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  • Merci professeur !

    On et l'on

    Vous vous interrogez sur les usages et on l'on ? Le professeur Bernard Cerquiglini vous éclaire sur les méandres de la langue française... Merci professeur !

    Transcription

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Asma, du Maroc, nous demande, par courriel, laquelle de ces deux phrases est correcte : c'est en automne qu'on plante les tulipes, ou c'est en automne que l'on plante les tulipes. Alors, dites-nous Professeur.

    Marie, les 2 sont corrects. On va voir ce qui les distingue. Le pronom indéfini, on, présente plusieurs particularités, tout d'abord sémantique, il peut ne pas être indéfini, mais seulement indéterminé. Si on me c (...)

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Asma, du Maroc, nous demande, par courriel, laquelle de ces deux phrases est correcte : c'est en automne qu'on plante les tulipes, ou c'est en automne que l'on plante les tulipes. Alors, dites-nous Professeur.

    Marie, les 2 sont corrects. On va voir ce qui les distingue. Le pronom indéfini, on, présente plusieurs particularités, tout d'abord sémantique, il peut ne pas être indéfini, mais seulement indéterminé. Si on me cherche, je suis dans mon bureau. Il peut également être parfaitement défini. Depuis plus d'un siècle et au grand dam des puristes, il remplace le pronom nous. Hier, on est allés au cinéma. Particularité morphologique ensuite, c'est le seul pronom à pouvoir être précédé d'un article, l'on, car c'est bien un article. Au 17e siècle, les grammairiens y ont vu un usage euphonique destiné à éviter un hiatus. Ils l'ont, par suite, recommandé après et, ou, qui, que, quoi, si. Ces recommandations ont été peu suivies d'effet, on entend aujourd'hui aussi bien, si on veut que si l'on veut, c'est en automne qu'on plante les tulipes, que c'est en automne que l'on plante les tulipes. L'explication en est simple, l'usage de ce pronom l'on n'a rien à voir avec l'euphonie, c'est un reste de l'ancienne langue. En effet, "on" est l'affaiblissement phonétique du mot latin homo, l'homme. Ce pronom est en fait un nom, comme tel, il peut prendre l'article. Il le faisait, normalement, dans l'ancienne langue. L'on est donc un archaïsme employé et apprécié comme tel. Il est la marque d'une langue soutenue, littéraire, presque solennelle. L'on est un on en habit du dimanche, si j'ose dire.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:02:11
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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