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  • L'invité

    Alexis Michalik, Olivier Gourmet, Thomas Solivéres

    Invités : Alexis Michalik, comédien et metteur en scène franco-britannique ; Olivier Gourmet, acteur belge ; Thomas Solivéres, acteur français.

    Olivier Gourmet et Thomas Solivéres sont à l'affiche du film « Edmond », réalisé par Alexis Michalik. Un long-métrage, adapté de la pièce de théâtre à succès, sur la folie créatrice dans un Paris incroyablement reconstitué. 

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Transcription

    Alexis Michalik, Thomas Solidérès et Olivier Gourmet, quelle affiche pour Edmond, et on pourrait en citer d'autres. C'est un grand spectacle, Edmond Rostand porté en triomphe. Ils ont un peu pleuré, moi, pas trop, mais effectivement, c'était très chouette. Ils découvraient le film. Ils ne l'avaient pas vu. Il faut dire qu'ils nous avaient donné ses consignes avant. Il nous avait dit : "Vous, vous pleurez. Moi, je reste digne et vous pleurez". On avait déjà nos consignes pour aller devant le spec (...)

    Alexis Michalik, Thomas Solidérès et Olivier Gourmet, quelle affiche pour Edmond, et on pourrait en citer d'autres. C'est un grand spectacle, Edmond Rostand porté en triomphe. Ils ont un peu pleuré, moi, pas trop, mais effectivement, c'était très chouette. Ils découvraient le film. Ils ne l'avaient pas vu. Il faut dire qu'ils nous avaient donné ses consignes avant. Il nous avait dit : "Vous, vous pleurez. Moi, je reste digne et vous pleurez". On avait déjà nos consignes pour aller devant le spectateur parce qu'Alexis est très pointilleux. Tout est défini à l'avance. Chaque mot qu'on va vous dire aujourd'hui, même ce que je suis en train de vous dire, il me l'a dicté. Il a appris son interview juste avant de la faire. Alors que dit Thomas, que dit Edmond Rostand ? Vous êtes Edmond Rostand dans ce film.  Réponds en vers,Thomas. Oui, je vais répondre en vers. Le film vient tout juste d'être fini. On a terminé de tourner en mars, ça va très vite. On est encore dedans. On a encore plein de souvenirs. C'est beaucoup d'émotions. Je suis très ému.

    On est emporté. On est en 1897, à Paris, Paris qui rêve et un artiste, Edmond Rostand, qui invente peut-être une œuvre qui va triompher. Regardez ce film.

    Alors votre pièce, comédie, tragédie ? Vous avez deux minutes. Tragédie. Comédie. Bien. Le titre ? Hercule ? Oh. Savinien ?  Pfff. Cyrano ? Cyrano de Bergerac. Mon rôle ? Cyrano. Très bien. Qui est-ce ?  Un poète, fin bretteur avec une laideur. Laideur ? Enfin laideur, non, mais disons, une, un grand…. nez. Il y a tout dans ce film. Il y a tout. Il y a du romantisme, il y a de la musique, il y a de la danse, il y a du spectacle, de l'émotion, des enjeux. Il y a de l'amour aussi, Olivier.

    C'est aussi un conte romanesque,  Cyrano de par son côté romanesque au départ, et même ici avec Edmond et ce chassé-croisé avec Rosemonde et Jeanne, cette muse dont il tombe amoureux quand même quelque part. Il y a une vraie histoire d'amour. C'est un fil rouge, ce n'est pas le seul. C'est ça aussi qui fait la richesse du film d'Alexis. Comme vous le disiez d'ailleurs, il y a plein de choses. Il y a des clowns. Il y a les Corses. C'est burlesque. Il y a cette sensibilité. Ce n'est jamais grotesque. Ce n'est jamais gratuit. C'est toujours là au bon moment, quand ça doit être, avec intelligence, avec sensibilité. Il y a une vraie fibre artistique. Ça crée un grand divertissement, un grand spectacle, mais de qualité. Ce n'est pas n'importe quoi. On a rarement vu un film où on passe si vite du rire à l'émotion, d'un instant. Vous, quand même, vous avez une petite moustache dans le film.

    Et oui. Je suis assez triste de ne plus l'avoir. Parlons de la moustache, Thomas. Et pourtant, il a eu du mal. Le matin, quand on lui collait, c'était un calvaire. Vous êtes un Edmond Rostand tout jeune qui a besoin d'écrire. Il invente Cyrano de Bergerac, mais il faut qu'il le fasse en quelques heures. En trois semaines. Il a trois semaines pour écrire Cyrano de Bergerac. C'est quelques heures, trois semaines. Quelques heures.  Il est contraint et forcé d'écrire un chef-d'oeuvre. Coquelin lui dit : "J'ai besoin d'un chef-d'oeuvre pour la fin de l'année". Coquelin, c'est lui dans le film. Il va falloir le faire, donc on va le faire. C'est parti. Coquelin, c'est le grand comédien de l'époque. Il va porter cette pièce avec son grand nez.  Oui, Cyrano et son grand nez. Coquelin est passé dans les mémoires comme Saint Bernard est resté. Pourtant, quand on le découvre, quand je l'ai découvert parce que je ne connaissais absolument pas le parcours de Coquelin, c'était un ogre. C'est dit dès le départ du film, c'est un ogre. Mais c'est quelqu'un qui avait aussi une vraie sensibilité artistique parce qu'il allait voir les pièces d'Edmond Rostand. Il lui cite une tirade et il lui dit : "Je me souviens toujours de ce qui est joli". C'est quelqu'un. Ce n'est pas uniquement faire du théâtre pour faire du théâtre. C'est quelqu'un avec une vraie sensibilité artistique. C'est un personnage amusant. Alexis voulait qu'il ait ce côté bonhomme, paternel, toujours positif. C'est un chef de troupe, Coquelin. Toujours positif, jamais dans la défaite.

    C'est un chef de théâtre. C'est lui qui dirige le théâtre. Mais pas un tyran. Ce n'est pas du tout un acteur égotique, Coquelin. Il aime ce rôle-là. Quand je me suis renseigné sur Coquelin, c'est quelqu'un qui a créé une association pour les acteurs vieillissants, qui est encore d'actualité aujourd'hui. C'était quelqu'un de généreux. C'est quelqu'un qui dirigeait le théâtre. Quand on est directeur de théâtre, on n'est pas que comédien. On n'est pas centré sur soi. On est obligé de faire tourner la machine. Quand il découvre le petit Rostand, il lui dit : "Bon allez hop, il va falloir se mettre au travail maintenant, il va falloir me faire une pièce". Il avait une énergie énorme parce qu'il faut le tenir, Cyrano. C'est quand même le rôle le plus long du répertoire. Il est très énergique et il y a un duel. Lui, c'était un valet de comédie, donc sa spécialité, c'était justement d'aller vite, d'être dans la comédie, dans un rythme vaudevillesque. Cyrano, ça a été le plus beau rôle de sa vie qu'il a rencontré alors qu'il avait cinquante et quelques.  Il y a quelque chose d'Alexis dans Coquelin.

    Parce que c'était d'abord une pièce de théâtre qui a eu triomphe véritable. Maintenant, c'est ce film. Ce film raconte la création. C'est un film sur la création qui nous amène aux mots, à la force des mots qui peuvent rendre amoureux, qui peuvent rendre heureux. C'est ça, Edmond Rostand. C'est un hommage au romantisme, mais de la même manière que Cyrano était un hommage au romantisme. Au moment où Rostand écrit Cyrano, 1897, on n'est pas du tout dans la période romantique. On est dans un théâtre moderne, Ibsen, Strindberg, Tchekhov, André Antoine. La période romantique, c'est Musset c'est 1830. C'est 70 ans en arrière. Quand il écrit Cyrano, tout le monde se dit, encore un ringard de romantique. En fait, pas du tout. C'est merveilleux, Cyrano. Quand on sort de Cyrano, on a envie d'être amoureux. C'est ce qu'on a essayé de retransmettre dans Edmond. Ce que vous racontez, c'est l'envers du décor de la création de cette pièce mythique. On aperçoit qu'il a vécu pratiquement ce qu'il raconte. C'est que l'amour… C'est mon imagination. Il n'a pas vraiment vécu ça. Cette fameuse façon de parler, de dire les mots et de les faire porter par quelqu'un d'autre pour rendre amoureux. J'imagine pour vous, Olivier Gourmet, interpréter Cyrano dans ce film, pour un comédien, c'est merveilleux, non ? Je n'avais pas la responsabilité d'endosser Cyrano, c'était Coquelin qui endossait Cyrano, donc je pouvais faire n'importe quoi. J'étais totalement libre. Depuis très jeune, je le disais tout à l'heure, la première audition que j'ai dû faire pour un boulot, on m'a demandé : "Vous connaissez quelque chose par cœur que vous pouvez nous faire". C'était pour une opérette, Scaramouche. Je devais d'Artagnan à 75 ans. C'était mon premier rôle, j'étais encore au Conservatoire. Je dis : "Je connais juste la tirade des nez". "Faites-moi la tirade des nez". Et j'ai fait la tirade des nez dans le bureau du directeur. Et voilà, quelques années après, après avoir rêvé de jouer Cyrano de Bergerac, enfin, je l'endosse. Depuis hier, il y a plein de gens qui me disent, j'espère qu'on va voir dans Cyrano au théâtre. Là, c'est une autre responsabilité.  Tu es obligé, maintenant. Si le film marche.  C'est une autre responsabilité. Là, ça me fout les boules. Ici, je n'avais pas les boules parce qu'il y a Coquelin derrière, c'est le jeu dans le jeu. C'était ludique, de toute façon. A la fois, le film d'Alexis est formidable, et en même temps, ce qui est génial quand on fait un film et qu'on a un réalisateur bosseur, efficace, qui a un vrai sens artistique et qui ne prend pas la tête non plus.  Oui, c'est vrai, mais quel bel hommage au théâtre. D'ailleurs, on le voit dans le film à un moment, les gens dans les cafés, les gens simples, les pauvres qui n'ont pas à manger viennent au théâtre. C'est un art populaire, le théâtre. C'est ça qui est extraordinaire. Il n'y avait pas de cinéma, à l'époque. Il n'y avait pas de télévision. Il n'y avait pas d'ordinateur. Il n'y avait que le théâtre comme divertissement de masse. Le cinéma commençait. Attention, danger, la concurrence, on le voit bien dans le film. J'ai envie de donner un clap, de dire Paris, 1897 et que le film recommence parce qu'on a vraiment passé un moment merveilleux à regarder ce film. Merci à tous les trois d'avoir été mes invités. Merci à vous. Merci à vous.

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    00:08:13
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