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  • L'invité

    Ali Essafi

    Invité : Ali Essafi, réalisateur marocain.

    Le réalisateur marocain Ali Essafi est notre invité au Festival international du film de Marrakech, dont il est membre du jury. Une manière de saluer un des cinéastes les plus créatifs du Maghreb, à la fois réalisateur, artiste et documentariste de l'histoire du cinéma africain. Dans l'émission, un clin d'oeil à Naomi Watts, star de la délégation, qui représente cette année le cinéma australien à Marrakech. 

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 18e Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    Merci d'accueillir Naomi Watts. Thank you.

    Je suis le lieutenant Elliott et voici le sergent Wagner. Nous avons quelques questions à vous poser. Si je comprends bien, le soir de sa mort, la famille s'était réunie pour fêter les 85 ans de votre père. Comment c'était la… La fête ? Avant la mort de mon père. Oh, c'était super.

    On vient de voir Naomi Watts. C'est ça, le festival de Marrakech : star internationale qui vient d'Australie, et puis vous, membre du jury, réalis (...)

    Merci d'accueillir Naomi Watts. Thank you.

    Je suis le lieutenant Elliott et voici le sergent Wagner. Nous avons quelques questions à vous poser. Si je comprends bien, le soir de sa mort, la famille s'était réunie pour fêter les 85 ans de votre père. Comment c'était la… La fête ? Avant la mort de mon père. Oh, c'était super.

    On vient de voir Naomi Watts. C'est ça, le festival de Marrakech : star internationale qui vient d'Australie, et puis vous, membre du jury, réalisateur marocain. Oui.

    C'est ça, la richesse de ce festival et sa maturité. Je crois qu'il commence à avoir… Avant, il y avait beaucoup, beaucoup plus de stars, maintenant il y a aussi des gens un peu marginaux qui font du cinéma qui n'est pas très grand public. Moi, jet fais des documentaires… De tout.

    Surtout, on va dire quoi, engagé ? C'est un mot quand même… Engagé dans l'art. Tu as tous les arts.

    Oui, absolument. Engagé dans la création et dans ce que devrait être, d'après moi, le rôle d'un artiste dans la société. Pourquoi devrais ? Parce que n'est pas le cas ? Parce que c'est mon avis, il peut y avoir mille avis là-dessus. Ça veut dire qu'au fond, un artiste ça sert à quoi quand il est Marocain et qu'ici il défend une certaine vision du monde ? Absolument.

    Je dis souvent que des artistes de pays comme le nôtre, on n'a pas le luxe d'être seulement artiste. Et donc on doit penser à la création, mais en même temps à ce que cette création peut vraiment construire au niveau de la société, au niveau de l'identité culturelle, au niveau de l'ancrage dans le continent, dans la région. C'est beaucoup de choses qu'il faut prendre en compte. Et des fois, j'envie les artistes d'autres pays…. Qui peuvent se permettre de ne faire que de la distribution. Exactement. Membre, je le disais, du jury de ce festival. Ça veut dire voir des films évidemment d'ici, mais de tous les continents, et les comparer. C'est dire : "Ce cinéma-là fait partie du concert culturel du monde, la marche du monde." Ouais. Moi, je ne dirai pas les comparer, je n'aime pas trop ça, parce que je suis réalisateur… Pourquoi pas ? Parce que pour moi chaque travail de réalisation, de conception d'un film, doit doit être respecté, avec ses faiblesses et ses points forts. Je dirais plus évaluer ce qui me touche le plus, plutôt que comparer. Personnellement, je n'essaie pas de comparer, j'essaye de retenir les films qui m'ont le plus touché et qui me donnent vraiment l'envie de faire des films.

    Il y a un cinéma marocain libre, vivant, pas seulement engagé, qui est là, une forme de résistance ? C'est quoi ? Quand on est cinéaste comme ça qui vient ici, comme vous ? D'aller toujours un peu plus loin, de casser un peu les lignes rouges à chaque fois un peu plus, pour parler de nous, pour regarder non nos histoires, nos problèmes. Et puis aussi, pour transmettre ce qu'on a de beau. Ce qu'on a de beau aussi au Maroc par exemple, c'est l'humour. Parce que pour moi, l'humour aussi c'est… Il y a beaucoup d'humour dans vos films.

    Rien que les titres, d'ailleurs. Si on peut un titre, vas-y.

    Le Blues des Chikhates, Général, nous voilà, Le Silence des champs de betteraves. Il n'y a pas beaucoup d'humour dans les titres, mais il y a beaucoup d'humour dans les films parce que c'est un de nos traits culturels au Maroc. L'humour, c'est quoi ? Encore une fois, c'est quelque chose de… Oui, c'est ce qui allège le poids, la lourdeur des choses de la vie. On rit un peu de tout. On tourne tout un peu à la mascarade pour être plus léger. Le public qu'on voit ce soir sur la place Jamaâ El-Fna, ce public incroyable, ce public marocain qui aime le cinéma. On aime le cinéma ici. Absolument, et puis j'en profite pour dire que le public marocain justement grâce, à ce qu'on voit sur des places comme Jamaâ El-Fna, sur des expériences comme ça, il mérite d'avoir des salles de cinéma un peu partout, c'est ce qi'il nous manque. Il y en a de moins en moins ? Le parc a beaucoup, beaucoup chuté. Il y a une petite reprise encore timide, mais l'espoir c'est qu'il y ait réellement dans chaque petite ville au moins une salle de cinéma au Maroc. Ne pas être envahi par le cinéma d'Hollywood, ou de Bollywood aussi parce qu'on adore les films indiens ici. Absolument. C'est indispensable à quoi ? L'identité ?

    Pour moi, la salle, déjà c'est indispensable pour communier autour de quelque chose. Quand on voit un film dans une salle, on le voit, on est assis, donc on revient à quelque chose de l'enfance. On le regarde comme ça. Et quand on est ici, on commente le film pendant qu'il se déroule, j'ai déjà vu, dans les salles. Absolument. Avec un public populaire, c'est formidable. Oui, mais ça dans le monde entier, il y a des codes différents de comment on regarde des films. J'étais dans des pays où les gens parlent sans problème avec leurs portables. Où ils mangent, où ils se retrouvent en famille…

    Mais moi, je ne suis pas contre ça. Même si les réalisateurs souvent, on a envie que tout le monde soit attentif. Mais moi, ce qui m'intéresse dans une salle de cinéma, c'est que le public justement sort… Il communie. Un film après l'autre, ça crée quelque chose qu'on retrouve dans des pays comme la France ou ailleurs, où il y a des salles de cinéma où les gens vraiment ont un fond identitaire quelque part grâce au cinéma.

    On a vu votre présidente de jury qui a dit à la cérémonie d'ouverture : "Merci pour vos différences", en s'adressant au public marocain, c'est une phrase sublime.

    Je crois que ça a marqué. Beaucoup de Marocains m'en ont reparlé. Et je la remercie beaucoup pour ça, parce que le cinéma pourra vraiment nous servir beaucoup à ça, cultiver cette différence et le faire valoir, à le développer.

    Je suis sûr que ça donnerait quelque chose. Merci, Ali. On vous attend sur le tapis rouge, ce n'est pas très loin d'ici, on est dans un jardin magnifique, le jardin de La Mamounia. Mais voilà, c'est le tapis rouge. Chapeau, le Festival du Film de Marrakech, merci Ali Essafi. Merci à vous. Merci à tout le public.

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    00:08:40
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