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  • L'invité

    Pierre-François Martin-Laval, Assad Ahmed, Fahim Mohamad

    Invités : Pierre-François Martin-Laval, réalisateur et acteur ; Assad Ahmed, acteur ; Fahim Mohamad, joueur d'échecs.

    C'est l'histoire vraie d'un enfant bengali réfugié en France avec son père, qui va gagner sa liberté et celle de sa famille en devenant champion de France d'échecs. Fahim Mohamad, qui a inspiré « Fahim », est en compagnie de Pierre-François Martin-Laval, qui a réalisé le film, et d'Assad Ahmed, le jeune comédien qui joue son rôle.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Transcription

    S'insérer dans la société, est-ce que ça c'est dans votre programme, Monsieur Mohammad ?

    Bonjour, Monsieur Martin-Laval

    Bonjour, Patrick. Quel film et quelle émotion surtout que ce Fahim. Et puis surtout, ces deux personnages, je voudrais que vous me les présentiez. Tout simplement, Fahim Mohammad, la personne qui a changé ma vie en me racontant la sienne dans Un Roi clandestin, dans son livre dans lequel j'ai puisé évidemment, et dont je me suis très largement inspir (...)

    S'insérer dans la société, est-ce que ça c'est dans votre programme, Monsieur Mohammad ?

    Bonjour, Monsieur Martin-Laval

    Bonjour, Patrick. Quel film et quelle émotion surtout que ce Fahim. Et puis surtout, ces deux personnages, je voudrais que vous me les présentiez. Tout simplement, Fahim Mohammad, la personne qui a changé ma vie en me racontant la sienne dans Un Roi clandestin, dans son livre dans lequel j'ai puisé évidemment, et dont je me suis très largement inspiré pour faire le film. C'est donc Fahim qui était un petit bangladais joueur d'échecs et qui est devenu SDF sans papiers, champion de France des moins de 12 ans. C'est lui. Bonjour. Puis, Assad qui m'impressionne aussi autant parce que… Qui est le comédien. Voilà, le petit Assad Ahmed. Il était petit en tout cas pendant le tournage. Maintenant, c'est un grand dadet. C'est une personne qui n'était pas invitée au casting. J'ai été au bout de sept mois de casting désespéré, il attendait dans la rue un copain et on l'a rattrapé. Il ne voulait pas, il ne voulait pas jouer, il ne voulait pas tourner. Il ne parlait pas français. Il venait de rejoindre son père qui était réfugié politique. Et puis, quelques mois plus tard, ça donne un prodige, vraiment. Pour tous ceux qui ont vu le film déjà, ils n'en reviennent pas de ce qu'il a fait, parce que je lui ai donné des scènes très difficiles à jouer pour un premier film, des scènes que moi-même je ne saurais pas jouer.

    Fahim, tu t'es reconnu dans ce qu'a fait Assad, dans ce personnage à l'écran ?

    Oui, il y avait beaucoup de moments où je me disais : "Oui, c'est moi." Surtout les moments où j'arrive en retard, oui, c'est complètement moi. Il y a d'autres moments où je me reconnais moins, mais c'est normal, ça fait partie du film et c'est complètement normal. Le film s'appelle Fahim, c'est toi. C'est ça. Regardez la bande-annonce.

    Il y a plus d'aventures sur un échiquier que sur toutes les mers du monde.  Je ne change pas le règlement le jour de la compétition. Tu connais le règlement, Sylvain. Pas de papiers, pas d'échiquier.  Donne-lui sa chance. 

    J'ai vu de la passion, j'ai vu des nains devenir des géants. Je suis fier d'être votre professeur. Pierre-François, on voit ces images. Le père qui est extrêmement touchant. Mizanur Rahaman. Raconter cette histoire incroyable, ils fuient ce pays, ils sont menacés de mort. Ils quittent les gens les plus importants de leur vie aussi. C'est ça que je voulais raconter. Je voulais vraiment qu'on se rende compte, mais moi le premier, quand j'ai lu son histoire, ça m'a fait grandir, qu'on se rende compte que ces gens-là il faut arrêter de dire juste que ce sont des migrants : ce sont des réfugiés politiques, ils étaient en danger de mort, ils ne sont pas venus parce que l'herbe est plus verte. Ils n'avaient rien en France, ils ont vraiment fui. Il faut savoir que 30 000 enfants disparaissent chaque année, dans les années 2008 là-bas. Ils ont pris une décision extrêmement courageuse. Ils arrivent en France. Le père va se retrouver, on va voir le film, on peut le dire, SDF. P ourtant, ils apprennent le français. Et surtout, lui va rentrer dans un club à Créteil, d'échec. Parce qu'il est un champion incroyable. Et il va croiser le destin d'un personnage interprété par Gérard Depardieu dans le film… Qui va contribuer à sauver sa vie. Et qui lui-même, du coup, grâce à ce petit gamin, va retrouver un sens à sa propre vie.

    Exactement. C'est une très, très belle rencontre. Je pense que c'est aussi pour ça que Depardieu a dit oui tout de suite. C'était la personne la plus simple à convaincre. Et c'est aussi très drôle parce qu'il a des copains, j'ai pris ça dans le livre aussi, qui sont très rigolos. Il y en a qui lui apprennent le français à leur manière, aussi. Il faut savoir qu'il a appris en cinq mois le Français, Fahim. Et Assad ne parlait pas de Français avant le tournage. T'es bilingue maintenant ?

     Oui, tu parles bien français maintenant. Je parle un peu bien, oui.

    Il parle bien, il parle bien. Assad, c'était comment de jouer dans le film de Pierre-François ?

    C'était trop bien. Oui. Je suis content de jouer avec des amis et Gérard Depardieu.

    Il est impressionnant, Depardieu ? Oui.  Quand même. Il était cool avec toi ?  Oui, il a été cool. Il a beaucoup pété, hein ? Ouais. 

    Ça, on ne peut pas le dire.

    Non, on ne le dit pas, vous allez le couper ça. Ils ont beaucoup rigolé. Il est un peu intimidé par les caméras, mais il faisait le couillon, lui, sur tout le film. Il est incroyable, incroyable de vérité. Il est touchant, on pleure dans ce film. Le spectateur, il est pris. Belle histoire de ce jeune homme quand on y pense. Ça nous déchire. Fahim, tout ce qui t'est arrivé quand tu y penses ? 

    Ça, il y a quelques années, je ne l'aurais jamais cru. Et ben voilà, c'est ça qui est… C'est ça, la vie aussi. C'est beaucoup de surprises. Et là, je le suis agréablement, donc tant mieux.

    Et comme dans le film, aux échecs, aux championnats de France, tu les battais tous les uns après les autres ?

    C'était peu plus difficile, les championnats de France. Mais c'est vrai que… Je devais vraiment le gagner… C'est ça qui a changé ta vie.  Ça a sauvé ton père de la rue.

    J'avais beaucoup de pression parce que je voyais que mon père était à bout. Ça y est, il en avait marre, il était à bout de toutes ces histoires, il n'en pouvait plus. C'était un peu la dernière chance. Et finalement, ça a marché, tant mieux. Mais je me demande juste ce qui se serait passé si je ne l'étais pas devenu, en fait. C'est assez flippant.

    Ça montre aussi qu'il faut se surpasser, qu'il doit se surpasser.

    C'est ça aussi, la France. C'est des gens qui ont du courage, qui ont l'intelligence, la présence d'esprit…  Beaucoup de solidarité. Il y a beaucoup d'autres Fahim ? 

    Et oui, il y en a beaucoup d'autres, il y en a beaucoup d'autres. C'est pour ça aussi qu'on a envie de faire ce film. Mais malheureusement, beaucoup d'autres qui ne seront pas champions, qui ne seront champions de rien. Voilà. Qui n'ont pas la possibilité de faire ça. C'est très difficile d'arriver à prouver qu'on était en danger de mort dans son pays. Il faut prouver que le gouvernement de son pays ne nous a pas aidés. C'est extrêmement difficile à prouver, ça. Et puis, quand on a la chance d'avoir un titre de séjour, il faut le payer 609 euros le timbre, c'est très cher. Il y a beaucoup de choses compliquées qui ne les aident pas.

    Mais là quand même, c'est chouette ? Oui. C'est une belle histoire. Dis-nous, Assad.

    Allez, Assad. Allez, dis-nous.

     Il a un sourire incroyable. Il déconnait avec Depardieu pendant trois mois et là… Tu déconnais avec Depardieu ? Oui. Tu faisais quoi ?

    Bah, je ne sais pas…

    Non, mais ils étaient complices. La première fois qu'ils se sont rencontrés, je ne sais pas si tu te souviens, Assad, mais Gérard Depardieu au début n'y connaissait rien aux échecs. Et Assad, il s'est foutu de sa gueule parce que lui, il avait bien progressé. Tu étais meilleur que lui aux échecs. Oui. Et donc Depardieu, ça l'a vachement touché. Du coup, ils sont devenus cul et chemise. Et Depardieu s'est mis au travail, il s'est mis à apprendre les échecs. Maintenant, on va finir évidemment avec Fahim.

    Heureux de tout ça, de ce film ?

    Oui, bien sûr. Et surtout, c'est un très, très beau film. On ne peut que… On peut remercier Pef, c'est un gros travail fait par lui, il faut le dire. Et bien sûr, très très content. Et on vous attend nombreux dès le 16 octobre. Et je remercie aussi Isabelle Nanty… Qui est formidable aussi dans le film.

     qui époustoufflante dans le film.

    Merci beaucoup à tous, Pierre-François, Assad, et Fahim du titre, pour ce film qui nous touche tellement. Merci à tous les trois. Merci.

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    00:08:29
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