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  • L'invité

    Souheil Ben Barka

    Invité : Souheil Ben Barka, réalisateur marocain.

    Cinéaste engagé, considéré comme l'un des pères du cinéma marocain, Souheil Ben Barka fait son grand retour avec la fresque historique « De sable et de feu », projetée en avant-première à Bamako, en présence notamment du président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Cette superproduction est basée sur une histoire vraie du XIXe siècle qui en dit long encore aujourd'hui sur l'islam et la réalité des relations entre l'Europe et le Moyen-Orient.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    C'est l'un des plus grands cinéastes marocains que j'ai le plaisir d'accueillir. Chacun de ces films est un événement. De Sable et de Feu, Souheil Ben-Barka est de retour. Je suis ravi de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde. C'est un film incroyable que vous allez présenter, qui va sortir à la fin du mois au Maroc, qui sort en France, en Afrique et présenté en avant-première au Mali devant le président notamment du Mali qui y a assisté. C'est une grande fresque historique. C'est ce qu'on (...)

    C'est l'un des plus grands cinéastes marocains que j'ai le plaisir d'accueillir. Chacun de ces films est un événement. De Sable et de Feu, Souheil Ben-Barka est de retour. Je suis ravi de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde. C'est un film incroyable que vous allez présenter, qui va sortir à la fin du mois au Maroc, qui sort en France, en Afrique et présenté en avant-première au Mali devant le président notamment du Mali qui y a assisté. C'est une grande fresque historique. C'est ce qu'on dit, je ne sais pas. C'est au public de le dire, ce n'est pas à moi. C'est un film qui nous ramène dans un siècle où le monde est en train d'être bouleversé. Effectivement, c'est un film dont l'histoire se situe entre 1802 et 1818. Il raconte l'histoire de deux personnages absolument exceptionnels, un espion espagnol qui s'appelle Domingo Badia de son vrai nom et qui prend le nom, Talleyrand lui donne le nom d'Ali Bey El Abbassi, le fils d'un Turc opposant aux Ottomans. Et sa rencontre avec Lady Esther, la nièce… D'une aristocrate anglaise, une histoire d'amour. Dont le roi était très amoureux. Il voulait même en fait le premier ministre anglais. Depuis qu'elle a rencontré ce personnage, c'est fini. Du coup, ce beau Syrien, polyglotte, très, très, très cultivé, l'a séduite complètement. Elle s'est convertie à l'islam. Ça donne une histoire d'aventure et une d'amour. Je vous propose, Souheil Ben-Barka, qu'on regarde des images. Ça s'appelle De Sable et de feu. Vous allez voir, c'est un très grand film.  Eliminer le sultan, Votre ? Je suis un homme d'honneur. Capitaine Badia, vous êtes d'abord un soldat. Dis-lui que je suis parti à cause d'(inaudible). Exécuter (inaudible), c'est honorer Allah. C'est honorer l'islam et je vous ordonne de n'en épargner aucun. Jurez sur le Coran. Allahou akbar, Allahou akbar. Le Dieu auquel vous croyez est un dieu qui comprend et qui pardonne. Or mon Dieu, lui, exige et punit.  Votre protégé, Talleyrand, est-ce un génie ou un fou ? Vous avez tourné des scènes absolument incroyables,  parfois plus de 1.000 figurants pour des scènes d'histoire qui se sont vraiment passées, Souheil Ben-Barka.  Absolument. C'est une histoire vraie. D'ailleurs, Bernard Stora et moi, mon scénariste, nous sommes restés trois ans pour voir ce qu'il faut éliminer et ce qu'il faut prendre. Parce que quand on lit l'histoire de ces deux personnages, ce sont 30 épisodes de 50 minutes. On ne pouvait pas le faire. On n'avait pas les moyens. Comment ramener 30 épisodes de 50 minutes à 1 heure 50 de film ? Ça n'a pas été facile. C'est une superproduction avec des financements espagnols, italiens. Evidemment, c'est un film marocain tourné en grande partie au Maroc.  Tout à fait. 70 % du film a été tourné au Maroc, 20, 25 % du film au Palais Royal à Turin. C'est un palais Bourbon, ça convenait parfaitement, et le reste en Angleterre.  On va revoir des images de cette bande-annonce de ce film. On l'entendait à l'instant, on y parle de sujets presque actuels. On y parle de religion, de tolérance. Tout fait. Le fait est que cette histoire sur fond d'espionnage, parce que Domingo Badia a été envoyé par le Premier ministre Godoy pour renverser le sultan du Maroc qui s'était allié aux Anglais. A l'époque, c'était Gibraltar. C'est très épineux comme situation. Pour punir le sultan du Maroc, on décide de l'éliminer. On lui envoie ce personnage exceptionnel qui parlait très bien l'arabe, qui se fait passer pour un Abbasside, un descendant du Prophète. Ce n'est pas n'importe quoi. Il s'arrange pour devenir l'ami du sultan qui le reçoit très, très bien et qui soulève toutes les tribus hostiles au sultan pour l'abattre. Sauf que le roi d'Espagne n'était pas au courant de cette histoire. C'était un complot manigancé en dehors du roi d'Espagne qui était ami du roi du Maroc.  Derrière ça, je le disais, il y a la question de la religion, de l'islam. Il y a deux Islam déjà. Tout à fait. Tout à fait. Le problème, c'était quoi ? C'était pour Godoy, parce que Godoy avait peur de Napoléon. Il savait que, tôt ou tard, Napoléon allait envahir l'Espagne. Pour lui, contrôler les deux rives de la Méditerranée le rendait puissant. Du coup, il fallait absolument rallier le Maroc à l'Espagne, donc trouver un sultan favorable aux thèses espagnoles pour que l'Espagne devienne une puissance que peut-être Napoléon hésiterait à envahir. C'était son dessein. Cette aristocrate anglaise représente aussi quelque chose de très fort parce qu'elle se convertit. Complètement. Elle tombe amoureuse folle de ce personnage. Elle reste très longtemps sans avoir de ses nouvelles parce que, entre-temps, Napoléon envahit l'Espagne. Badia est mis en prison parce qu'ils étaient pour la France. Ce sont des gens qui étaient avec la France. Tous les (Africanos), comme on le disait en espagnol, qui étaient avec la France, ont tous été mis en prison. Pendant sept ans, cette Anglaise ne voit pas son amant. Elle décide d'aller en Syrie. On parlait déjà de la Syrie en ce temps-là. Elle avait reçu un livre d'un philosophe anglais qui était un peu à la limite de la folie,  qui a écrit un livre sur elle en disant qu'elle serait Reine de Palmyre. Elle avait 14 ans quand ce livre a été écrit sur elle. Elle va le devenir, c'est incroyable. Ce qui est encore plus compliqué, c'est que cet Anglais avait écrit un livre deux ans avant la mort de Louis XVI décrivant avec une extrême précision comment Louis XVI allait mourir, et Louis XVI est mort comme ça.  C'est fou ce qu'on apprend dans ce film. Du coup, on apprend que cette jeune fille de 14 ans allait devenir effectivement, vingt ans après, Reine de Palmyre. Beaucoup de Princes Alaouites à l'époque étaient des fils de femmes françaises ou anglaises. Dans les harems, oui.  C'était une réalité. Ce film raconte et nous parle d'aujourd'hui, des relations entre le Moyen-Orient et l'Europe. Il dit quoi de ces relations d'amour et parfois de désamour ? Tout. Ce sont des passions. Comme toutes les passions, quelquefois, elles sont extrêmes. Quelquefois, elles sont modérées. Ça dépend.  Elles disent finalement que ces relations sont d'une intensité absolument incroyables. Cette Lady Esther qui va à la recherche, parce qu'elle est convaincue que son amant est retourné en Syrie, elle va à la recherche de son amant en Syrie. Elle se convertit totalement à un islam radical, mais alors là, elle massacre plus de mille personnes. Tous ceux qui ne se convertissent pas, parce qu'à l'époque, la Syrie était un peu druze, 90 % musulmans, mais il y avait aussi des chrétiens et des Druzes. Il y avait tout ça. Elle dit non, vous devez être tous musulmans comme je l'entends moi, son islam à elle. Son islam à elle, c'est tuer tout ce qui n'est pas musulman comme elle. C'est De Sable et de feu. J'étais ravie de vous recevoir. C'est moi qui vous remercie. Merci beaucoup Souheil Ben-Barka. Merci.

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    00:08:27
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