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  • L'invité

    Marlène Schiappa

    Invitée : Marlène Schiappa, secrétaire d'État auprès du Premier ministre français, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

    Après la présidence canadienne et à l'occasion de la présidence française du G7 en 2019, la secrétaire d'État française Marlène Schiappa est en déplacement à Montréal. Priorité sera donnée à la coopération en faveur de la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes, à l'heure où le président Emmanuel Macron lance un grand débat national face à la crise des gilets jaunes.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission en duplex des studios de Radio-Canada, à Montréal.

    Transcription

    Bonjour Marlène Schiappa. Vous êtes la secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Vous êtes, en ce moment, dans les studios de nos amis de Radio-Canada. Vous êtes en visite à Montréal. Vous représentez la France qui désormais préside le G7, après le Canada l'année dernière, avec une priorité donnée à ce combat en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes. C'est ce que vous êtes venue dire à nos amis canadiens ?
    (...)

    Bonjour Marlène Schiappa. Vous êtes la secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Vous êtes, en ce moment, dans les studios de nos amis de Radio-Canada. Vous êtes en visite à Montréal. Vous représentez la France qui désormais préside le G7, après le Canada l'année dernière, avec une priorité donnée à ce combat en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes. C'est ce que vous êtes venue dire à nos amis canadiens ?

    Absolument. Après la présidence canadienne, la France prend la présidence du G7 pour l'année 2019 et le président de la République, Emmanuel Macron, a déjà annoncé que la réduction des inégalités, en général, serait l'axe, le fil directeur, le fil rouge de la présidence française du G7 avec un focus très important sur l'égalité entre les femmes et les hommes, qui est la grande cause du quinquennat en France et qui vise à devenir une grande cause mondiale dans le cadre de ce G7.

    Vous voulez dire par là que le Canada est précurseur dans cette égalité entre les femmes et les hommes. Est-ce qu'il y a des exemples à récupérer de ce que font les Canadiens aujourd'hui ? Oui, le Canada est extrêmement engagé de longue date. Je crois que la politique qui est menée par Justin Trudeau et par la ministre, mon homologue Maryam Monsef, et par l'ensemble du gouvernement canadien est très importante puisque le Canada se définit lui-même comme un gouvernement féministe. Ça veut dire qu'il y a ce qu'on appelle du gender mainstreaming, c'est-à-dire des politiques d'égalité de genres et d'égalité femmes hommes dans l'ensemble des domaines politiques. À cet égard, on a beaucoup de choses dont on peut s'inspirer, notamment en poursuivant cette priorité égalité femmes hommes qui avait été initiée par le Canada puisque le Canada avait créé un conseil consultatif de l'égalité femmes hommes, que la France entend maintenir et renforcer.

    Vous allez, tout à l'heure, participer à une réunion avec les militants d'En marche Canada puisque vous présidez le groupe Citoyenneté et démocratie au sein du parti La République en marche. Que vous disent les expatriés français aujourd'hui ? Vous avez le sentiment qu'ils veulent participer à ce grand débat national ? Oui. Je crois que c'est très important. On le voit à chaque fois que l'on se déplace à l'étranger. Les Français de l'étranger, les expatriés ont vraiment encore envie de participer au débat politique français. Je rappelle que les Français de l'étranger ont voté très massivement pour Emmanuel Macron. C'est aussi notre électorat. C'est important qu'on puisse débattre avec eux. Enfin, ils ont une expertise. C'est pour ça que ce soir, je vais faire un atelier débat avec les marcheurs du Canada parce qu'on va pouvoir comparer les systèmes démocratiques en France et au Canada. Avec ce grand débat national qui s'ouvre, c'est l'occasion justement de voir comment on peut améliorer le système français, et en toute humilité, regarder ce qui peut se faire dans les autres pays en termes d'engagement citoyen, d'implication citoyenne dans la démocratie. La démocratie qui s'exprime à travers ce grand débat. Le président Macron en visite surprise tout à l'heure, à (Gasny), a dit que cette crise des Gilets jaunes est une chance pour agir plus fort et plus profondément. Vous diriez que c'est une chance, cette crise des Gilets jaunes ? Je crois que toute crise est une opportunité. Ce qui a commencé comme un mouvement social, une crise économique et sociale, c'est aussi une opportunité, pour nous, de remettre en question un certain nombre de méthodes de gouvernance. C'est une fenêtre d'opportunité pour aller plus loin. Vous savez, je crois qu'à  chaque fois qu'il y a un cri d'alarme, c'est une fenêtre d'opportunité pour y répondre. On l'a vu avec Me too dans l'égalité femmes hommes. C'était un cri d'alarme, donc on a pu aller plus loin dans les politiques publiques et on doit continuer à aller encore plus loin. Je crois qu'avec les Gilets jaunes, c'est aussi quelque part, bien sûr, je mets à part les violences et les attaques contre la République qui sont très fortes, mais les personnes qui sincèrement appellent à davantage de démocratie doivent être entendues. Nous devons pouvoir construire ensemble des réponses et c'est le but de ce grand débat national, c'est construire ensemble. Ce n'est pas un grand blabla, comme le dénonce aujourd'hui l'opposition qui dit que ça ne servira à rien finalement, qui dit qu'on ne prendra pas en compte fidèlement les résultats de ce débat.

    C'est un peu triste quand on fait de la politique d'être blasé comme ça, sur tout, tout le temps, en permanence. Le débat n'a même pas encore commencé, il a commencé hier et d'ores et déjà, on a des gens qui font les cassandres et qui prédisent que ça ne va pas marcher. Mais ça, pardonnez-moi de le dire, c'est très français de commencer quelque chose en disant "ça ne marchera jamais". Il faut donner sa chance à ce grand débat national. Il faut que chacun se retrousse les manches, se mobilise, y participe. C'est sûr que le meilleur moyen de faire en sorte qu'il ne marche pas, c'est de répéter sans cesse que ça ne va pas marcher, de ne rien faire, de rester chez soi et de ne surtout pas parler avec les autres. Ce n'est pas ma conception de la politique. Je pense que si chacun va à la rencontre de l'autre, va à l'écoute de l'autre et travaille ensemble à proposer véritablement quelques solutions, nous pourrons avancer ensemble.  Vous parliez des violences dans cette crise des Gilets jaunes. Vous en avez été la victime : un homme a été condamné à 8 mois avec sursis pour vous avoir menacée de mort sur les réseaux sociaux. Vous avez publié d'ailleurs de nombreuses insultes que vous aviez reçues. Comment vous réagissez à cette première condamnation ? Ce n'est pas la première condamnation parce que depuis 18 mois que je suis au gouvernement, il y a une violence inouïe, des menaces, des menaces de mort et des menaces de viol prises très au sérieux par les forces de police. On voit cette haine qui se cristallise sur les réseaux sociaux, mais aussi dans la vie réelle et dans le débat public. On ne débat plus des idées directement, on invective, on insulte, ensuite on menace et parfois, on passe à l'acte. On l'a vu avec les députés. Je n'ai aucun commentaire à faire sur la décision de justice en particulier. Cette décision appartient à la justice et je ne la commenterai donc pas, mais j'observe qu'il y a une violence particulière à l'égard des femmes engagées en politique. Cette question dépasse ma personne. On voit que nous sommes menacées spécifiquement en tant que femme, là en l'espèce par exemple, menacée de viol et de sévices sexuels, etc. Vous avez dit, concernant le Référendum d'Initiative Citoyenne, ça ne sera pas le retour sur le mariage pour tous, ce ne sera pas non plus le retour au droit de cuissage. On ne va pas pouvoir débattre de tout, c'est ça que vous avez dit. Non, ce que je dis, c'est qu'il y a deux choses différentes. Il y a le grand débat national et un éventuel référendum. Dans le grand débat national, le président de la République l'a dit dans sa lettre aux Français, il n'y a pas de tabou. On peut débattre évidemment de tout dans la limite de la loi : c'est-à-dire qu'appeler à la haine, appeler à l'invective, appeler à la violence contre les élus, appeler à la haine des immigrés ou des personnes homosexuelles, ce n'est pas du débat et ça contrevient à la liberté d'expression telle qu'elle est définie dans la loi française. Néanmoins, on peut évidemment parler de tous les sujets dans le cadre des quatre thèmes prédéfinis, notamment la fiscalité et l'organisation de l'État, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Mais je crois qu'il faut aussi assumer que le gouvernement, notamment le président de la République Emmanuel Macron a été élu. Il a été élu aussi sur un programme et sur des valeurs. Ces valeurs, ce sont les valeurs du progrès que nous défendons. Je crois qu'il est important de dire que si d'aventure, un référendum, je parle au conditionnel, si un référendum était soumis à l'ensemble des citoyennes et des citoyens français, de mon point de vue, il ne pourrait pas contenir des sujets et des questions sur le mariage pour tous, la peine de mort, le droit à l'IVG. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été très clair sur ces sujets. L'écoute et la bienveillance, c'est vraiment l'ADN d'En Marche. J'appelle à ce que nous renouions avec cet ADN. Je crois qu'on ne peut que se réjouir de voir les images que nous avons vues, du président de la République avec le ministre en charge des collectivités, Sébastien Le Cornu, au contact de maires, d'élus, mais aussi au contact de la population directement pour travailler, pour écouter, pour échanger dans le cadre de ce grand débat national.

    Merci beaucoup Madame la Ministre en duplex des studios de nos amis de Radio-Canada à l'occasion de cette visite, représentante de la France présidente du G7 cette année. Merci beaucoup, Marlène Schiappa, d'avoir été avec nous.

    Merci à vous.

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    00:08:29
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