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  • Merci professeur !

    Noël

    Partez à la découverte de la langue française : ses curiosités, son actualité et ses accents grâce à Merci Professeur !. Dans cette chronique, le professeur Bernard Cerquiglini va parler de Noël

    Transcription

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Un courriel du Pérou.

    C'est Abner qui nous demande d'expliquer l'origine du mot français, noël.

    Dites-nous Professeur.

    Chère Marie, je remercie Abner pour sa question

    qui me permet d'évoquer une de mes marottes.

    Rappeler, en effet, que de toutes les langues romanes,

    la française possède la phonétique la plus particulière. Pourquoi ?

    Parc (...)

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Un courriel du Pérou.

    C'est Abner qui nous demande d'expliquer l'origine du mot français, noël.

    Dites-nous Professeur.

    Chère Marie, je remercie Abner pour sa question

    qui me permet d'évoquer une de mes marottes.

    Rappeler, en effet, que de toutes les langues romanes,

    la française possède la phonétique la plus particulière. Pourquoi ?

    Parce que le latin introduit en Gaule et mêlé d'un peu de Gaulois,

    a subi durant l'occupation des Wisigoths, des Burgondes, des Francs,

    c'est-à-dire pendant des siècles, une influence germanique.

    Celle-ci a donné, au gallo-romain, une coloration phonique propre.

    Prenez l'adjectif latin, natalis, natal.

    L'expression natalis dies, le jour natal,

    désignait dans le latin chrétien, la date de naissance de Jésus-Christ.

    L'expression réduite à Natalis a donné l'italien, natale,

    qui n'en est guère distinct.

    L'occitan dit nadal,

    avec simplement sonorisation du T intervocalique et chute de la finale.

    Qu'en est-il du français ?

    Tout d'abord, en Gaule, on a dit notalis, pour bien distinguer les deux voyelles.

    Ensuite, tous les phénomènes phonétiques propres au français se sont appliqués.

    Le T intervocalique a disparu.

    La, très accentué de par l'influence germanique, est passé à.

    La consonne L s'est maintenue.

    Tout de même, la finale est tombée.

    On obtient ainsi Noël, en deux syllabes, d'où le tréma sur le ë.

    Comme vous le voyez, cher Abner, on est bien loin de natalis,

    mais on y a gagné ce mot bref et si beau

    par le contact des deux voyelles, Noël.

    Ce n'est pas un hasard si on l'employait beaucoup au Moyen-âge

    comme exclamation heureuse, comme cri de joie. Noël, noël, noël ! On comprend, par suite, ce beau proverbe médiéval : Tant crie-t-on noël, qu'il vient.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:02:22
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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