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  • L'invité

    Alan Stivell

    Invité : Alan Stivell, auteur-compositeur-interprète français.

    Un peu de sérénité pour commencer 2019 avec la figure emblématique de la musique celte. Alan Stivell fait son grand retour avec un nouvel album « Human-Kelt » où il fait tomber les barrières entre tradition et modernité. Une musique qui revient à la terre et inspire une profonde réflexion sur l'humanité.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Une véritable légende de la musique celtique. Bonjour, Alan Stivell.

    Bonjour.

    On est ravi de vous recevoir. Un disque pour dire : "Voilà ce que je suis", avec des invités prestigieux, on va en parler. Un disque qui parle d'humanité et de cette âme celte qui est la vôtre.

    Oui, j'ai voulu faire un tour de la maison d'une certaine manière dans un de mes derniers albums très probable et comment résumer en fin de compte ma vie par l'idée de deux identités. Po (...)

    Une véritable légende de la musique celtique. Bonjour, Alan Stivell.

    Bonjour.

    On est ravi de vous recevoir. Un disque pour dire : "Voilà ce que je suis", avec des invités prestigieux, on va en parler. Un disque qui parle d'humanité et de cette âme celte qui est la vôtre.

    Oui, j'ai voulu faire un tour de la maison d'une certaine manière dans un de mes derniers albums très probable et comment résumer en fin de compte ma vie par l'idée de deux identités. Pour moi, c'est ma passion celtique, ma passion pour la Bretagne bien sûr, mais qui passe après la première des identités : l'identité humaine.

    Oui, ça s'appelle Human-kelt. Alan Stivell est de retour.

    Il y a Dan Ar Braz, il y a des invités incroyables : Murray Head, Bob Geldof, il y a Francis Cabrel. Ils sont tous venus, ils sont tous là pour vous, Alan Stivell.

    Oui, pour moi, c'est un cadeau incroyable qu'ils m'ont fait parce que je ne le crois toujours pas parce que je me rends compte à quel point chacun est pris et pour arriver à trouver, comme Fatoumata Diawara en pleine tournée, un jour de relâche pour aller le prendre pour enregistrer pour moi. Tous ces gens m'ont fait des cadeaux, je m'en souviendrai toujours de ça.

    Oui, il y a la Malienne, il y a des Corses.

    Ouais.

    Il y a de tout, toute l'humanité dans votre disque.

    C'est-à-dire que bien sûr l'humanité vient d'Afrique donc c'était tout à fait normal que je démarre par l'Afrique et il y a cette passerelle entre l'Europe et l'Afrique, la Bretagne et l'Afrique, entre générations puisque là, une très jeune chanteuse malienne, entre évidemment les sexes et tout ça. Il y a beaucoup de passerelles dans cet album.

    Ce qui est magnifique, c'est qu'au fond, vous aimez réinventer comme ça votre musique. On se souvient évidemment de cet album mythique, Renaissance de l'art celtique, qui a influencé toute une génération, et depuis, vous réinventez sans arrêt, vous mêlez les musiques, Alan Stivell.

    De toute façon, c'est infinie la musique. D'ailleurs, je fais dire à Francis Cabrel : "Votre fenêtre est l'infini", parce que de toute façon, dans la création, rien ne s'arrête et donc d'une façon, on vivrait trois vies sur terre, on en aurait encore à trouver.

    Et pourtant un jour, vous vous êtes présenté justement avec votre harpe celtique et c'était le triomphe sur la scène, notamment de l'Olympia. Vous vous souvenez de ce moment-là où vous êtes devenu j'allais presque dire une star de variétés en France ?

    C'était improbable et c'était même une utopie. Cette utopie-là, c'est-à-dire d'aller chanter devant des milliers de gens principalement dans une langue connue par par peu de monde, c'était quelque chose d'hyper utopique et ça prouve aussi que les utopies peuvent se réaliser.

    Ouais. Il y a une chanson mythique, vous allez l'entendre, et là vous la reprenez. C'est devenu un véritable hymne pour la Bretagne et bien au-delà : Tri martolod.

    Là, on s'imagine, on était dans les années 70, un album mythique à l'Olympia et au fond se dire : "Cette musique touche tout le monde". Vous aviez touché à l'universel avec cette musique bretonne.

    Alors moi, j'ai cette espèce d'appétence pour tout, la curiosité du monde entier, de toutes les époques, de tous les continents, et ce qui n'empêche pas cette passion celtique qui reste au centre, la Bretagne au centre, le monde autour. Ce qui fait qu'en fait, tout le monde peut se retrouver.

    Oui, on disait que vous étiez un barde. On voit une photo là, on vous voit dans le style de l'époque, un peu Jésus-Christ sur Terre, Alan Stivell.

    Oui, le côté barde ne me déplaisait pas trop, même si barde, ça avait un côté peut-être passéiste dans l'esprit de certains. Ce n'était pas forcément le mot exact. Parce que ce n'est pas facile, je me relis évidemment quand même à un très lointain passé et je suis même attiré peut-être plus par le plus lointain passé de l'Antiquité et par contre, me projeter vers le futur puisque finalement, avant toute chose dans ma vie, c'était d'abord l'anticipation, la science fiction, tout ça.

    Ce qui est quand même incroyable ! C'est qu'au fond, les deux, vous reliez comme ça.

    C'est relier deux fantastiques qui sont des fantastiques d'un futur en y voyant un côté positif puisqu'évidemment, le positif est toujours possible et un très lointain passé qui me faisait rêver tout autant.

    Ouais, qui rêve. On va réentendre encore Tri martolod ; ça a été repris depuis par Nolwenn Leroy, par tant d'artistes qui vous admirent. Au fond, vous êtes un peu le père de beaucoup d'artistes comme ça aujourd'hui qui ont pris la suite.

    Moi, j'ai tellement voulu de toute façon essayer de partager ma passion. Quand même, mon plus grand plaisir, c'est d'avoir pu le partager. Évidemment, c'est une joie formidable.

    Ouais, écoutez encore quelques instants ça.

    Il y a la guitare électrique qui vient. Ça, c'est une réinvention encore sur cet album-là. Et se dire : "Tous les instruments peuvent faire vivre au fond cette identité forte qui vient des racines humaines, de ce coin de France".

    Oui parce qu'en fait, tous les sons m'intéressent, d'ailleurs tous les sons si possible de l'univers, tous les bruits de l'univers. Tout est à notre service à nous musiciens, à nous créateurs, à nous compositeurs.

    Et ce souvenir qui a commencé tout, c'était Glenmor. C'est un peu lui finalement qui vous a donné tous envie ?

    Alors là, ça serait quand même pas exactement. J'ai une énorme admiration pour Glenmor. Glenmor, à l'époque, fin des années 50, il y avait plusieurs orientations. Il y avait par exemple mon père qui m'a permis d'installer la harpe celtique. Il y avait les fest-noz qu'il reprenait, etc., et Glenmor, le premier chanteur, qui lui, la référence était plus proche d'un Léo Ferré, par exemple. Et moi, la musique, c'était d'abord la musique avant le texte et le rock and roll qui est arrivé donc tout à fait une autre orientation encore.

    Votre disque s'appelle Human-kelt. Vous m'avez dit kelt, c'est évidemment celte mais human d'abord, avant tout : l'humain d'abord.

    Oui, c'est-à-dire que quand on parle d'identité, je pense que ce que j'ai fait musicalement est une sorte de preuve qu'il est possible d'avoir une passion extrême presque, pour son identité, sa culture, tout ça, et bien montrer qu'elle va avec une curiosité et le non-rejet des autres et des autres cultures, que c'est de toute façon suicidaire de ne pas opter pour cette option-là, ouverte.

    Merci, Alan Stivell, aventurier du son et de la musique, aventurier du monde. Alan Stivell, Human-kelt, le nouvel album. Merci beaucoup, Alan Stivell, d'avoir été là.

    Merci.

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    00:08:16
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