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  • L'invité

    Ramzy Bedia

    Invité : Ramzy Bedia.

    Le comédien et humoriste Ramzy Bedia, célèbre pour son duo avec Éric Judor, se lance pour la 1re fois dans un rôle dramatique avec le très remarqué « Terminal Sud », de Rabah Ameur-Zaïmeche, présenté au Festival de Marrakech et qui vient de sortir en France. Un cri d'alarme sur la société, une parabole tragique sur un pays où la violence et la haine triomphent de l'humanité.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 18e Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    On est à Marrakech, qu'est-ce qu'on pourrait espérer de plus ? On a même le soleil (Andro), quasi décembre. Oui, puis la piscine, la nature. On fait un beau métier. On fait un beau métier. Même, on voit des films. J'en ai vu un génial. Tu as vu celui d’hier ? Oui, Terminal Sud. Tu as aimé ? Ah, oui ! Alors, on va dire, ça ne ressemble à rien de ce qu'on a vu jusque-là. Et toi, tu es formidable. Tu es formidable. Tu sais, je vois des gars arriver complètement explosés. Deux infirmières au bloc, v (...)

    On est à Marrakech, qu'est-ce qu'on pourrait espérer de plus ? On a même le soleil (Andro), quasi décembre. Oui, puis la piscine, la nature. On fait un beau métier. On fait un beau métier. Même, on voit des films. J'en ai vu un génial. Tu as vu celui d’hier ? Oui, Terminal Sud. Tu as aimé ? Ah, oui ! Alors, on va dire, ça ne ressemble à rien de ce qu'on a vu jusque-là. Et toi, tu es formidable. Tu es formidable. Tu sais, je vois des gars arriver complètement explosés. Deux infirmières au bloc, vite ! Il leur manque, le rein, la tête. Je vois des choses. C'est moi qui dois soigner ça. C'est devenu ça, notre pays. Qu'est-ce que tu veux faire ? Continuer. Viens, Ramzy, on va en parler. Parce que, dis-moi ce film-là, il parait que tu t'es jeté dedans, sans savoir où tu allais vraiment. Sans savoir, du tout. Non ? C'est-à-dire, que c'est la première fois que je reçois un film, qui n'est pas une comédie, et où j'ai le premier rôle, donc ça m'a touché. Quand je reçois le scénario, j'ai lu un film d'action à la base. Je me suis dit, c'est un médecin qui se dépatouille dans un pays en guerre et qui tue des gens. Un médecin qui tue des gens, ce n'est pas tous les jours, sauf dans les faits divers, mais du coup, oui, j'ai plongé là-dedans. C'était une super expérience pour moi. Il est signé par Rabah Ameur-Zaïmeche, et regardez, c'est Terminal Sud. Comment on est arrivé à un monde où on menace un médecin ? Il est mort. Tu crois que tu vas sauver la Terre ? Il faut se barrer. Tu sais très bien pourquoi je reste, que ça te plaise ou non. Vous êtes en état d'arrestation. On vient de voir les images. Oui ! Ramzy, alors j'ai lu une critique du film dans le monde : "Un film âpre, inconfortable, déstabilisant", je trouve que c'est des compliments ! En plus, des fois ma femme me dit que je suis comme ça, moi, personnellement. Je me suis dit, c'est fou, ils me connaissent ! Âpre, déstabilisant, inconfortable ? Ta femme t'adore ! C'est ce que ma femme me dit, mais pour être plus sérieusement, pour parler plus sérieux. Oui, je suis agréablement surpris de comment le film est perçu, c'est super. Il le mérite, le film, il est vraiment bien. J'aime ce film, j'aime le réal, j'aime Rabah Ameur, j'aime ce film. Pour une fois qu'il y a un film, qui a - pour une fois, non il y en a plein -, mais où je pouvais défendre quelque chose, un film qui sert à quelque chose dans la société, et qui fait réfléchir. J'ai plongé dessus, j'ai plongé dedans. Oui, parce qu'on dit…, évidemment tu aimes faire rire. Tu nous fais rire ! Mais, oui. Mais là, il y avait un truc. Tu avais envie d'aller là-dedans, dans cette aventure. J'avais envie. De dire voilà, parce que c'est tragique aussi, ce qui arrive dans ce film. C'est parce que maintenant j'ai 29 ans, j'ai vieilli. Oui. Ça ne se voit pas, non, vraiment. Et j'ai envie de goûter à d'autres choses. Pourtant, j'avais fait un pacte avec Éric, on s'était dit : "Jamais, on ne fera de film sérieux. Jamais. On finira comme Pierre Richard ou Louis de Funès". On adore ces gens-là, qui font du comique toute leur vie. Et puis, je ne suis pas Pierre Richard ni Louis de Funès. Je n'ai pas eu cette rigueur, j'ai craqué. Tu as craqué, oui. Mais c'est du beau cinéma. J'aime ces films-là, j'aime ce cinéma. C'est des films que je regarde moi-même, et si je veux être honnête avec moi, je voulais aussi goûter un peu à ça. Effectivement, mais en fait, c'est un film qui parle de quoi ? Du risque que demain la violence soit là. Complètement. L'extrémisme, le fascisme. Complètement. C'est comme ça que je… Et qu'on peut s'en prendre à un médecin ? Complètement. Comme le médecin que tu joues dans le film, et qu'on peut vouloir tuer ce médecin ? Mais je vais vous paraphraser, parce que c'est l'analyse exacte que j'ai, que vous avez. C'est vraiment ça, c'est vraiment ça. J'ai l'impression que c'est un film, ce n'est pas sur l'Algérie. Ça fait penser à l'Algérie parce qu'il y a des Arabes dans le film, mais c'est un film qui pourrait se passer n'importe où. On a l'impression que ça démarre dans certains pays, ça peut être l'extrême droite, ça peut être l'extrême gauche. C'est un moment, dans un pays, où le pays a perdu les pédales. Oui. Nous, on l'a fait dans un cadre avec un médecin. Si même un médecin, on le menace de mort, imaginez ce que c'est pour les gens normaux, dans un… ? Oui. Je trouvais que c'était bien de passer par le prisme du médecin parce qu'un médecin, on ne peut pas y toucher normalement, dans n'importe quelle guerre, dans n'importe quel conflit. On ne le touche pas, on ne tire pas sur l'ambulance. Quand on arrive à ce moment-là, c'est que… C'est le terminal ! C'est terminé, c'est le terminal. Ce n'est plus rien derrière. C'est terminé au sud. Oui, c'est la fin de… C'est la fin des libertés. Oui. C'est la fin de tout ça. Voilà, c'est horrible, mais malheureusement, c'est possible. Oui. C'est possible. Le film se tourne avec cette urgence-là, ce plaisir aussi de cinéma, de la mise en danger de soi-même. C'est-à-dire, d'aller se…, être ce médecin, comme ça, dans cette situation. J'ai lu quelque part qu'il y avait des moments, Ramzy, vous disiez : "Au fond, je souffre, je souffre. Comme le personnage que j'interprète". J'ai dit ça, quand ? Dans une interview, je vais la rechercher. En fait, j'ai souffert pendant le tournage même. Donc, c'est vrai ? C'est la première fois de ma vie, et je me suis rendu compte que j'avais faim pendant le tournage. Il n'y avait pas à manger sur le plateau. 100 % du temps était consacré au tournage, et à réfléchir ce qu'on faisait, ce qu'on racontait et comment le faire. Moi, qui viens d'un autre univers, je leur ai dit : "OK, mais on mange à quelle heure ?". Et dans quel hôtel on dort ? On me dit non, on ne mange pas et dort là, vite fait, et on rattaque demain matin. Passer un mois et demi comme ça, j'avais faim, j'ai joué avec la faim. Il n'y avait rien à manger sur le plateau. C'était un rôle amaigrissant. C'est pour ça que j'avais pris du poids avant de l'attaquer. Instinctivement, j'ai dû le sentir. Oui, j'avais faim et c'est après que j'ai entendu Rabah, ce salopard. Le réalisateur. Un salopard. Voilà, il a bien noté, s'il nous écoute. Mon salopard que j'aime, mais c'est un salopard. Il m'a affamé pendant le tournage, et je pense qu'il a voulu me sortir de mon confort habituel. Je m'étais un peu embourgeoisé, vu que de voir un tournage où il n'y avait pas trop à manger, pour moi j'étais choqué. Mais en fait, il y a une économie du cinéma, on n'est pas là pour le confort, on est là pour raconter un sujet, raconter des histoires, avoir un rôle social, faire quelque chose. Ça, il me l'a fait comprendre. Oui. Par la faim. Oui. Ils sont durs, les Arabes. On se serait vu une petite heure, un petit rendez-vous, tu m'expliquais ça, ça allait. Non, il m'a affamé, mais je le remercie. Ça m'a sorti, tellement, de ma zone de confort. Oui. Et là, tu repars ? Là, je repars. Un film dans le même genre. Là, tu perds encore des kilos. J'ai appris qu'ils sont tous différents. Rabah Ameur, je l'ai découvert, je le connais maintenant. Tous les réalisateurs sont différents. J'adore ça, je me balade dans le cinoche. J'ai cette chance, j'ai cette chance inouïe, mais vraiment, sans démagogie, sans rien. Oui. Je suis sûr, il y en a plein qui vont regarder le film, qui vont dire : "Waouh ! Le Ramzy, là !". Allez-y, parce que…, j’avais faim, alors regardez-le ! Il s'est donné du mal. Non. Formidable, dans le film, formidable. Merci beaucoup. Vraiment formidable. Touchant, formidable, très beau ! Comme vous ! Touchant, très beau et formidable ! Je reprends la liste : âpre, inconfortable, déstabilisant. C'est tout moi : âpre, inconfortable et déstabilisant. C'est ce que ma femme me dit à longueur de journée. Merci Ramzy ! Merci à ouate ! Terminal Sud ! (Chanson, langue étrangère).

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    00:08:21
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