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  • Merci professeur !

    Mort subite et mort subie

    Enrichissez vos connaissances sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents avec la chronique du professeur Bernard Cerquiglini. Au programme : la mort subite. Merci professeur !

    Transcription

    Quand je suis à Bruxelles, je ne manque jamais d’aller passer un moment dans ce merveilleux estaminet à l’enseigne de la Mort Subite. On y boit une bière du même nom. On y rêve à cette curieuse expression. Une mort subite est, certes, une mort subie, mais il importe de distinguer les deux. Subi, est le participe passé normal du verbe subir, qui a été emprunté vers le 15e siècle au verbe latin "subire", formé de "sub", dessous, et "ire", aller. Aller dessous, c’est-à-dire, être chargé de supporte (...)

    Quand je suis à Bruxelles, je ne manque jamais d’aller passer un moment dans ce merveilleux estaminet à l’enseigne de la Mort Subite. On y boit une bière du même nom. On y rêve à cette curieuse expression. Une mort subite est, certes, une mort subie, mais il importe de distinguer les deux. Subi, est le participe passé normal du verbe subir, qui a été emprunté vers le 15e siècle au verbe latin "subire", formé de "sub", dessous, et "ire", aller. Aller dessous, c’est-à-dire, être chargé de supporter. Subir est un synonyme d’endurer. On subit un interrogatoire. C’est une épreuve subie.

    "Subit", avec un "t" final, est un très vieil adjectif emprunté vers 1150, directement à "subitus", participe passé de "subire". Ce verbe, "aller dessous", avait aussi le sens de se présenter, se présenter soudain, d’où le sens de "subitus" conservé dans l’italien "subito", et dans l’ancien français subite, dont on a formé l’adverbe subitement, l’idée d’une rapidité imprévue.

    Au Moyen Âge, l’adjectif subit qualifiait, généralement, la mort. Cette mort subite était la grande angoisse des médiévaux, mourir soudain sans pouvoir se confesser. Pour nous qui craignons la douleur, la mort subite n’a plus ce caractère effrayant. On peut même la désirer. Les Belges, avec une belle ironie et un immense talent, ont su détourner l’angoisse de la mort subite dans la chaleur conviviale de l’estaminet, en une épreuve de dégustation subie avec délice.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:55
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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