cinéma positif, je vous citerai La pirogue de Moussa TOURÉ, je citerai Timbuktu d’Abderrahmane SISSAKO, Fatima de Philippe FAUCON. Plein d’autres films qu’on pourra donc découvrir sur TV5 Monde. Quand vous parlez…

    Qui sont des films positifs.

    Oui, mais au fond, la fiction ça aide à comprendre le réel ?

    Bien sûr, la…

    Que ce soit le cinéma ou la littérature d’ailleurs ?

    Parce que le réel est toujours beaucoup plus invraisemblable que la fiction. Vous savez il y a 3 ans, j’avais dit que le prochain président de la République serait un inconnu, beaucoup de gens ont considéré que c’était impossible, et voilà, la réalité est souvent bien plus invraisemblable que la fiction.

    Merci beaucoup Jacques ATTALI, TV5 Monde, dont très fier d’être le partenaire, un des partenaires de cette semaine du cinéma positif du Festival de Cannes que vous pourrez vivre chaque jour sur TV5, merci beaucoup !

    Merci !

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    00:07:51
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