Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Marcel Amont

    Invité : Marcel Amont, chanteur et acteur français. 

    L'un des derniers vétérans de la tradition du music-hall fait son retour avec un album où les grands de la chanson lui rendent hommage en chantant avec lui : Cabrel, Souchon, Le Forestier, et même Charles Aznavour qui a fait son dernier enregistrement pour ce disque. Sur scène à l'Alhambra de Paris, il raconte son histoire de chanteur fantaisiste, venu de sa province pour faire la première partie de Piaf.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Incroyable Marcel Amont, le retour d'une véritable légende du music-hall que je suis tellement content d'accueillir. Bonjour, Marcel Amont.  Bonjour. Vous pouvez le répéter ?  

    Je vais le répéter autant de fois qu'il le faut. Vous êtes une légende du music-hall. 

    Quelle chance ! Ça se confirme. Vous le maintiendrez… Attendez, j'arrive. Vous le maintiendriez. "Maintiendriez". 

    Je le maintiendrais…tout le temps. Mais c'est vrai, le music-hall… Vous avez di (...)

    Incroyable Marcel Amont, le retour d'une véritable légende du music-hall que je suis tellement content d'accueillir. Bonjour, Marcel Amont.  Bonjour. Vous pouvez le répéter ?  

    Je vais le répéter autant de fois qu'il le faut. Vous êtes une légende du music-hall. 

    Quelle chance ! Ça se confirme. Vous le maintiendrez… Attendez, j'arrive. Vous le maintiendriez. "Maintiendriez". 

    Je le maintiendrais…tout le temps. Mais c'est vrai, le music-hall… Vous avez dit un jour à Georges Brassens : on ne fait pas le même métier : moi, je suis un chanteur sur fil, un funambule. 

    Voilà voilà. Ce n’est pas parce qu'on chante qu'on fait tous le même métier. Brassens était un poète. Attention, il avait un jeu scénique et il m'avait dit un jour où il mettait son pied sur le tabouret. Il m'avait dit : "J’ai mal au rein". Donc je lui dis : "Pourquoi tu ne changes pas de pied ?" Il me dit : "Ce n’est pas joli, regarde". Et il m'avait démontré que ce n'était pas pareil.    

    Un sacré jeu scénique ! En matière de jeu scénique, vous êtes quand même incroyable. On se souvient de vos chorégraphies. 

    C'est mon métier, c'est mon fonds de commerce.  

    Je vous propose de vous voir avec Charles Aznavour. Ce sont des images émouvantes parce que c'est le dernier enregistrement de Charles Aznavour avec vous pour le nouvel album et c'est très émouvant, bien sûr, Marcel Amont. Il vous a réservé ses derniers mots de chanteur.  

    Je ne sais pas. Mais enfin bon, je suis ému, on le serait à moins. 

    Regardez.   

    Trois coups de dés / Je ne vois que des fauchés tout autour de moi / Et d'ailleurs ils ont l'air de tricher aussi bien que moi /Et pourtant j'ai le gosier comme du buvard, du buvard / Ça m'arrangerait bougrement…  

    Tu vas probablement mettre un grain de sel utile.   

    Je crois qu'il faut (inaudible), il faut qu'il y en ait deux pour moi et le reste pour toi. Ou alors, on fait une double voix.  

    C'est émouvant, Marcel ?   

    C'est très émouvant. Je ne vais pas vous faire un numéro de mec ému, mais c'est très émouvant. Et attendez, moi qui connais Charles depuis, personnellement… Une partie des gens n'en voulaient pas. Il est devenu numéro un à travers le monde. C'est formidable.   

    C'était cette chanson Un Mexicain, qui est le plus grand succès de votre carrière, Marcel Amont. Avec Bleu Blanc Blond et L’amour ça fait passer le temps, mais enfin bon. 

    C'est les souvenirs de votre montée à Paris, 1950. 

    Je suis monté, parce que les Méridionaux, nous montons. "Les Ch'tis", je suppose, descendent.   

    Vous étiez de Bordeaux. Maman, infirmière, je crois. Papa, dans les chemins de fer. 

    Oui.   

    Vous montez à Paris. 

    Ben oui parce que je m'étais rendu compte, quand même j'étais lucide, je m'étais rendu compte que j'allais… je voyais des vieux artistes dont certains n'étaient pas dépourvus de talent. Mais ils étaient là depuis trente ans et ils tournaient en rond. Les départements voisins de Bordeaux, de la Gironde… Bon, je me disais : "je vais faire ça jusqu'à la fin de mes jours ? Non, je vais tenter la grande aventure." C'était le grand saut quand même dans la capitale et je suis monté. 

    Vous êtes monté dans les années 50 à Paris et il va y avoir un premier succès, c'est Escamillo qui va démarrer la carrière.  Oui, Escamillo, c'était une pantalonnade dans le goût de l'époque, ça n'allait pas chercher bien loin. 

    Ce n'était pas Rimbaud, ce n’était pas… Mais enfin bon, c'était plaisant. C'était la mode des fantaisistes à l'époque. On pouvait chanter des choses divertissantes qui ne prétendaient pas éduquer le monde, mais qui prétendaient, et c'est toujours valable, le distraire. Alors ce taureau et ce torero étaient devenus copains et bon c'était… Je l'ai gardée longtemps cette chanson, puis après, la mode… Ça a pris un coup de vieux quand même à un moment donné. 

    C'était en 1956. Mais tout de suite après, il y a un évènement incroyable : vous faites la première partie d'Édith Piaf.   

    Et oui… Alors pour parodier un homme politique célèbre, je dirais que dans le sillage d'Édith Piaf, je suis passée de l'ombre à la lumière. Tout d'un coup, le grand public m'a découvert. Piaf, à l'époque, elle amenait à elle dans ces salles de spectacle, le gratin, l'élite, le soir de la Première. Il y avait Charlie Chaplin Marlène Dietrich, Yves Montand il y avait tout et le populo en même temps, ce qui ne va pas toujours de pair. Et je me suis retrouvé inconnu pour la plupart des gens qui étaient dans la salle : " Mais d'où il sort celui-là qui saute par dessus les chaises et qui fait le zigoto." Et c'est bien simple, je vais résumer la situation : au mois de mai et au mois de septembre, mes cachets ont été multipliés par douze, dans l'intervalle.  

    Il y a un avant et un après vous dites.   

    Il y a un avant et un après. Le film avec Bardot…  

    Alors il faut quand même en parler. Vous jouez donc La mariée est trop belle, avec Brigitte Bardot.  

    Oui, Monsieur. Et qu'est ce que vous dites de ça ? 

    On vous voit d'ailleurs en photo là.  

    Je vois que vous avez l'oeil triste tout d'un coup.  

    Oui, mais ça vous a fait quelque chose même.  

    Ça m'a fait quelque chose, évidemment. Tous les gars…Elle était magnifique. Je le dis dans mon spectacle. On en parlera probablement dans un moment. La Vénus de Botticelli, à côté, une poufiasse. Elle était belle ! 

    Vous exagérez Marcel. En 1967, vous animez la première émission en couleur à la télévision française.   

    Exact, mon cher. Et cette télévision, avec Jean-Christophe (inaudible), avait représenté la France lors de l'avènement de la couleur. Parce qu'avant, vous ne le savez pas, vous êtes trop jeune, c'était en noir et blanc, Monsieur ! Et tout d'un coup, ça devient en couleur. Quel honneur ! C'est moi qui représente la France ! Cocorico. 

    Vous êtes le premier visage en couleur de la télévision française. Alain Souchon vous salue bien bas. Il est un des artistes qui vous admire beaucoup Marcel Amont.  

    C'est réciproque.  

    Et il chante avec vous. Écoutez.  

    Pour que tu t'en ailles pas / Dans le disco d'en bas / Je vais te faire valser chez moi / Viennois 

    On s'est rencontrés parce qu'on a fait des émissions avec Georges Brassens. C'est une grosse vedette Marcel. Un jour, il m'a demandé : "Tu ne me ferais pas une chanson ?" Donc je lui ai fait Viennois. 

    Dans leur tête ça va pas bien. Ce sera bien.  

    La période où j'ai fait ça, j'étais obnubilé par les valses. Le monde entier a adoré la valse, le rythme à trois temps. 

    Moi ça m'a plu parce que c'est une voix. Vous savez, ce sont des voix qu'on entend toute sa jeunesse, dans la radio, alors moi j'étais content.  

    Je vais mettre le truc à queue de pie / Comme dans la guimauve Sissi  

    Voilà une des chansons qu'on peut entendre sur Par-dessus l'épaule, le nouvel album-événement de Marcel Amont.  

    Souchon, j'ai une admiration particulière pour lui. D'abord, c'est un garçon charmant. Mais il y a une dizaine d'auteurs qui sont excellents, mais lui il a créé un style particulier. Il a ses petites phrases hachées ses petits bouts de phrases qu'il enfile comme des colliers, comme des perles pour en faire un collier. C'est très particulier. 

    Merci beaucoup Marcel Amont. Et puis La Galère, Le Mexicain… Tant de chansons, tant de moments de music-hall. On était vraiment ravi de saluer ce formidable retour. On ne dira pas votre âge, hein ?  

    Oh, ce n’est pas interdit. Je commence à en faire une coquetterie à rebours, maintenant. 

    C'est vrai ? 

    Je crois que les Américains les appellent "compliments fishing", celui qui va à la pêche des compliments. Alors il en rajoute dans l'autre sens, pour qu'on le démente.  

    Ça maintient jeune. Merci Marcel Amont. L'album s'appelle "Par-dessus l'épaule". On était ravi de vous avoir aujourd'hui. Merci beaucoup.   

    Voir plusmoins
    00:08:02
    Tous publics
    Tous publics