Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Chargement du lecteur...
  • Merci professeur !

    La personne que je vous parle

    Enrichissez vos connaissances sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents avec la chronique du professeur Bernard Cerquiglini. Au programme : l'erreur : "la personne que je vous parle". Merci professeur !

    Transcription

    Qui n'a pas frémi en entendant des phrases comme : "C'est la personne que je vous parle". A l'évidence, il s'agit d'une faute, car le verbe parler pronom à complément indirect, on parle de quelqu'un. Il faut, dans ce cas, utiliser le pronom relatif "dont" : c'est la personne dont je vous parle.

    Fort bien. Mais il faut toutefois savoir d'où vient l'erreur. Que relatif et sont tout conjonction de subordination, a tendance à être une sorte de subordonnant universel. C'était le cas, en (...)

    Qui n'a pas frémi en entendant des phrases comme : "C'est la personne que je vous parle". A l'évidence, il s'agit d'une faute, car le verbe parler pronom à complément indirect, on parle de quelqu'un. Il faut, dans ce cas, utiliser le pronom relatif "dont" : c'est la personne dont je vous parle.

    Fort bien. Mais il faut toutefois savoir d'où vient l'erreur. Que relatif et sont tout conjonction de subordination, a tendance à être une sorte de subordonnant universel. C'était le cas, en ancien français où cette conjonction servait à peu près à tout. Ce sont les grammairiens du XVIIème siècle qui dans un souci légitime de clarté, ont réduit le subordonnant "que" à son emploi complétif, "je crois que vous parlez", au relatif complément, "la langue que je parle". Ils ont prescrit des subordonnants plus complexes pour le but, la cause, la conséquence, etc. , Tel est le bon usage.

    Mais comme toujours, il s'agit de l'usage écrit ou oral, soutenu. La langue parlée familière, quant à elle, continue d'employer un "que" universel et les écrivains y ont été sensibles. La cause, Victor Hugo : "Comme elle dort qu'il faut l'appeler si longtemps". Le but, Victor Hugo encore : "Donne-moi main que je la serre". La conséquence, Alphonse Daudet cette fois : "Les commandes pleuvaient à l'abbaye, que c'était une bénédiction". Comme on le voit, le bon usage grammatical, pourvu de subordonnant précis, a tenté de s'imposer à une langue qui, dans sa variante familière parlée, garde une syntaxe très souple. En quelque sorte, la norme grammairienne a dit à la syntaxe familière : "Ôte-toi de là que je m'y mette".

    Voir plusmoins
    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:50
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
    Tous publics