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  • L'invité

    Bertrand Tavernier

    Invité : Bertrand Tavernier, réalisateur et producteur français.

    Bertrand Tavernier est à l'honneur de la 18e édition du Festival international du film de Marrakech qui lui a remis, par les mains de l'acteur américain Harvey Keitel, l'Étoile d'or d'honneur du festival. Cette récompense salue un artiste unique, dont les films ont marqué toute une génération et une carrière exceptionnelle au service du cinéma et de sa mémoire.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 18e Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    On ne donnera pas de clap, Bertrand Tavernier. Oui. Vous êtes au premier rang là, d'habitude vous dites, au cinéma vous préférez être au deuxième, troisième, quatrième rang ? Oui, j'aime être assez près de l'écran. Pourquoi ? Dans les salles. "Je suis un spectateur du troisième ou quatrième rang", vous avez dit. Oui, ou cinquième. J'aime bien communier avec le film. Je n'aime pas, ne pas être dérangé par des réactions entre moi, entre l'écran et moi. Je ne sais pas, c'est une habitude que j'ai p (...)

    On ne donnera pas de clap, Bertrand Tavernier. Oui. Vous êtes au premier rang là, d'habitude vous dites, au cinéma vous préférez être au deuxième, troisième, quatrième rang ? Oui, j'aime être assez près de l'écran. Pourquoi ? Dans les salles. "Je suis un spectateur du troisième ou quatrième rang", vous avez dit. Oui, ou cinquième. J'aime bien communier avec le film. Je n'aime pas, ne pas être dérangé par des réactions entre moi, entre l'écran et moi. Je ne sais pas, c'est une habitude que j'ai prise. Oui. Comme fouiner, parce qu'on vous imaginait adorant les cinémas de quartier les plus improbables. J'adorais à l'époque. Oui. J'adorais où on voyait, mais on voyait des films très anciens, mais souvent, parfois dans des conditions assez déplorables, la projection n'était pas toujours fameuse. Encore qu'il y avait quelques salles qui avaient une extraordinaire qualité de projection, extraordinaire avec d’immenses écrans scope, qui se sont un peu perdu quand on a commencé à faire des multisalles. Oui. J'ai des souvenirs de découverte de films vers…, on allait souvent le matin, parce que c'était moins cher, vers 10 heures du matin. Pour certains westerns, pour les Vikings, de voir ça sur ces écrans scope qui étaient gigantesques avec le (poing) partout, une netteté de projection formidable, c'était magnifique. Oui, j'adorais ça. Oui. Vous avez commencé en étant critique de cinéma. Vous avez commencé en étant de l'autre côté, en vous disant… En étant journaliste. Oui. Plutôt que critique, je n'ai jamais été vraiment critique. Envie de défendre, au contraire ! Vous étiez quelqu'un d'enthousiaste. Oui. Vous dites ce que vous aimez. Oui. Pas ce que vous n'aimez pas. Oui, j'ai surtout utilisé ça pour faire des interviews, pour essayer de connaître les cinéastes. Puis j'ai été attaché de presse. Ça a été un métier qui m'a beaucoup formé parce que je travaillais avec les metteurs en scène pendant qu'ils tournaient. Je voyais comment ils tournaient, je voyais les problèmes de montage. J'ai appris mon métier en côtoyant aussi bien Pierre Schoendoerffer que Jean-Luc Godard, Chabrol. Oui. Chabrol qui a été un ami, quelqu'un que…, un homme que j'ai adoré. Un cinéaste que j'ai adoré, mais Godard je me suis…, c'était formidable de défendre Pierrot le fou, de défendre Le Mépris ou Les Carabiniers. C'était formidable ! Vous aviez raison avant tout le monde, là. Non, il y avait des gens… Tout le monde dit que ce sont des chefs-d'œuvre. Oui, mais il y avait des gens qui le pensaient aussi, et d'ailleurs, en étant attaché de presse, j'ai obtenu, je le raconte dans Voyage à travers le cinéma français, j'ai obtenu un article de Aragon sur Pierrot le fou, qui est resté légendaire. Non, mais oui, j'ai appris mon boulot comme ça. De temps en temps, comme je rencontrais, je défendais des metteurs en scène, j'en profitais pour faire des entretiens et c'est ce qui nourrit mon livre Amis américains. Amis américains, les amis français, ce qui est extraordinaire c'est souvent vous dites, on parlait de Julien Duvivier, par exemple, vous dites : "Voilà des films qui n'ont pas eu de succès". Et là, vous dites aujourd'hui : "Regardez ça, c'est un chef-d'œuvre". Mais bien sûr. Il y a des choses comme ça on dit, on a envie de se passionner parce que c'est comme une…, on est des chercheurs d'or, là, on est… Non. À l'heure actuelle, j'entends beaucoup dire quand on parle de cinéma, il faut regarder les films qui sont rentables, qui ont du succès. Il faudrait faire moins de films parce qu'il y en a qui n'ont pas de succès, etc. Mais à ce moment-là, ça éliminerait Casque d'or, ça éliminerait Le jour se lève, ça éliminerait Panique de Julien Duvivier, qui sont des films qui ont été des échecs à leur sortie. C'est des films que l’on considérerait, on les passerait, on les éliminerait. Or maintenant, ils sont considérés comme des chefs-d'œuvre, comme des films importants. Ils sont réédités, ils sont repris et diffusés dans le monde entier, ils ont eu une vie qui a duré, qui a duré. À l'époque de Le jour se lève, l'un des gros succès c'est Ma tante d'Honfleur, je crois, ou un truc comme ça. Oui, tout le monde a oublié. Les personnes récemment qui ont vu Ma tante d'Honfleur peuvent se compter sur les doigts vraiment, les doigts d'un manchot. Les doigts de la main d'un manchot. Par contre, Le jour se lève a été repris dans les salles, il a été racheté en Amérique, il a été ressorti en Angleterre, il est ressorti en Amérique du Sud. Les films ont une vie qui dépasse souvent les prévisions. Oui. Et ne les aborder que d'une manière comptable est un crime. Oui, c'est vrai. Je trouve que c'est complètement idiot parce qu'un film c'est aussi quelque chose, c'est aussi un témoignage, ça peut être aussi un témoignage sur une époque, sur un moment de l'histoire d'un pays et qui est sorti, qui n'est pas sorti au bon moment. Le jour se lève est sorti très peu de temps avant la déclaration de guerre. Ce n'était pas le meilleur moment pour comprendre l'histoire d'un ouvrier qui se suicide, à ce moment-là, vu ce qu'on vivait en France. Revu 40 ans, 50 ans plus tard, on se dit, c'est un film qui anticipe sur tous les problèmes, il parle de la pollution dans le travail, de la santé dans le travail, les gens qui ont le poumon, les poumons nécrosés par le boulot qu'ils font. Il parle de la manière dont le travail peut détruire la vie et les relations affectives. C'est un film, c'est un film tout à fait bouleversant, maintenant. Oui. Si je vous dis Oiseau des neiges. Oiseau des neiges est un scénario… J'ai lu ça quelque part que c'était… C'est un scénario très beau, qu'on a écrit, que je veux tourner. Oui. Je vais me battre pour le tourner. C'est un très beau scénario. Il faut toujours se battre pour faire un film ? Pour moi, pratiquement tout le temps. Tous les films, écoutez les films que vous voyez, Que la fête commence, ça a été une bataille énorme. Il a fallu, pour que Michelle de Broca puisse arriver à produire le film à la fin, il a fallu que ce soit une société américaine, parce que toutes les sociétés françaises l'avaient refusé. Oui, bien sûr. Parce que là, à Marrakech, Hitchcock a tourné ici… L'homme qui en savait trop. Oui, et c'est une terre… Avec Daniel Gélin qui meurt dans le…, un truc comme ça. Et l'un des opérateurs Lumière, Gabriel Veyre, quelqu'un qui a tourné beaucoup de films Lumière, était devenu le photographe officiel du sultan du Maroc. Il y a un nombre d'autochromes de Gabriel Veyre qui sont consacrés au Maroc, qui sont très beaux, très beaux, qu'on expose très souvent à Lyon. Oui. Dans la collection des Autochromes Lumière. C'est ça. Gabriel Veyre était, je ne crois pas que les opérateurs Lumière aient tourné au Maroc, mais Gabriel Veyre a photographié le Maroc. Là, il y a ce cinéma qui vibre, comme partout dans le monde. Ça vous excite de voir des films ! Oui, mais bien sûr. Bien sûr, et de rencontrer des cinéastes marocains, bien sûr et des actrices comme ça, bien sûr. Merci. Merci à vous, merci. Merci Bertrand Tavernier d'avoir été avec nous ici, partenaire du Festival du Film de Marrakech. Merci beaucoup. On est bien peu de choses / Et mon amie la rose / Me l'a dit ce matin / Vois le dieu qui m'a faite / Me fait courber la tête / Et je sens que je tombe / Et je sens que je tombe / Mon cœur est …

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