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  • L'invité

    Nina Meurisse, Boris Lojkine, Maryvonne Lepage

    Invités : Nina Meurisse, actrice française ; Boris Lojkine, réalisateur français ; Maryvonne Lepage, mère de la photographe Camille Lepage.
     
    L'histoire de la photographe française Camille Lepage, morte en 2014 en République centrafricaine où elle couvrait la guerre civile, est portée à l'écran par le réalisateur Boris Lojkine dans « Camille ». Pour son interprétation, Nina Meurisse a été couronnée du Valois de la meilleure actrice au festival d'Angoulême, en présence de Maryvonne Lepage.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Transcription

    Le film s'appelle "Camille". C'est un événement ici, au Festival du film francophone d'Angoulême. J'ai le plaisir d'accueillir Maryvonne Lepage ; on va dire qui vous êtes dans quelques instants, Nina Meurisse, comédienne, et puis Boris Lojkine, qui réalise ce film. D'abord, je le disais, Maryvonne, ce film raconte l'histoire de votre fille, Camille, qui hélas, a disparu en Centrafrique alors qu'elle faisait des photos dans une zone de guerre. Oui, Camille en fait, était photojournaliste dans un  (...)

    Le film s'appelle "Camille". C'est un événement ici, au Festival du film francophone d'Angoulême. J'ai le plaisir d'accueillir Maryvonne Lepage ; on va dire qui vous êtes dans quelques instants, Nina Meurisse, comédienne, et puis Boris Lojkine, qui réalise ce film. D'abord, je le disais, Maryvonne, ce film raconte l'histoire de votre fille, Camille, qui hélas, a disparu en Centrafrique alors qu'elle faisait des photos dans une zone de guerre. Oui, Camille en fait, était photojournaliste dans un pays en conflit, en Centrafrique, comme elle l'a été avant au Sud-Soudan et au Soudan. Et, elle faisait son métier, avec en plus un engagement personnel très fort, de témoigner sur les populations qui souffrent dans les pays en conflit. Après, le film, ça a été une merveilleuse aventure avec Boris Lojkine et Nina bien sûr, et maintenant, c'est un aboutissement que le film soit en compétition au Festival d'Angoulême. 

    Oui, regardez quelques images de ce film qui s'appelle donc, "Camille".

    "Vous êtes étudiants tous ?

    - Oui, on est tous étudiants.

    - Et vous êtes étudiants en quoi ?

    - Nous trois, on est en Economie.

    - Et c'est la fac qui est là-bas ? 

    - Oui. Et toi, tu es journaliste ?

    - Ouais.

    - Tu travailles pour qui ?

    - Je fais de la photo moi juste.

    - Il faut parler de nous. Il faut parler de notre situation.

    - Ben c'est pour ça que je suis là.

    - On a besoin que le monde entier sache ce qu'il se passe ici.

    - On en a marre ! On veut la vérité !" Incroyable parcours que celui donc de votre fille et qui a donné envie donc, à Boris, de le porter à l'écran. Vous vous êtes dit cette histoire-là et surtout ce personnage-là, a un souffle qui mérite que l'on continue de dire de le porter ?

    C'est vraiment ça qui m'a guidé. C'est à ça que j'ai réfléchi. Je ne serais pas parti pour raconter cette histoire-là, pour faire toute cette aventure que c'est de faire un film, si c'était juste pour raconter un fait divers, une journaliste qui est tuée. Si je me suis dit "Je peux faire ça et je suis sûr que jusqu'au bout, ça me passionnera", c'est parce que j'avais l'impression qu'avec Camille, il y avait une proximité, qui est un peu difficile à expliquer, mais quelque chose dans sa manière de concevoir son métier, dans sa manière de s'engager, le fait qu'elle veuille ne pas être une "photographe de guerre" entre guillemets - quelqu'un qui va de zones de conflits en zones de conflit très vite, qui arrive, qui prend des photos, qui repart - mais qu'elle veuille vivre quelque chose avec les populations des pays dans lesquels elle travaillait, qu'elle le fasse de manière aussi sincère, aussi passionnée, comme ça… Voilà, il y a quelque chose qui, moi, m'a d'emblée semblé très proche. D'une manière que je ne pourrais pas vraiment expliquer, mais très proche et je me suis dit "Voilà, ça c'est quelqu'un avec qui je peux passer cinq ans."

    Oui, parce qu'il est dit dans le film que sa place était là, auprès de ces populations, y compris d'ailleurs, confrontée aux pires atrocités qu'elle se devait de photographier, de rendre compte et Nina Meurisse, vous interprétez donc Camille Lepage. Comment on entre dans un tel personnage ?

    C'était déjà un honneur incroyable aussi d'avoir la confiance de Boris et puis de Maryvonne. C'est un personnage magnifique. Pour moi, c'était une rencontre, voilà, rencontrer le destin de Camille et surtout son énergie de vie et l'engagement qu'elle a dans ce métier. C'est bouleversant. Pour moi, c'est un rôle incroyable.

    Oui. Maryvonne, quand vous la voyez, Nina, et quand vous voyez ce film, vous repensez évidemment au courage et à la force de votre fille et en même temps c'est un film qui rend hommage au courage en général, j'allais dire.

    Ça rend hommage à Camille bien évidemment. Je pense que Nina l'interprète merveilleusement bien, qu'elle a réussi à capter, ainsi que Boris, dans la réalisation de son film, Camille, qui était, Camille. Il en a fait un personnage qui est toujours Camille quelque part, où on retrouve Camille et où je retrouve ma fille, mais c'est un film-fiction. C'est un film qui retrace aussi la vie d'une jeune photojournaliste dans un pays en conflit, ses relations avec les locaux, cette envie d'être proche des gens, de les aimer et de transmettre, par ses photos, ce qu'elle voyait.

    Oui, elle dit Nina "Ma place est là, je ne pourrais pas être à Paris et avoir une vie etc. Je sens que je me dois d'être là." C'est ça qui est incroyable.

    Oui, elle se révèle dans l'énergie. Je crois qu'elle se trouve aussi au contact de l'énergie de tous les jeunes qu'il y a dans ce pays. Et vous parliez de la violence qu'il y a ; elle va photographier cette violence mais elle va surtout photographier les gens qui sont derrière ces événements et qui sont à essayer de trouver l'humanité partout où on ne la voit pas forcément de prime abord et d'essayer de rencontrer les gens qui sont dans ce pays et les gens qui vivent cette guerre, parce que souvent on parle juste de la violence et on oublie qu'il y a des gens qui la vivent et qu'il y a des gens qui la font, mais que c'est des gens, avant tout. Et elle, elle parle avec ces gens-là et elle les humanise et c'est ça qui est beau.

    Oui, c'est aussi l'occasion de montrer cette guerre qui a déchiré la Centrafrique et ses atrocités et de montrer aussi le courage de ceux qui vont au contact de cette réalité ?

    Pour moi, c'était essentiel dans ce film, que ce ne soit pas seulement un film sur Camille. Bien sûr, c'est un film sur Camille, c'est un film que Nina porte de bout en bout, elle est dans toutes les scènes, mais c'était essentiel que, dans ce film, on ne fasse pas ce qui se fait parfois dans les biopics, où on a le héros qui est comme ça, en avant plan, et où tout le reste derrière n'est qu'un décor, un peu loin. Et je n'aurais pas voulu que la République centrafricaine ne soit qu'un décor au fond. C'était essentiel pour moi que ce film, ce soit l'histoire de Camille, et qu'en même temps, à l'occasion de l'histoire de Camille, on raconte vraiment la Centrafrique, qu'on rentre dedans, qu'il y ait des personnages centrafricains qui prennent une vraie place.

    Vous avez tourné d'ailleurs pour partie là-bas ? Bien sûr, on a tourné en Centrafrique. Pour moi, c'était non négociable, il n'aurait pas été question de tourner ailleurs, dans un pays proche. Evidemment, en terme de production, on se dit  : "tourner en Centrafrique, un pays qui est encore en guerre, dans lequel il y a des tensions très fortes, où la situation est volatile, on peut se dire c'est dingue, c'est dangereux.", tout ça. Mais, oui, si on fait un film comme ça, c'est pour le faire en Centrafrique. Alors, c'était beaucoup de travail pour rendre ça possible mais à l'arrivée, ça a été possible et du coup c'est ça qui fait que c'est une vraie aventure, qu'on a pu vivre des choses avec nos alliés centrafricains, avec tous les gens qui ont participé au film, avec des jeunes qui sont venus travailler dans les équipes du film, avec tous les gens qui, en Centrafrique, avaient envie qu'on raconte cette histoire, avaient envie qu'on raconte l'histoire de leur pays, dont on parle souvent très mal, très peu. Donc, c'était important pour eux. 

    Merci, on va conclure. Peut-être un mot, Nina ? Peut-être avec Maryvonne, comme ça de se dire, au fond, elle serait heureuse que film existe aujourd'hui ? Je réponds. Je pense qu'elle est plus qu'heureuse, je pense qu'elle est vraiment fière que ce film ait été réalisé, qu'il prenne vie maintenant. Et de là où elle est aujourd'hui, je pense qu'elle est parmi nous et elle est heureuse de voir tout ce qu'ont pu faire Boris, Nina et toute l'équipe, pour rendre hommage effectivement aux Centrafricains et à ce métier de photojournaliste.

    Merci beaucoup, merci à tous les trois : Boris, Nina et Maryvonne. Le film s'appelle "Camille". C'est un film fort qu'il faut voir.

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    00:08:22
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