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  • L'invité

    Yamina Benguigui

    Invitée : Yamina Benguigui, réalisatrice et femme politique française.
     
    La réalisatrice Yamina Benguigui, ancienne ministre déléguée à la Francophonie, a présenté « Le Dernier Poumon du monde » en avant-première au festival du film francophone d'Angoulême. Un documentaire choc qui dénonce une véritable « bombe environnementale » au coeur de la forêt du Congo, où se trouverait une tourbière menaçant de libérer 30 milliards de tonnes de carbone. 

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Transcription

    Bonjour Yamina Benguigui. Bonjour Patrick. Ça s'appelle "Le dernier poumon du monde. C'est un documentaire choc présenté au Festival d'Angoulême. Vous y dénoncez quoi ? Une bombe environnementale qui menace d'exploser sur la planète. C'est ça que vous vous dites aujourd'hui ?. Oui, j'ai appris la découverte de cette tourbière qui se trouve sur les deux Congo : le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo. Donc, la tourbière c'est une immense forêt primaire dont le sol est composé (...)

    Bonjour Yamina Benguigui. Bonjour Patrick. Ça s'appelle "Le dernier poumon du monde. C'est un documentaire choc présenté au Festival d'Angoulême. Vous y dénoncez quoi ? Une bombe environnementale qui menace d'exploser sur la planète. C'est ça que vous vous dites aujourd'hui ?. Oui, j'ai appris la découverte de cette tourbière qui se trouve sur les deux Congo : le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo. Donc, la tourbière c'est une immense forêt primaire dont le sol est composé de tourbe. Donc, en l'occurrence, elle se trouve au nord de la ligne (Kwala). Et elle est le seul… il y a plus de 6 mètres de tourbe mais sur une superficie grande comme l'Angleterre. Alors, effectivement, elle séquestre, à ce jour, 30 milliards de tonnes de carbone. Mais les chercheurs, les scientifiques congolais, nous ont déjà annoncé que ce sera certainement à la hausse et peut-être beaucoup plus que 60 milliards de tonnes de carbone. Qui menacent la planète entière. Je vous propose, Yamina, d'en parler dans quelques instants. Regardez la bande-annonce de ce film : "Le dernier poumon du monde." L'Afrique. Avec notre fleuve a été choisie comme le poumon. Du monde. Donc, c'est une fierté pour nous d'avoir le poumon parce que le corps sans le poumon, on est zéro.

    Aujourd'hui, nous en Afrique, (inaudible) beaucoup de problèmes. Beaucoup de gens ne comprennent pas, ne comprennent pas le mot écologie. C'est comme l'écosystème. Beaucoup de gens entendent mais ils ne connaissent pas. Qu'est-ce que ça veux dire ?. Maintenant, il faut leur apprendre ça. Qu'est-ce qu'un écosystème ? Qu'est-ce que l'écologie ?.

    Yamina Benguigui, c'est le deuxième poumon du monde qui menace de disparaître. C'est ça que vous dites ? C'est-à-dire que le premier poumon du monde, l'Amazonie, on sait qu'il est déjà très très abîmé. Le deuxième poumon, c'est tout le bassin du Congo. C'est un immense bassin forestier et à ce jour l'Afrique a su quand même garder ses forêts quasiment intactes. Aujourd'hui, la découverte de cette immense tourbière pose deux questions. Si l'on ouvre cette forêt, elle peut s'assécher et effectivement libérer ces milliards de tonnes de carbone de CO2,… Oui. Des gaz à effet de serre, en fait ? De gaz à effet de serre. Et surtout de pollution qui ont été envoyées par l'Europe, par les États-Unis etc. Donc, c'est vraiment un poumon dans ce sens là. C'est-à-dire, cette forêt primaire séquestre ce carbone. Maintenant, l'Afrique aujourd'hui, et l'Afrique centrale, a deux enjeux importants. C'est-à-dire non seulement, elle doit, elle, faire attention d'un point de vue écologique à son fleuve qui est en train de se réchauffer. Et elle doit aussi protéger le reste de la planète parce qu'à tout moment on peut renvoyer ce CO2 dans l'atmosphère. Vous dites c'est à la charge, donc, des Africains alors que l'origine du problème ne vient pas d'eux, évidemment… Non, non, non. Le problème ne vient pas d'eux. La preuve. L'Afrique est le dernier continent à émettre des gaz à effet de serre. Et c'est vraiment… Voilà. Elle rend service. Ses arbres, ses forêts, rendent service à l'humanité. Mais si demain ça brûlait comme en Amazonie, non seulement ça brûle mais ensuite c'est une bombe écologique. Tout ça repart dans l'atmosphère. Et en une semaine. Donc, on doit garder intactes toutes ces forêts Alors, qu'est-ce qu'il faut faire, Yamina Benguigui ? Parce qu'au fond on se dit il y a cette menace, vous dites "cette bombe qui menace d'exploser". Est-ce qu'il y a des solutions ? Il y a des solutions. C'est-à-dire qu'il faut, aujourd'hui, que les grands de ce monde puissent remettre l'Afrique au centre. Pour parler aussi des fameuses compensations carbone. C'est-à-dire que si un continent rend service, si on lui demande de ne pas explorer, de ne pas utiliser, de surtout ne rien toucher… Préserver sa propre nature. Et en plus, préservé. Donc on lui demande de ne… quelque part, de ne pas se développer. Donc, quel est ce… qu'est-ce que l'on… quels sont les échanges pour ce service rendu ?. Et ensuite, il faut absolument faire de la formation aujourd'hui. C'est ce que montre le film. Ce sont les balbutiements écologiques. Non seulement d'un côté il y a ces grands scientifiques africains, congolais, en l'occurrence, qui sont là, qui ont découvert cette tourbière avec l'Anglais Lewis. Mais surtout, ces hommes qui commencent maintenant à étudier l'écologie, à partager, nous avons besoin de travailler ensemble. Mais on ne peut pas laisser l'Afrique de côté sur les questions d'écologie. C'est ça, au fond, que vous dénoncez aujourd'hui dans ce film. Vous dites, au fond, l'Afrique est laissée de côté et elle porte la responsabilité, finalement, de l'avenir de l'Occident aussi. Absolument. Des pays développés. Qui continuent de polluer, qui continuent de polluer… Les pays du Nord.

    Les pays du Nord. Et surtout, c'est que l'Afrique, aujourd'hui, est touchée par ce réchauffement climatique. Elle est touchée. Au-delà, elle protège puisqu'elle séquestre ce carbone Mais aussi le fleuve Congo, qui est le deuxième plus grand fleuve au monde, commence à se réchauffer. Et on le voit un peu plus loin, le lac Tchad est asséché. Et totalement asséché. Les questions se posent aussi : est-ce que le fleuve Congo va être solidaire demain d'aller essayer d'approvisionner ce lac Tchad ?. Où il y a 40 millions d'habitants autour de ce lac Tchad. Et on le sait que Boko Haram s'est installé sur le lac etc… Donc, les questions écologiques se posent en Afrique. L'urgence de cette question climatique est planétaire ?

    Oui, parce qu'on a une façon de réagir. Qu'il y ait par exemple, on voit toutes ces forêts qui brûlent en Amazonie et on se demande qu'est-ce que l'on peut faire aujourd'hui ?. Qu'est ce que l'on peut faire face à des États qui sont contre tout ce que l'on a mis en place au niveau COP ? etc… On fait comment ? On agit comment ? Alors, aujourd'hui, il y a une prise de conscience mais ça ne suffit pas. Et là, ce que je dis, c'est qu'en Afrique, cette tourbière peut devenir une bombe écologique. Il faut la protéger. On nous demande… On ne peut pas non plus l'admirer. Il y a des autochtones qui vivent. Il y a un savoir-faire aussi en Afrique puisqu'on a protégé pendant des décennies, des siècles, ces forêts. Donc, aujourd'hui, on doit se mettre autour de la table et parler de ce que l'on peut faire pour l'avenir.

    Merci beaucoup Yamina Benguigui. Ça s'appelle "Le dernier poumon du monde", présenté ici au Festival du film francophone d'Angoulême. Votre cri d'alarme. Merci beaucoup Yamina Benguigui. Merci. Merci Patrick. Merci beaucoup.

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    00:08:33
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