Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Chargement du lecteur...
  • Merci professeur !

    Surbooké

    Partez à la découverte de la langue française : ses curiosités, son actualité et ses accents grâce à Merci Professeur !. Dans cette chronique, le professeur Bernard Cerquiglini va parler de surbooking.

    Transcription

    Bonjour, c'est Christelle, parisienne. J'aurais aimé savoir d’où vient le terme surbooker. Merci Professeur.

    Surbooker, chère Christelle est un demi-péché, mais c’est un péché lexical tout de même. Les compagnies aériennes ont coutume d’accepter des réservations au-delà du nombre de places réelles. Elle joue sur de possibles ou probables défections. C’est un jeu dangereux, conduit à nos dépens. Inventer aux États-Unis, cette pratique coupable s'est appelée, là-bas, overbooking, de (...)

    Bonjour, c'est Christelle, parisienne. J'aurais aimé savoir d’où vient le terme surbooker. Merci Professeur.

    Surbooker, chère Christelle est un demi-péché, mais c’est un péché lexical tout de même. Les compagnies aériennes ont coutume d’accepter des réservations au-delà du nombre de places réelles. Elle joue sur de possibles ou probables défections. C’est un jeu dangereux, conduit à nos dépens. Inventer aux États-Unis, cette pratique coupable s'est appelée, là-bas, overbooking, de over, sur, et to book, réserver. Curieusement, le mot n’est pas passé tel quel en français, comme tant d'autres anglicismes. On relève en effet, dans les années 60, surbooking, et vingt ans plus tard, le verbe surbooker. On peut y voir une heureuse acculturation française puisque le préfixe anglais over a cédé la place au français sur. On sait combien ce préfixe est productif, surbaisser, surhausser, surcharger, surclasser, etc. Mais c'est un mot hybride, pour ne pas dire bâtard, un demi-anglicisme. Il convient de lui préférer une formation totalement française, régulière et simple, surréserver et surréservation. D'ailleurs, ces deux termes sont officiels en France depuis 1973, et l'usage s’en est répandu largement. Surbooker, toutefois, me paraît encore bien vivant dans la langue familière. Il traduit un excès d'occupation. Coco, ça ne va pas être possible, je suis surbooké. Phénomène de mode, à l’évidence, qui ne nous empêchera pas d’être très pris, débordés, suroccupés, surchargés, enfin, surmenés.

    Voir plusmoins
    Publié le 31 juil. 2014
    00:02:02
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
    Tous publics