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  • L'invité

    Niels Schneider, Guillaume de Fontenay

    Invités : Niels Schneider, acteur franco-canadien ; Guillaume de Fontenay, réalisateur franco-canadien.

    Le réalisateur Guillaume de Fontenay met en scène Niels Schneider dans le rôle du journaliste de guerre Pierre Marchand, pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Salué par la critique, « Sympathie pour le diable » est un film coup de poing qui montre la guerre en Europe et le travail des journalistes comme jamais.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est un film absolument sidérant. Guillaume de Fontenay, le réalisateur. Niels Schneider, acteur. Sympathie pour le diable, sur les écrans. Merci à tous les deux d'être avec nous. Quand je dis que c'est un film sidérant, un journaliste se doit d'être à l'endroit où on lui interdit d'être. On va dire qu'évidemment ça se passe en 1992, à Sarajevo, avant le siège. Vous racontez finalement par la voix d'un journaliste, Paul Marchand qui a existé, ce qu'a été l'horreur de la guerre en Bosnie. Oui, m (...)

    C'est un film absolument sidérant. Guillaume de Fontenay, le réalisateur. Niels Schneider, acteur. Sympathie pour le diable, sur les écrans. Merci à tous les deux d'être avec nous. Quand je dis que c'est un film sidérant, un journaliste se doit d'être à l'endroit où on lui interdit d'être. On va dire qu'évidemment ça se passe en 1992, à Sarajevo, avant le siège. Vous racontez finalement par la voix d'un journaliste, Paul Marchand qui a existé, ce qu'a été l'horreur de la guerre en Bosnie. Oui, merci de nous avoir ici. Oui, c'est un film sur le siège, sur les journalistes de guerre, sur Paul Marchand. Paul est un peu notre fil d'Ariane qui nous conduit au travers de ce conflit. Donc, un envoyé spécial, journaliste de guerre. Oui. Personnage absolument incroyable ! Complètement atypique, oui, absolument. À la fois radical et humain comme le film, je dirais. Oui. Niels Schneider interprète ce personnage. Vous rentrez dans la peau de ce reporter de guerre qui se trouve confronté à une réalité où la mort est partout. Oui, c'est vraiment une personnalité hors du commun Paul, qui s'est enlevé la vie en 2009, trois ans après le début de l'écriture du film. C'est une légende à Sarajevo. À chaque fois que j'évoquais son nom, les gens étaient littéralement en larmes. C'est un écorché vif, c'est quelqu'un qui peut-être se cachait derrière un masque, comme ça, de cynisme, mais qui était très drôle. Qui avait une faille énorme et qui était un personnage qui m'a totalement, totalement emporté et dont j'ai eu beaucoup de mal à me séparer. Regardez, ça s'appelle Sympathie pour le diable, regardez ! (Langue étrangère.) Tire-toi, putain ! Cela fait bientôt sept mois que Sarajevo survit sous une pluie d'obus, sous l'œil impassible de la communauté internationale. Paul Marchand à Sarajevo pour Franceinfo. Paul Marchand à Sarajevo pour Radio Canada. Paul Marchand à Sarajevo pour RTBF. Ça va passer tôt ou tard, vous inquiétez pas ! Vous inquiétez pas. Vous savez très bien ce qui se passe. (Langue étrangère.) Je t'ai trouvé une fille. La traductrice que tu m'as demandée. C'est des Français, ils n'ont pas gagné de guerre depuis 100 ans. Ils viennent voir comment vous faites. Tu lui as dit quoi ? Putain, ils sont juste en face de nous ! (Langue étrangère.) Tu vas couvrir un truc ? Des recherches. Aujourd'hui, des jeunes hommes, des femmes ont tenté de défendre un quartier du nord-ouest de Sarajevo. À bout de munitions, ils ont été massacrés par les soldats serbes. Encore un cri d'alarme qui restera silencieux pour la communauté internationale. Non, non, je ne change rien, pas un mot, pas une virgule, rien ! Il y a ce dilemme, incroyable d'être confronté à cette réalité, le témoin, de devoir le rapporter et à un moment peut-être de basculer en face parce qu'on ne peut pas rester indifférent à ce qui se passe. C'est difficile. C'est difficile surtout pour des journalistes parce que ce n'est pas un…, c'est un siège. On est dans un siège. Paul a passé presque un an et demi à Sarajevo et c'est leur quotidien avec les "Sarajeviens", c'est leur quotidien dans le froid à Sarajevo. C'est cette ville où on a coupé l'eau puis le gaz, coupé l'électricité. C'est cette espèce de survie qu'ils ont avec la communauté, avec les "Sarajeviens". Évidemment, un journaliste…, comment on fait pour résister ? Oui, c'est ça qui est incroyable, presque romanesque quelque part dans ce personnage, Niels, c'est qu'au fond à un moment donné il n'accepte pas cette indifférence. C'est quelqu'un qui détestait ce qui se cache derrière leur fonction quelque part. Je pense que c'était impossible pour lui de rester simplement dans la position du témoin. Je pense que pour lui il se voyait en tant qu'homme et avant tout en tant qu'humain avant tout, et il fallait qu'il agisse, qu'il fasse quelque chose. Même dans sa manière de relater la guerre, de rapporter la guerre, il ne rapportait pas comme n'importe quel autre journaliste, de manière froide. Ces textes étaient extrêmement virulents. Oui. Les textes que j'ai entendus, même dans les mots, mais pas seulement dans les mots, même dans son timbre de voix, on sent une colère immense. C'est un film absolument bouleversant, fort. On va voir des images. Vous avez tourné à Sarajevo ? On a tout tourné à Sarajevo. Vous avez voulu vraiment retrouver les murs ? Oui. Les rues ? On a voulu retrouver les murs, on a voulu tourner dans le vrai Holiday Inn où les journalistes étaient à l'époque. On a tourné dans le bâtiment télé, on n'a tourné qu'à Sarajevo et c'est touchant de voir cette équipe bosnienne qui était avec nous et qui ont, pour tous ceux qui ont passé trente ans, vécu cette guerre. Les images montrent la réalité. Vous avez voulu coller à cette réalité y compris dans la façon de filmer ? Oui, j'ai voulu essayer d'avoir une narration presque sensorielle. Il me semble que pour raconter une histoire pareille il faut être proche, proche du cœur. C'est à la fois des images dures parfois, mais en même temps une humanité très forte au travers de ces personnages, au travers de leurs conflits intérieurs et au travers de ce conflit à Sarajevo. Oui. L'odeur de la mort est là et au fond Sympathie pour le diable, c'est ça, Paul Marchand. Et qu'au fond, il a besoin de ça pour vivre, il a besoin de cette… Il se sentait chez lui. Il était…, c'était quelqu'un d'assez…, il ne se sentait pas bien à Paris, en Europe. Je pense qu'en situation de guerre, ce que disait Guillaume tout à l'heure, la guerre est révélatrice quelque part. On sait qui sont les lâches, qui sont les courageux, qui est généreux. La guerre reflétait son chaos intérieur peut-être, donc il était comme un poisson dans l'eau là-bas jusqu'à ce que, finalement, justement cette guerre traverse cette armure qu'il s'est créée et lui rentre vraiment dans le corps. Il y a aussi l'amour, il y a une relation évidemment qui se crée avec un autre personnage. C'est une espèce de force de vie, l'amour, dans cet univers de chaos. Il y a une force qui est là. Mais dans la guerre, je crois qu'il y a beaucoup de vie en réalité. Il y a cette opposition Éros, Thanatos. Cette opposition entre la vie et la mort est très forte. Ça exacerbe la vie. La guerre, la mort exacerbent la vie. Les gens sont… C'est fabuleux de voir cette population, cette résilience, de voir ces gens qui vont chercher de l'eau avec leurs bidons, de voir la relation entre chacun. Il y a quelque chose de très touchant là-dedans. Ce qui est beau aussi, on a voulu éviter de faire un film manichéen, ce n'est pas de porter Paul en héros et en canon du journalisme, mais c'est beaucoup plus de placer tous les détails, toutes les nuances, au contraire, de ces conflits. Oui. Une porte vers la…, une sorte de folie qui peut à un moment donné s'emparer de tout le monde. Pour Paul, oui. Pour Paul, oui, mais en même temps quand on y pense c'est quatre ans de siège, c'est 330 obus qui tombent sur cette ville en moyenne, sur quatre ans. Ça a été des pics à 3500 obus dans une petite ville de 400 000 habitants avec deux points de sortie, c'est tout. Et avec des check points, donc ils étaient pris, la population civile était prise en étau. C'est une personne sur sept qui est touchée dans sa chair. Merci à tous les deux. Merci, Guillaume de Fontenay. Merci Niels Schneider qui est absolument incroyable. Absolument ! On peut le dire encore pendant qu'on a quelques secondes pour le lui dire. C'était vraiment une prestation, son plus beau rôle. Extraordinaire. Il est absolument formidable. Extraordinaire ! Merci. Ça s'appelle Sympathie pour le diable. Ne manquez pas ce film, c'est une claque. Merci à tous les deux. Merci infiniment. Merci beaucoup.

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    00:08:11
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