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  • Merci professeur !

    Pour

    Enrichissez vos connaissances sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents avec la chronique du professeur Bernard Cerquiglini. Au programme : le mot pour. Merci professeur !

    Transcription

    La préposition "pour" est vénérable. Elle est le premier mot écrit en français. Elle commence, en effet, les fameux Serments de Strasbourg rédigés en 842, "prodeo amour". Ce n'est pas encore vraiment du français, c'en sera bientôt.

    L'antiquité de la préposition pour en expliquer la polyvalence. Au cours des siècles, en effet, elle a acquis de nombreux sens. En ancien français, elle signifiait, principalement la cause. On lit dans la Chanson de Roland : "Pour bien fait rire, l'emper (...)

    La préposition "pour" est vénérable. Elle est le premier mot écrit en français. Elle commence, en effet, les fameux Serments de Strasbourg rédigés en 842, "prodeo amour". Ce n'est pas encore vraiment du français, c'en sera bientôt.

    L'antiquité de la préposition pour en expliquer la polyvalence. Au cours des siècles, en effet, elle a acquis de nombreux sens. En ancien français, elle signifiait, principalement la cause. On lit dans la Chanson de Roland : "Pour bien fait rire, l'empereur nous aime, parce que nous frappons". En français moderne, elle traduit généralement le but, tailleur pour dames, partir pour Paris, chacun pour soi, mais pas uniquement. Elle peut exprimer, par exemple : le résultat, elle a fait ça pour son malheur, et d'une façon générale, la conséquence : il est trop jeune pour comprendre, de sorte qu'il ne comprend pas. Egalement la concession : il a été critiqué pour si peu, bien qu'il ait fait si peu. Enfin la cause, ce qui est un reste de l'ancienne langue : merci pour votre cadeau. Il a été condamné pour fraude, ceci est particulièrement net avec les infinitifs et la distinction est curieuse.

    Pour + infinitif présent traduit le but : pour manger. Avec infinitif passé, c'est la cause : pour avoir mangé. Ce qui explique enfin que l'on interroge à l'aide de pourquoi.

    Voilà une singularité de la langue française. On demande la cause d'un fait en utilisant une proposition qui, généralement, exprime le but. Et bien, c'est comme ça.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:51
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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