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  • L'invité

    Christophe Brusset

    Invité : Christophe Brusset.

    Vous prendrez bien encore un peu de glyphosate ? Christophe Brusset, l'ancien ingénieur repenti de l'industrie agro-alimentaire, est devenu un lanceur d'alerte et la bête noire des lobbies agricoles de la malbouffe et des pesticides. Après son best-seller « Vous êtes fou d'avaler ça ! », il revient avec « Et maintenant on mange quoi ? » et de nouvelles révélations sur ce que l'on trouve dans nos assiettes.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Christophe Brusset. Vous avez travaillé pendant 25 ans dans l'industrie agroalimentaire. Vous aviez publié Vous êtes fous d'avaler ça,  qui est devenu un best-seller. Vous êtes de retour avec "Et maintenant, on mange quoi ?", publié chez Flammarion. Vous êtes en quelque sorte un repenti de cette industrie qui, dites-vous, empoisonne les gens. Ce qu'on mange tous les jours est dangereux. Effectivement, oui c'est vrai que ce qu'on mange tous les jours est bourré d'additifs, de pesticides e (...)

    Bonjour Christophe Brusset. Vous avez travaillé pendant 25 ans dans l'industrie agroalimentaire. Vous aviez publié Vous êtes fous d'avaler ça,  qui est devenu un best-seller. Vous êtes de retour avec "Et maintenant, on mange quoi ?", publié chez Flammarion. Vous êtes en quelque sorte un repenti de cette industrie qui, dites-vous, empoisonne les gens. Ce qu'on mange tous les jours est dangereux. Effectivement, oui c'est vrai que ce qu'on mange tous les jours est bourré d'additifs, de pesticides et de différents produits chimiques qui contribuent à dégrader la santé.

    Vous dites, aujourd'hui, 70 % des morts sont dues à cette mauvaise alimentation.

    Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'OMS qui déclare que, chaque année, 12 millions de personnes meurent des effets de la malbouffe, quelles que soient les conséquences, diabète, obésité, etc. Effectivement, c'est la première cause de mortalité au monde. La façon de se nourrir est inadaptée. Il faut nourrir 7,6 milliards d'êtres humains sur Terre. C'est un enjeu considérable. D'autant plus que les principales victimes de la malbouffe sont les personnes à faibles revenus. Là aussi, on a une différence suivant les classes sociales et suivant les origines. Et à mon sens, ce n'est pas du tout acceptable. Qu'est-ce que vous dénoncez clairement, aujourd'hui encore, dans ce livre ? Aujourd'hui, je dénonce vraiment un système. On a une industrie agroalimentaire mondialisée. On a une industrie de la malbouffe qui produit des quantités astronomiques de nourriture ultra- transformées, malsaines, bourrées d'additifs,  de pesticides, d'aliments tellement transformés qu'ils en deviennent nocifs au niveau de l'organisme.

    Vous dénoncez des asticots dans la soupe. Vous dénoncez des choses absolument épouvantables, écoeurantes. Je parle beaucoup de ce que j'ai vu durant mes différentes expériences, de fraudes, de malversations. Je parle aussi et surtout, c'est l'objet de ce nouveau livre, de tout ce qui est légalement autorisé,  c'est-à-dire tous les additifs, les auxiliaires technologiques, plus de 700 additifs en France qu'on est autorisé à utiliser et à mettre dans l'alimentation. Ce sont des additifs que vous dites dangereux pour la santé. La plupart sont dangereux. Une étude de l'Inserm est sortie en début d'année, en février 2018, qui dit que le fait de consommer des aliments ultra-transformés, si on augmente la consommation de 10 %, on augmente le risque de cancer de 12 %. Il y a clairement un lien entre les aliments ultra-transformés industriels et la santé. Et les pesticides, le glyphosate dont on a beaucoup parlé, ce sont des ingrédients qui sont connus comme dangereux, le glyphosate depuis 2015, et ils continuent d'être utilisés.

    Puisqu'on a une pression qu'on appelle le lobbyisme, que ce soit des industries de l'agroalimentaire, de la chimie et de toutes les industries pour favoriser leur industrie et continuer à vendre leurs produits. On a des lobbies très puissants à Bruxelles puisqu'on a plus de lobbyistes que d'employés de la Commission européenne qui font la pression, qui organisent les lois, qui s'infiltrent dans les comités de décision pour continuer à utiliser leurs produits à grande échelle.

    Vous dites que les multinationales contournent les normes. Elles restent dans une sorte de légalité tout en n'obéissant pas à l'intérêt public.

    Ce que je dis surtout, c'est que les multinationales font les normes. Les multinationales ont des moyens gigantesques, elles ont les moyens de financer et avec le lobbyisme, je parle plutôt de corruption, on peut acheter les politiques, les scientifiques, tous ceux qui ont un pouvoir de décision. Aujourd'hui, au niveau de l'EFSA, la structure qui décide pour l'alimentaire en Europe, les consommateurs dénoncent que sur 211 experts, à peu près la moitié ont des liens d'intérêts avec l'industrie. Il y a 400 additifs que les industriels ne sont pas obligés de déclarer.  Effectivement. Que pourtant on absorbe.  On a une catégorie d'additifs particulière qu'on appelle auxiliaires technologiques et les industriels sont dispensés de déclarer ces additifs au niveau de la liste des ingrédients. Cela veut dire que les consommateurs n'ont aucun moyen de savoir que tous ces produits figurent dans les aliments qu'ils consomment tous les jours. Vous racontez une véritable enquête personnelle dans ce livre. Comment on fait du miel sans aucune ruche, par exemple. 

    C'est quelque chose connu depuis des années. Une prise de conscience avait été faite ces quelques dernières années parce que Que choisir avait dit que 30 % du miel était fraudé en France. On avait aussi la Commission européenne qui avait fait une étude sur le miel et qui avait retrouvé à peu près ces chiffres-là il y a deux ans. Dans la loi alimentation, il était prévu qu'on surveille et qu'on indique les origines sur les pots. Finalement, cet article a été annulé par le Conseil constitutionnel. On s'aperçoit qu'il n'y a pas de vraie volonté pour lutter contre ces fraudes et ces abus. De la confiture de fraises sans fraises. Vous avez vu ça? Je l'ai vu. On l'a pratiqué et ça continue à se pratiquer. La glace à la vanille sans vanille, mais on met des faux ingrédients qui font penser à la vanille.

    On utilise de la gousse de vanille épuisée qui est un déchet de la vanille, donc une fois qu'on a extrait l'arôme. J'en ai vu encore aujourd'hui dans les supermarchés, des glaces à la vanille avec des petits points noirs à l'intérieur. Quand vous voyez marqué gousse de vanille épuisée, c'est un produit qu'il ne faut absolument pas acheter. Revenons une seconde sur ce miel, c'est un miel chinois. Vous dites qu'il n'y a pas de miel là-dedans. C'est une sorte de liquide sucré auquel on rajoute des colorants. Les Chinois ont décomposé le miel naturel par tous les ingrédients qui le composent. Ils arrivent, avec cette décomposition, à recréer un miel artificiel. On s'est rendu compte, sur dix ans, que la production de miel chinoise avait doublé, alors que le nombre officiel de ruches avait augmenté de 10 à 13 %. Les seules contraintes, c'est d'indiquer sur la boîte Fabriqué dans différents pays y compris hors l'Europe. Au fond, on ne dit rien.

    Les industriels savent très bien que les consommateurs n'acceptent pas certaines origines. Pour ne pas avoir à la marquer, on fait des mélanges entre des produits chinois et d'autres produits européens. Ça nous permet de marquer, sur les emballages, Produit originaire et non-originaire de l'UE. Cela veut dire qu'on ne donne aucune information aux consommateurs. C'est vrai pour le miel, mais c'est vrai aussi pour les viandes par exemple.  Vous êtes, en quelque sorte, un lanceur d'alerte. Mais vous dites quoi aux consommateurs ? Vous dites qu'il faut manger bio. Il ne faut pas aller dans les supermarchés, ce sont des succursales de la malbouffe. Vous dites qu'il faut mettre de l'argent pour bien manger.  Je dis un peu tout ça, mais je dis surtout aux consommateurs, prenez-vous en main, faites-vous confiance, faites marcher votre logique, votre bon sens. Prenez des produits plutôt bios parce qu'il y a moins de pesticides, il y a moins d'additifs, donc c'est une meilleure garantie. Exigez qu'on vous indique les origines des produits, militez, faites-vous entendre, soutenez les associations comme Food Watch qui se battent pour vous. Ne vous laissez pas faire.

    On pourrait presque parler de gâteau aux additifs tellement il y a d'additifs. C'est pratiquement ça qui le caractérise. Vous dites qu'on peut parler de coulis de tomate aux pesticides.

    Quand on voit les listes d'ingrédients pour les plats préparés, c'est absolument hallucinant. On a x additifs avec des E quelque chose qui sont absolument incompréhensibles pour la plupart des gens. Là aussi, l'étude Inserm a démontré qu'augmenter sa consommation d'aliments ultra-transformés, conduit également à une augmentation des risques de cancer. On sait que ces produits sont nocifs. Maintenant, ce n'est plus une nouveauté, on le sait.

    Il faut éviter les E, notamment le E466 par exemple. Par exemple. Pourquoi il faut éviter le E466 ? C'est un émulsifiant. Il y a une étude qui a été fate aux Etats-Unis par un chercheur Français et il s'est rendu compte que cet émulsifiant avait une incidence sur la flore intestinale. Ça contribuait à créer des problèmes digestifs, des problèmes de colites, des problèmes de perforation intestinale. C'est un élément parmi d'autres. On sait aussi qu'on a les mêmes problèmes sur les nitrites. On sait que les nitrites utilisés en charcuterie sont cancérigènes. C'est quelque chose de su et de connu, d'avéré. On sait que tout un tas de colorants, par exemple les colorants azoiques sont nocifs pour les enfants. C'est su parce qu'on doit mettre une phrase de mise en garde sur les produits, on le sait, mais tous ces produits sont encore autorisés aujourd'hui.

    Merci beaucoup Christophe Brusset. Et maintenant, on mange quoi ? On va faire attention. J'explique, dans ce livre, quelles sont les pistes, quels sont les produits à privilégier, quels sont les produits à éviter. J'explique comment on fait du lobbyisme. Ce livre m'a pris trois ans à écrire. C'est bourré d'informations, c'est bourré d'anecdotes et je pense vraiment avoir fait œuvre utile avec ce genre d'ouvrage. Et c'est bourré de conseils. Merci beaucoup Christophe Brusset d'avoir été notre invité. Et maintenant, on mange quoi ? est publié chez Flammarion. Merci beaucoup. Merci à vous.

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