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  • L'invité

    Chassol

    Invité : Chassol, compositeur et musicien français.

    Manipulateur de sons et génial touche-à-tout de la musique, Chassol a électrisé le Montreux Jazz de sa musique expérimentale et festive, après avoir offert une magnifique leçon de musique à la coupole de Montreux. 

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 53e Montreux Jazz Festival.

    Transcription

    Claude Nobs, le fondateur du Montreux Jazz Festival, adorait les voyages en train. C'est l'Orient Express qui a été fondé en 1876. Il est recréé ici dans le hall du Montreux Jazz, et chacun peut venir jouer du piano et faire revivre la légende.

    Ça va, Christophe ?

    Comment ça va, Patrick ? Un peu les jetons ? On est à l'endroit où tu vas jouer tout à l'heure.  Et alors, pourquoi j'aurais les jetons ? Moi, à ta place, comme ça.

    Les gens viennent à un conce (...)

    Claude Nobs, le fondateur du Montreux Jazz Festival, adorait les voyages en train. C'est l'Orient Express qui a été fondé en 1876. Il est recréé ici dans le hall du Montreux Jazz, et chacun peut venir jouer du piano et faire revivre la légende.

    Ça va, Christophe ?

    Comment ça va, Patrick ? Un peu les jetons ? On est à l'endroit où tu vas jouer tout à l'heure.  Et alors, pourquoi j'aurais les jetons ? Moi, à ta place, comme ça.

    Les gens viennent à un concert, ils vont viennent avec plein d'amour. On est au Lab, ça s'appelle comme ça. Montreux Jazz Festival, pour l'instant, il n'y a personne. C'est cool, une salle comme ça, c'est impressionnant. C'est pas mal, hein ?

    Il va y avoir de l'ambiance tout à l'heure. Oui, je pense. En plus debout, c'est bien, on fait toutes sortes… Nos concerts, on peut les faire debout, assis, couché, à l'intérieur, dans des théâtres, dans des salles de cinéma, dans des clubs… On fait partout, on est tout terrain.

    Nous, on va le faire assis. On va s'asseoir là. On a l'occasion de dire que derrière, ou voit un écran. C'est le show.  C'est le nouveau show qui s'appelle "Ludi", comme ludique. Ça se passe comment, un show de Chassol ?

    Comme tu peux voir, il y a la batterie qui est face au clavier. On est de profil. Le troisième membre du groupe, c'est l'écran et tous les personnages qui sont dedans. Et ça se passe que l'écran joue sa partition, et nous on joue dedans, dessus, avec. Et on essaie de rendre hommage à tous les gens qui sont dans le film, si tu veux. On va en parler. Le plus simple, c'est d'abord de commencer à regarder, Chassol.

    Incroyable, il y a une recherche chez toi qui est folle. L'expérimentation, c'est un état mais qui a peut-être vocation aussi à… Moi, j'ai toujours une vocation à ne pas être expérimental, à arriver avec le truc le plus abouti possible. Mais on passe par l'expérimentation en effet pour arriver à quelque chose, une forme assez aboutie. J'espère que c'est assez équilibré. L'expérimentation, c'est un moment.

    Ça paraît évident, ça donne envie de bouger. C'est un plaisir, un feeling incroyable. En même temps, je dis expérimentation parce qu'au départ, tu as cette envie, cette recherche. D'où ça vient, les sons comme ça ? Créer des sons à partir des mots, à partir de choses comme ça.  Ça fait longtemps que je fais de la musique, et j'ai fait beaucoup de musique de film. Le médium du cinéma, je trouve que c'est peut-être le meilleur, c'est-à-dire tu te mets devant des images : c'est une forme que j'adore. Et je voulais réunir vraiment les deux. Et comme je fais la musique de film, je me suis demandé quel objet (filmique) vais- je faire pour me satisfaire. C'est un où même les paroles sont mélodifiées. Des syllabes deviennent des musiques, des sons. Tu prends un passage, quelqu'un qui parle, et puis ça devient une musique.

     Quelqu'un qui parle, ou n'importe quoi. Tu filmes quoi que ce soit, il y a du son dedans. Et les gens entendent des choses différentes avec le même passage. Mais il y a une essence sonore à un passage, propre à un passage : j'essaie de la montrer, de la dévoiler, puis de dérouler autour des accords, de la faire se répéter grâce aux outils qu'on a, les outils technologiques ; et de figer un moment, mais faire voir qu'il peut être entendu différemment à chaque fois qu'il se répète.

    J'ai vu des images en Inde, par exemple. On va peut-être les voir, ces images. C'est le Gange. Et tout ça respire une musique, tout ça inspire quelque chose.

    Oui, tu sais, tu n'as pas besoin de partir jusqu'en Inde pour être inspiré. En bas de chez moi, il y a des pigeons, il y a des enfants… Tout est intéressant, tous les sons sont intéressants. Tu as John Cage qui te dit : "Je n'ai pas besoin que les sons soient déguisés en guerriers ou en romantiques pour les aimer, je les aime tels qu'ils sont." Après, tu as des préférences. La musique, c'est un art assez ancien, qui a été inventé par les Hommes. Ils se sont bien débrouillés, quand même. Ils ont construit des instruments pas mal. Ces instruments sont des bons outils pour apprécier les sons. Mais il y a d'autres façons d'apprécier les sons. Tout à l'heure, il y avait un workshop, comme on dit ici. On voit d'ailleurs, sur ces images, il y avait plein de monde qui venait écouter, expliquer d'où ça vient la musique de Chassol, et d'où cette créativité à travers à la fois les images et les sons. Au piano, pour faire la démonstration, pour expliquer comment ça part, y compris d'ailleurs d'images de films, comment on peut détourner des images d'un film. Ça, on peut le raconter ? Ça se raconte, la musique.

    Oui. Là, je racontais pendant ce workshop le processus qui m'a amené à fabriquer mes propres images, que j'harmonise moi-même. Avant, j'ai pris beaucoup de passages de films, d'interviews de compositeurs, ou de gens que j'aime. Et oui, c'était pour voir des objets un peu différents. Quand j'étais ado, je répétais… J'avais un petit magnétophone. Et avec l'orteil, je faisais des (wines) de façon artistique. Parce que je veux écouter, regarder comme dans une agrume le passage que j'aime ; regarder, explorer à l'intérieur, voir ce qu'il se passe. Pour ça, il faut le répéter, le répéter, le répéter, le répéter, le répéter… Le répéter, le répéter, le répéter. Comme quand tu dis ton prénom : Patrick, Patrick, Patrick, Patrick, Patrick… On peut le répéter comme ça. Ça devient une musique. Oui, ça devient… Christophe, Christophe… Il faut écouter… Tu peux écouter la même chose exactement. Ce qui est bien avec les outils technologiques, c'est que tu peux faire une répétition mécanique, c'est-à-dire exactement la même. Si je te dis Patrick, Patrick, Patrick, Patrick, Patrick : ce n'est pas du tout les mêmes Patrick à chaque fois. Tandis que si je me filme en train de dire "Patrick", et que je répète cette image exactement.

    C'est incroyable. C'est une répétition mécanique qui est un peu folle. C'est merveilleux. Je pensais aux influences : Stravinsky, Ennio Morricone. Beaucoup. Puis, les minimalistes américains : Steve Reich, etc. Et plein d'autres trucs.

    On parlait de Morricone : il prend des sons d'animaux, de cris d'animaux, pour en faire une musique. C'est un peu pareil… Lui, il demande à ses chanteurs d'imiter des sons… Par exemple, il y en a un qui imite un son de chacal dans "Le bon, la brute, et le truand". Ça fait…

    C'est censé faire un chacal du désert. Et Edda Dell'Orso, sa chanteuse aussi qui est magnifique. Les gens qui sifflent, etc. Ce n'est pas un bruitiste non plus, Ennio Morricone. Il a eu une période très expérimentale.  Quelle aventure, Chassol.

    Le Conservatoire, les États-Unis, Los Angeles, la découverte de tout ça, tout cet infini que peuvent représenter ces musiques, ces inventions.

    Le métier de pianiste, de musicien, est assez complet, c'est bien. On peut vraiment explorer un peu le cosmos avec le piano. C'est bien organisé : il y a 12 notes qui se répètent. C'est comme une échelle. Et tu peux aller regarder ce que ça donne avec les aigus, tu mets de la basse, tu as la terre, tu as la racine. C'est passionnant.

    Allez, on y va, on part dans le cosmos : Chassol. Merci à toi. Salut, Patrick.

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    00:08:28
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