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  • Merci professeur !

    Ire, courroux, colère

    Les mots Ire, courroux et colère vous posent question ? Le professeur Bernard Cerquiglini vous éclaire sur les méandres de la langue française... Merci professeur !

    Transcription

    Tous les cruciverbistes connaissent cette définition,

    colère en trois lettres.

    Il s'agit bien sûr du mot ire, issu du latin ira.

    Trop bref sans doute, il a été remplacé par courroux,

    qui est devenu un terme un peu noble, et par colère.

    Cette famille lexicale présente l'intérêt de nous montrer

    comment notre perception de l'âme et du corps a évolué.

    Ire, en ancien français, ne signifie pas seulement l (...)

    Tous les cruciverbistes connaissent cette définition,

    colère en trois lettres.

    Il s'agit bien sûr du mot ire, issu du latin ira.

    Trop bref sans doute, il a été remplacé par courroux,

    qui est devenu un terme un peu noble, et par colère.

    Cette famille lexicale présente l'intérêt de nous montrer

    comment notre perception de l'âme et du corps a évolué.

    Ire, en ancien français, ne signifie pas seulement la colère,

    mais également la douleur et le chagrin.

    Dans la Chanson de Roland,

    quand Charlemagne découvre le corps de son neveu Roland,

    on dit qu'il en a grande ire, à l'évidence, un immense chagrin.

    Il en est de même du mot courroux issu du coruptum,

    participe passé du corumpere, corrompre, détériorer.

    Il désigne toute altération de l'humeur, tout changement de l'âme,

    et donc la douleur, le chagrin, la colère.

    Mais quelle en était la cause ?

    La réponse nous est fournie par notre troisième larron, le mot colère.

    Il apparaît à la fin du Moyen-Age, emprunté au latin coléra, le choléra.

    Par erreur, les Romains avaient rattaché ce mot au grec coller la bile.

    Ils croyaient donc que le choléra était une maladie de la bile. Ils désignaient, ainsi, toute altération d'humeur. Ayant hérité de cette idée, le Moyen-Age voyait, dans la colère, un échauffement biliaire. Témoin d'autres mentalités, l'ancienne langue ne différenciait pas des sentiments qui nous semblent, aujourd'hui, bien distincts. Ils étaient l'ébranlement de l'âme de celui qui se fait de la bile.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:51
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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